L’avocate et militante Saïda Garrach a présenté, vendredi 12 août 2022, sa lecture de la nouvelle constitution adoptée par référendum le 25 juillet 2022. Invitée d’Elyes Gharbi dans l’émission Midi Show sur Mosaïque FM, elle l’a qualifiée de rétrograde à l’image du président de la République estimant qu’on ne devrait pas s’attendre à mieux de Kaïs Saïed.
« Il (Kaïs Saïed, ndlr) est en train d’appliquer ce qu’il disait depuis 2011 (…) Il ne croit pas en l’égalité et considère cela discriminatoire envers la femme alors que ce qui l’est réellement est le fait de ne pas prendre en considération sa représentativité dans la société, sa contribution sur le plan économique, social et culturel… », a-t-elle affirmé notant que le chef de l’Etat a dépossédé les femmes tunisiennes de certains des acquis pour lesquels elles se sont battues.
Saïda Garrach a ajouté que la nouvelle constitution excluait les femmes. « Et pour preuve le taux de participation des femmes » au référendum constitutionnel. Elle est revenue, dans ce sens, sur l’article 5 de la constitution de Kaïs Saïed notant que celui-ci ouvrait la porte à la révision de toutes les législations existantes. « C’est l’Etat qui explique les makassed (objectifs, ndlr) de la chariâa, ce qui veut dire que celui qui sera au pouvoir interprètera à sa guise », a-t-elle indiqué rappelant que l’application des objectifs de l’islam implique systématiquement de fermer la porte aux droits des femmes.
L’article 5 de la nouvelle constitution stipule : « La Tunisie fait partie de la nation islamique, et seul l\’État doit œuvrer pour atteindre les objectifs de l’islam pur en préservant la vie, l\’honneur, l\’argent, la religion et la liberté ».
L’avocate a laissé entendre, par ailleurs, que de par la philosophie qu’il prône, Kaïs Saïed ne pourrait faire mieux. « En s’attendant à mieux de Kaïs Saïed, nous portons préjudices à nous-mêmes », a-t-elle signalé. « Il est rétrograde et ce n’est guère une insulte ».
N.J.










