Un membre de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme a pris position en faveur de la polygamie, pourtant interdite en Tunisie, et ce en guise de solution contre un problème familial.
Intervenant sur Mosaïque FM jeudi 3 novembre 2022 pour parler de la situation d’une fillette agressée physiquement par son père pour avoir refusé de quitter l’école pour s’occuper de la famille en l’absence de la maman hospitalisée, le membre de la LTDH a explicitement indiqué que le père de famille aurait dû convoler en secondes noces !
Il a avancé que « légalement et conformément à la chariaa islamique », le père de famille aurait pu prendre une deuxième épouse en remplacement de la première souffrant d’un cancer au lieu de pousser son enfant à abandonner l’école.
Qu’un membre de la LTDH, historiquement connue pour sa défense des causes progressistes, profère de tels propos, en a indigné plus d’un. Bassem Trifi, vice-président de la ligue a ainsi affirmé que cette position n’est en aucun cas celle de la LTDH et que des mesures seront prises.
Le législateur tunisien a, rappelons-le, tranché sur la question depuis des lustres en interdisant la polygamie. Le Code du statut personnel stipule, dans son article 18 : « La polygamie est interdite. Quiconque, étant engagé dans les liens du mariage, en aura contracté un autre avant la dissolution du précédent, sera passible d\’un emprisonnement d\’un an et d\’une amende de 240000 francs ou de l\’une de ces deux peines seulement, même si le nouveau mariage n\’a pas été contracté conformément à la loi. Encourt les mêmes peines, quiconque, ayant contracté mariage hors des formes prévues par la loi n° 57-3 du 1er août 1957 réglementant l\’État Civil, conclut une nouvelle union et continue la vie commune avec son premier conjoint. Encourt les mêmes peines, le conjoint qui, sciemment, contracte mariage avec une personne tombant sous le coup des dispositions des deux alinéas précédents ».
N.J.










