Les États-Unis craignent que la situation dégénère en Tunisie et que les choix politiques du président de la République, Kaïs Saïed, aggravent la crise. C’est ce qui ressort de la dernière visite de la délégation américaine en Tunisie, selon le gendre de Rached Ghannouchi et ancien ministre des Affaires étrangères, Rafik Abdessalem.
Dimanche dernier, Kaïs Saïed a reçu une délégation du Congrès américain ainsi que la chargée d\’affaires à l\’ambassade des États-Unis en Tunisie, Natasha Franceschi. L\’entretien a porté, selon un communiqué de Carthage, sur « des campagnes mensongères menées par certains individus dont l\’appartenance et les orientations sont connues dans le but de dissimuler des pratiques ayant eu lieu durant la dernière décennie et ayant provoqué la dégradation de la situation sociale et économique » et la consolidation des relations bilatérales entre les deux pays.
L’ambassade des États-Unis en Tunisie a, elle, donné une autre version précisant que la discussion a tourné autour des récents développement en Tunisie. Les membres de la délégation du Congrès ont souligné, selon le communiqué de l’ambassade US, leur préoccupation quant à la tournure des évènements dans le pays en particulier sur la scène politique.
S’alignant sur la version américaine, Rafik Abdessalem a noté que cela représentait la toute dernière chance dont pourrait jouir Kaïs Saïed. Selon l’ancien ministre, la délégation américaine était en Tunisie pour, entre autres, rappeler au président de la République ses engagements politiques.
« L’homme (Kaïs Saïed, ndlr) a dépassé la limite minimale de la démocratie. Il a opéré un putsch en se basant sur l’article 80 de la constitution (de 2014) pour ensuite la balayer et rédiger une nouvelle constitution. Celle-ci n’a récolté que le 1/3 des voix et avec ça l’homme continue sur la même voie », a-t-il avancé dans une déclaration accordée à la chaîne Al Jazeera dans la soirée de mardi 23 août 2022.
Il a ajouté, dans ce sens, que la position des États-Unis vis-à-vis de ce qui se passait en Tunisie était étroitement liée aux choix stratégiques du pays qui, selon Rafik Abdessalem, craint pour ses intérêts dans la région de l’Afrique du Nord et de l’Afrique subsaharienne.
Depuis le 25-Juillet, les déclarations des hauts responsables américains ont porté sur un retour à la voie démocratique et le rétablissement des institutions de l’État. Les États-Unis ont réitéré, à plusieurs reprises, leur soutien au peuple tunisien et ses aspirations pour un gouvernement responsable qui puisse sauver le pays d’une crise socio-économique aigüe.
N.J.










