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On ne parlera pas de politique aujourd’hui… Mais de femmes

 

A l\’occasion du 8 mars, journée mondiale des droits des femmes, passée presque inaperçue dans la Tunisie du 25-Juillet, on se doit d\’ajouter quelque chose au débat, ne serait-ce qu\’en guise de résistance, en attendant des jours meilleurs.

Dans les discours, la question de la présence de la femme dans l\’espace public et du renforcement du leadership féminin, relève de l\’évidence et semble même accuser un consensus. Par contre, il n\’en est pas de même de la pratique et des mécanismes mis en place pour assoir réellement cette présence durablement.

 

Dans le domaine politique, la discrimination positive en faveur des femmes a été un outil important d\’intégration et de développement de leur leadership, leur permettant une meilleure participation à la prise de décision. Une pratique totalement délaissée dans le cadre du régime du 25-Juillet. La femme est devenue accessoire dans le processus, confrontée à la difficulté de s\’imposer dans un environnement conservateur, qui lui reconnait très peu de place. D\’ailleurs les résultats des dernières élections législatives en témoignent, nous sommes passés de 31% de femmes au parlement de 2014, à 14% en 2023.

D\’un autre côté, dans la sphère économique, la femme semble également avoir du mal à s\’imposer. Bien qu\’elle soit la ressource humaine de prédilection pour tout employeur soucieux de productivité et de sérieux, quand on pense aux figures leaders du paysage économique, peu de femmes se démarquent. Celles qui ont réussit l\’exploit d\’assoir leur leadership, ont dû faire des concessions immenses, au détriment de leur vie personnelle et de leur féminin.

 

J\’ouvre une parenthèse sur le mot féminin, parce que finalement la réelle bataille des femmes de nos jours, surtout politiques, est d\’imposer leur présence à tous les niveaux de pouvoir sans avoir à le négliger. Car c\’est au nom de ce féminin que toutes les discriminations à leur encontre sont justifiées.

Simone de Beauvoir a dit : « On ne nait pas femme, on le devient« … Et quand on est une femme, on met du temps à saisir le vrai sens de cette phrase, qui résume en elle le féminin et son impératif. On passe sa vie à le chasser pour essayer de se trouver une place dans le système, pour un jour se rendre compte que tout ce que nous voulons toutes, c\’est de l\’incarner totalement sans concession aucune, tout en bénéficiant de la reconnaissance qui nous est due.

Fermons la parenthèse et revenons à la bataille pour l\’égalité, qui semble légèrement en régression. Ce serait donc l\’occasion de réfléchir à la démarche et de voir comment nous pouvons pallier les manques des années précédentes, et d\’éviter à l\’avenir de perdre du terrain au lieu de pérenniser les acquis.

Il serait intéressant de revoir le plaidoyer. Car jusqu\’ici, la démarche entreprise par les progressistes s\’est basée principalement et exclusivement sur des arguments liés aux principes droits-de-l\’hommistes, plus proches des esprits sensibles à la question. Or face à la pensée conservatrice qui domine, dans les différentes sphères sociales, on sait très bien que ce genre de raisonnement n\’a pas l\’écho nécessaire permettant d\’insuffler un changement significatif. C\’est probablement pour cette raison d\’ailleurs qu\’a chaque nouvel épisode sur la question : nouvelle loi, nouvelles élections, nouvelle négociation, nous sentons la difficulté d\’imposer une certaine rationalité au débat, pour tomber rapidement dans les guerres idéologiques qui font perdre aux initiatives entreprises leur consistance et par conséquent leur impact. Ce qui les rend fragiles et éphémères.

Peut-être qu\’il faudrait adapter les arguments au contexte. Peut-être qu\’il serait opportun de se concentrer sur ce qui pourrait faire sens pour le citoyen, à savoir le développement économique et social. Il serait intéressant de mettre en évidence l\’impact du conservatisme et de l\’exclusion des femmes ou de n\’importe quelle catégorie sociale en général sur le développement d\’un pays. De souligner les effets du sous-développement sociétal sur le développement économique.

 

Si l\’ensemble des forces s\’approprient l\’espace public, pour contribuer à l\’effort national, le développement économique peut se réaliser pleinement. Pourquoi ? Parce que la répartition de l\’intelligence est aléatoire entre les êtres humains, quelque soit leur genre, leur origine, leur race. Et c\’est grâce aux intelligences individuelles que nous progressons collectivement. D\’ailleurs combien de Marie Curie, de Hedy Lamarr, ou de Tawhida Becheikh sont passées à la trappe de l\’histoire à cause des discriminations faites aux femmes. Combien avons nous perdus d\’intelligences, si précieuses, au profit du conservatisme et du patriarcat.

Partant de l\’expérience tunisienne, le constat est clair, les régions les plus développées sont les régions ayant un meilleur taux d\’intégration des femmes et des jeunes, à contrario les régions conservatrices, bien que souvent détentrices de richesses naturelles importantes, ont du mal à décoller économiquement. Parce que tout simplement, elles ne donnent pas leur chance à toutes les intelligences.

 

Maximiser les chances de réussite d\’une population implique inévitablement le développement de toutes ses compétences et la réalisation de toutes ses capacités, surtout pour des populations majoritairement jeunes où la femme est de plus en plus instruite et représente une force importante. Alors pourquoi nous privons nous de tels arguments ? On ne perdrait rien à essayer en tout cas.

 

 

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