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Situation économique de la Tunisie : où sont les chiffres ?!

 

Octobre 2022 s\’est achevé et une grande partie des instituts et agences responsables de communiquer l’information économique n’ont rien publié ou le font désormais de plus en plus en retard. Les derniers bilans sont ceux des cinq ou six premiers mois de 2022. Entre temps, personne ne sait où en est la situation réelle de l’économie tunisienne, à part éventuellement le gouvernement. Une opacité qui a commencé au niveau politique depuis le coup du 25 juillet 2021 et qui a atteint l’économie et se poursuit.

 

L’explication la plus logique est que puisque les chiffres ne sont pas au niveau que souhaitent les dirigeants, on s\’abstient donc de les publier. Preuve à l’appui, la Tunisian Investment Authority (Tia) n’a pas publié ses chiffres depuis juillet 2022 : elle avait publié son bilan jusqu’à juin 2022. Il faut dire qu’au cours des mois de juillet et août 2022, les investissements déclarés de plus de 15 MD ont été en chute libre, comme le prouve le graphe ci-après. La publication des indicateurs est retardée, semble-t-il, en attendant un bilan positif (des investissements en hausse de +17% pour les neufs premiers mois) et des chiffres édulcorés. Rappelons, dans ce cadre, que l\’organisation communiquait mensuellement ses chiffres.

 

 

 

Idem, rien du côté de l\’Agence de promotion de l\’industrie et de l\’innovation (APII), le dernier bilan étant du premier semestre alors qu’on a entamé le onzième mois de l’année.

Du côté de l\’Agence de Promotion de l\’Investissement Extérieur (Fipa), c’est pire : le dernier bilan publié est celui des cinq premiers mois et depuis rien du tout !

Pour l’Institut national de la statistique (INS), c’est une autre paire de manches. Alors qu’on était habitué à des bilans exhaustifs sur la situation économique, avec plein de tableaux et de chiffres, l’institut est devenu avare en informations. Ainsi, depuis plusieurs mois, il n’a pas publié son bilan sur le commerce extérieur à prix constant. Donc, nous n’avons aucune idée sur l’impact de la hausse des prix et de la guerre en Ukraine, sur nos imports et exports en termes de quantités. Pire, les chiffres fournis manquent des précisions habituelles.

 

Aujourd’hui, la situation du pays est grave. Une grande majorité du peuple en est consciente, notamment avec les pénuries à répétition, les lockouts des professionnels à qui on n’a pas versé les compensations ou à travers les grèves des fonctionnaires dont on n’a pas versé les salaires.

Jusqu’à quand le gouvernement va continuer ses omissions, contrevérités et son silence, sachant qu’aujourd’hui il est dos au mur et qu’il a pris des engagements avec le Fonds monétaire international (FMI)? Car, rappelons-le, ce dernier va débloquer les fonds sur tranche selon l’avancement du programme de réformes, un programme qui ne pourra se faire sans l’appui du peuple, qui devra connaître la vérité sur les finances publiques et sur l’économie en général, car c’est lui qui devra faire des sacrifices.

Affaire à suivre.

 

Imen Nouira

 

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