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Les sommets stratosphériques de l’absurde

 

Nous avons atteint les sommets stratosphériques de l’absurde et il semble qu’il nous reste encore de la marge pour grimper, enjamber ces sommets et filer vers l’espace interstellaire, voire intergalactique. Cet élément de langage du pouvoir en place qu’est « العلو الشاهق », voulu tournure philosophique et quintessence de la mission présidentielle, est devenu l’expression d’une arnaque manifeste.

 

On nous promet depuis plus d’un an et demi de parvenir à cet idéal, que le pays sera assaini, que corrompu et autres malandrins seront éradiqués, que les nouvelles approches nous sortiront de la mouise, que la poigne présidentielle nous arrachera des méandres d’une décrépitude certaine. On nous assure depuis plus d’un an et demi que nous sommes sur la voie de la rédemption, que des cornes d’abondance nous attendent aux sommets, que la nouvelle constitution, la nouvelle loi électorale, la nouvelle façon de faire la politique sont le point de départ d’une nouvelle ère qui révolutionnera même le cours de l’Histoire humaine.

Sans prétention, aucune, le régime nous promet monts et merveilles. Sauf qu’à chaque étape du processus saiedien, on se retrouve confortés dans une profonde conviction qu’on atteint, à l’inverse de ce qu’on nous vend, des abîmes chtoniens.

 

Trêve de radotage. On se fatigue à répéter les mêmes problématiques, les mêmes absurdités, à en perdre les nerfs, à en frôler le tragicomique. On n’évoquera donc pas les pénuries alimentaires, énergétiques, pharmaceutiques et j’en passe, qui se multiplient et s’installent dans le quotidien. On ne répétera donc pas que des milliers d’élèves n’ont toujours pas eu cours ou que des centaines d’enseignants n’ont toujours pas perçu de salaire. On ne rabâchera pas l’histoire du désagrégement à vue d’œil des institutions d’un Etat en perdition. On ne parlera pas du spleen, (rien de romantique ici) qui s’est emparé des Tunisiens. Un mal de vivre qui prend aux tripes face à un quotidien pénible et un avenir incertain.

Trêve de radotage. Il se pourrait que nous n’ayons pas la même définition des sommets stratosphériques que celle des lumières au pouvoir et ceux qui lui orbitent autour. Il s’agit probablement d’un malencontreux glissement sémantique du fait d’une insensibilité à la mystique en politique.

 

Mais laissons de côté les basses préoccupations et intéressons-nous au fait politique des dernières 24 heures. L’Instance supérieure pour les élections a organisé une conférence pour nous révéler le résultat du dépôt de candidatures au prochain scrutin législatif. Les chiffres présentés sont édifiants. Ils démontrent à eux seuls que le projet qu’on nous vendait n’est que pure arnaque. Démocratie participative, gouvernance par les bases, le peuple veut et sera au rendez-vous, qu’on nous disait.

Voilà le résultat du système imposé par notre régime éclairé : Zéro candidatures dans sept circonscriptions. Une candidature unique dans dix circonscriptions. Deux candidatures dans huit circonscriptions… Caricatural, mais pas étonnant quand on rédige dans un coin, tout seul sans consulter personne, un code électoral aboutissant à une mascarade.

 

Faudrait-il le rappeler, le régime en place n’a que faire d’une assemblée forte et structurée. Le pouvoir absolu sera ainsi préservé entre les mains d’un président qui, de par la constitution rédigée de sa propre plume, est atteignable. Il faut dire aussi que le chef de l’Etat n’avait pas caché, quand il était candidat, son intention de supprimer l’assemblée législative et la remplacer par un conseil régional. Après vive dissidence et pour arrondir les angles, il a gardé pour la forme un parlement tronqué.

Mais tels de pâles réminiscences d’un Pangloss, les sympathisants et autres fanatiques de la démarche présidentielle pensent que tout est au mieux dans le meilleur des mondes.

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