Le secrétaire général du mouvement Echaâb, Zouhair Maghzaoui, a affirmé, dans une déclaration accordée, ce samedi 11 juin 2022, à la Tap, que son parti tient à ce que la Constitution soit claire en ce qui concerne l’identité arabe et musulmane du peuple tunisien.
Zouhair Maghzaoui a affirmé que cette précision doit souligner l’appartenance de la Tunisie à la communauté arabe et musulmane et qu’il n’est pas question de l’ôter de la nouvelle constitution.
Le doyen et coordinateur de la commission consultative pour une nouvelle république, Sadok Belaïd voudrait, quant à lui, supprimer la référence à l’islam dans le projet de la nouvelle constitution.
C’est ce qu’a indiqué le doyen dans un extrait d\’une interview accordée à l\’AFP et publiée par France 24, lundi 6 juin 2022.
Sadok Belaïd devrait proposer au président de la République Kaïs Saïed un amendement de l’article premier de la constitution tunisienne dans lequel l’Etat n’aurait pas de religion. L’article premier de la constitution de 2014 dispose, lui, ce qui suit : « La Tunisie est un État libre, indépendant et souverain, l\’Islam est sa religion, l\’arabe sa langue et la République son régime ». Les représentants du peuple ayant élaboré la constitution de 2014 ont, rappelons-le, spécifié que cet article premier « ne peut faire l\’objet de révision ».
Selon le doyen, ceci permettrait de barrer la route à l’islam politique. Il a appuyé son projet par le fait que 80% des Tunisiens s’opposent à l’extrémisme.
Nous noterons qu’en dépit de l’importance de l’annonce pour le peuple tunisien et les défenseurs d’un État laïc, le doyen a choisi de livrer cette « exclusivité » aux médias étrangers, en primauté. Les propos de Sadok Belaïd ont, d’ailleurs, été repris massivement par plusieurs autres médias étrangers, en plus de France 24 et Brut.
Sadok Belaïd a été chargé par le président de la République de rédiger une nouvelle constitution. Le projet devrait être soumis au référendum prévu le 25 juillet. Le doyen affirme, toutefois, que son rôle n’est que consultatif et que le projet qu’il soumettrait pourrait faire l’objet de modifications.
M.B.Z










