Le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Noureddine Taboubi a affirmé que les convictions syndicales n’étaient pas de simples slogans, mais des pratiques. « Toute personne peut servir les intérêts de l’UGTT de là où elle se trouve », a-t-il dit.
S’exprimant à l’occasion de l’ouverture du congrès de l’union régionale du Kairouan, Noureddine Taboubi a insisté sur l’attachement de l’UGTT à la démocratie au niveau interne, mais aussi par rapport à la situation générale du pays. Noureddine Taboubi a, aussi, évoqué l’histoire du militantisme en Tunisie et le rôle de l’UGTT et celui de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme. L’UGTT lui avait ouvert les portes de l’union régionale du Kairouan afin de permettre à cette organisation de tenir ses réunions.
« A ceux qui veulent défendre l’UGTT, je leur dis que nous tiendrons bon et nous persisterons et continuerons à exister. Quant à ceux soutenant le pouvoir, je leur dis qu’aucun pouvoir ne dure. Seules les positions découlant de principes persisteront… L\’histoire se répète. Rappelez-vous ! A chaque étape historique, la centrale syndicale s’illustre par une position. Avant la révolution, nous avions dit non à la chambre des conseillers et nous avions dit non et nous avions défendu l’indépendance de l’organisation. Personne ne peut tracer la trajectoire de l’UGTT. Lors de la création de la chambre du député, tout le monde avait fui… Nous nous étions opposés à la nomination de nos représentants. Nous ne pouvons pas être affiliés au pouvoir. Nos chaises sont restées vides… Même une minorité, peut, dans le cadre de la préservation des intérêts de l’UGTT, est capable de provoquer un renversement de situation », a-t-il poursuivi.
Noureddine Taboubi a déploré la non-publication du brouillon de la constitution élaborée par la commission nationale consultative pour une nouvelle République et présentée le 20 juin 2022 au président de la République. Il a affirmé que le président allait opérer de grands changements au niveau du texte proposé. Il a, aussi, expliqué que la gouvernance par les bases ne sera pas réglementée par la constitution, mais par la loi électorale. Il a, également, rappelé la déclaration du porte-parole de l’UGTT, Sami Tahri, affirmant le refus de la centrale syndicale de participer à un processus portant atteinte aux partis politiques. Il a réaffirmé la position de l’UGTT quant au refus de participer au dialogue initié par le chef de l\’Etat.
Le secrétaire général de l’UGTT a affirmé que le droit de grève ne pouvait pas être limité par une loi. Il a rappelé que la centrale syndicale avait milité pour la préservation et la constitutionnalisation de ce droit. Il a, également, exprimé le refus de l’UGTT à toute restriction touchant ce droit. Il a considéré que l’opposition à la circulaire n°20 s’inscrivait dans ce cadre-là.
« Le gouvernement est conscient de ce qu’il fait… Il y a un complot visant à porter atteinte à l’Union générale tunisienne du travail. Ces individus ne croient pas en l’ampleur et au poids de l’UGTT… Le secrétaire général de l’un des secteurs m’a contacté dernièrement pour m’informer qu’un ministre avait décidé d’appliquer une partie des revendications sans consulter la fédération, sans entamer de dialogue et sans procès-verbal concrétisant cela… Nous avions appelé au dialogue… L’UGTT n’est l’otage de personne… C’est à ses militants et à ses militantes de décider… Nous militons pour ce pays et pour nos concitoyens », a-t-il dit.
Noureddine Taboubi a considéré que l’amateurisme politique et le manque d’expérience de ceux qui ont gouverné la Tunisie depuis la Révolution de 2011 a provoqué les divisions au sein du peuple tunisien. Il a considéré que les attaques visant l’UGTT étaient, aussi, d’origine extérieure. Il a considéré que le programme de réformes ne comportait que de belles expressions. Il a appelé le gouvernement à communiquer les véritables chiffres relatifs aux prix et aux salaires.
Le responsable syndicale a par ailleurs déploré les mesures visant à suspendre les recrutements et les promotions et à encourager le départ à la retraite, estimant que ces mesures n’avaient aucun impact et n\’allaient rien changer. Il a demandé à consulter le document communiqué au Fonds monétaire international et comportant les réformes envisagées.
S.G










