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Campagne du référendum : les croisades électroniques des pro-Saïed !

 

Depuis la Révolution, les réseaux sociaux se sont transformés en un véritable champ de bataille. Une guerre idéologique et politique s’était imposée au sein de différentes plateformes même celles dédiées à l\’origine à des rencontres entre professionnels ou à de la création de contenu. 

Les Tunisiens ont su, tout au long de cette guerre, s’illustrer et développer les techniques et les moyens utilisés. Les plus impliqués dans cette guerre étaient les nahdhaouis et les islamistes en général. Ils avaient collectionné les pages et les photos montages s’attaquant à leurs opposants et à toute pensée visant à instaurer un Etat civil et à rompre tout lien entre la religion et le pouvoir en place. Il s’agissait pour certains d’une véritable guerre sainte. On avait baptisé ces milices électroniques « les mouches bleues ».

 

En Tunisie, l’usage de cette technique est devenu monnaie courante en politique. Plusieurs partis ou acteurs politiques ont mobilisé des ressources logistiques et humaines pour créer des pages et des profils sur Facebook et Twitter visant à influencer l’opinion publique et à parfois déformer la réalité. D’autres personnes avaient essayé de s’organiser à leur façon et de se rallier à une structure ou à intégrer un parti. Bien évidemment, les pro-Saïed font, également, partie du lot. Ils se sont organisés sur plusieurs formes (coordinations, coalitions, groupes autonomes…).

Nous avons eu, depuis le 25 juillet 2021, l’apparition de plusieurs pages reprenant des slogans inspirés des discours du chef de l’Etat, Kaïs Saïed, tel que « le peuple veut », « la nouvelle République » ou « A bas les nahdhaoui ». Celles-ci se sont données comme mission de dénigrer et d’insulter les opposants politiques de Kaïs Saïed. Ces mêmes pages ont harcelé plusieurs figures de la scène politique. Ils ont, ainsi, bombardé les internautes avec des vidéos et des photos essayant de démontrer à tout prix que le président de la République était le seul à avoir raison et à détenir la vérité. Ces entités agissent avec une coordination et une rapidité sans précédent. Ils sont capables de mener une véritable guerre éclair contre tout individu ou parti pouvant remettre en cause la crédibilité et la légitimité du chef de l’Etat et du processus mené depuis le 25 juillet 2021.

 

Ces machines de guerre se sont, aussi, prises au jeu du référendum. Elles appellent à voter massivement en faveur du projet de la nouvelle constitution tel qu\’élaboré par le président de la République et malgré les nombreuses critiques dont il fait l’objet. Elles n’hésitent pas à mettre de côté le texte du projet en question, à élaborer une pseudo-analyse n’évoquant pas la tenue d’un référendum et à recourir à des arguments n’ayant aucun rapport avec cet événement mettant en péril les fondements de la démocratie et de l’Etat civil.

 

 

Ces pages traitent les médias de vendus et de traîtres, tels que le faisaient les mouches bleues évoquées précédemment. Elles affirment que les critiques émanent de nahdhaouis cherchant à rester au pouvoir. D’autres affirment que cette nouvelle constitution débarrassera la Tunisie pour de bon de l’injustice, de la corruption et des islamistes. Les milices électroniques pro-Saïed avaient même affirmé que la commission consultative chargée de présenter une proposition de nouvelle constitution, dont les membres avaient été choisis par le chef de l’Etat, faisait partie d’un grand complot orchestré par des forces étrangères après avoir qualifié ses membres, il y a de cela quelques semaines, de véritables patriotes. La raison derrière ces accusations : les critiques adressées par des membres de la commission au projet du président de la République.

 

 

Les milices électroniques pro-Saïed rôdent librement dans les réseaux sociaux depuis plusieurs mois et n’hésitent pas à lancer des accusations à tort et à travers, de déformer la réalité ou d’en inventer une toute nouvelle ! Elles camouflent la chose par des supposées bonnes intentions et noblesse de la cause. Un discours à l’image de celui auquel le chef de l’Etat ne cesse de recourir. L’absence de moyens de contrôle des réseaux sociaux et du contenu haineux et incitant souvent à la violence est un véritable fléau guettant une paix sociale et une unité nationale déjà fortement mutilées par la crise économique et politique que traverse le pays depuis plusieurs années.

 

 

 

S.G

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