Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Quand un décret fait taire les urnes

Article réservé aux abonnés

Écouter cet article

0:00 0:00

     

    Un petit tour du monde nous confirme que la terre est ronde et qu’elle tourne, comme la roue. Un petit tour du monde nous force à constater que tout change, du tour de taille au cours du dollars, de la météo aux dirigeants, des faits aux vérités, des tendances aux tensions. Un petit tour du monde nous oblige et devrait nous amener à nous débarrasser de nos certitudes, pour n’être armés que de nos convictions. Ainsi devrait être l’ADN de l’Homme sage. Ainsi devrait être. Car l’Homme sans conscience qui n’est que ruine de la sagesse n’a rien de Pantagruélique. Et pourtant …

     

    L’Iran et l’Arabie saoudite sont en train de se réconcilier sous l’égide de la Chine, parce que le nouvel ordre mondial qu’on pense à Moscou, se pilote en réalité depuis Pékin. Depuis la nuit des temps l’Homme incorrigible fauteur, continue de regarder le doigt, ignorant tout de la Lune qui pourtant fait ce que la nuit doit au jour. Et ces Hommes qui regardent le doigt voient dans ce rapprochement une conciliation possible entre sunnites et chiites, alors que l’antagonisme nait de politique, se nourrit de religion et vit de calcul. #larbredelaforet

    Ces deux-là s’étaient fâchés en 2016, à la suite de l’attaque par des manifestants iranienne de l’ambassade saoudienne à Téhéran. Et ces attaques faisaient suite à l’exécution d’un Ayatollah chiite saoudien, Nimr Al Nimr le 2 janvier 2016, condamné à mort pour incitation à la haine, recherche d’ingérence étrangère et prise d’armes contre les forces de l’ordre. Et là où les observateurs ont vu une énième guerre chiite-sunnite, il fallait lire un coup de force saoudien pour régner sur l’islam dans le monde. Là où on a pensé guerre de religion, il fallait penser volonté saoudienne de taire toute forme de contestation dans un contexte de printemps arabes. #bieresansalcool

    Alors quid des conséquences géostratégiques ? L’Iran et l’Arabie saoudite se font la guerre par Yémen interposé. L’Iran est également à la manœuvre en Irak, au Liban et en Syrie. Et amande sur la baklawa, l’Iran a signé avec la Chine un accord de partenariat élargi en 2021, sur 25 ans, qui va de l’énergie à la défense en passant par les télécommunications. Le contre poids aux iraniens est l’Arabie saoudite qui se positionne dans le sillon occidental, tendance USA. Autant dire qu’une vraie paix entre Téhéran et Riyad, une réelle synergie entre ces deux-là, et c’est l’échiquier mondial qui peut en être bouleversé. Or la paix des uns n’a jamais fait les affaires des autres. Et il est fort à parier, que l’Homme dans la grande sagesse de sa perversité, arrivera à faire échouer toute paix durable entre deux pays que le monde oppose. Le Shah en sait quelque chose. #guerreetpaix

     

    En Géorgie, ce sont les manifestants qui ont fait reculer le pouvoir dans sa volonté présentée comme hégémonique. Une loi était en préparation pour condamner comme agent de l’étranger, tout médias, toute association, toute ONG dont les financement étrangers représentaient au moins 20%. Alors que la Géorgie, république soviétique jusqu’en 2008, était candidate pour rejoindre l’union européenne et l’OTAN, la politique qui y est menée depuis la guerre ukraino-russe tendait à prouver un choix contraire. D’abord, l’emprisonnement fin 2021 de l‘ancien président Mikheil Saakachvili initiateur du rapprochement avec l’Occident, et maintenant une loi dite « loi Russe » par son aspect répressif, et il n’en fallait pas plus aux tenants de l’occidentalisation de la Géorgie pour prendre le pavé et ramener le pays dans le giron européen. Le monde n’a pas fini de se bipolariser au détriment de la paix. Car les amis des uns sont les ennemis des autres. Et bienheureux celui qui réussira à porter la voix de la nuance, et faire entendre que l’ami peut devenir autre chose qu’un ennemi quand on veut changer de cercle d’influence.  #haime

     

    On passera sur le drame qui s’est jouée à Hambourg en Allemagne dans la soirée de jeudi où un forcené est allé semer l’horreur chez les siens, les Témoins de Jéhovah, en faisant pas moins de huit morts, avant de se donner la sienne.  L’homme, nous dit-on, était en conflit avec son groupe. Retenons que le parquet, en l’état de l’enquête, écarte tout motif terroriste, mais n’exclut pas des troubles psychiatriques de l’assaillant. Rappelons pour la forme, qu’il parait difficile de distinguer le terrorisme de troubles psychiatriques. Et tentons de comprendre par quel truchement intellectuel on peut envisager qu’une personne qui rentre dans une église pour y liquider huit personnes au hasard de ses tirs, puisse être considérée autrement qu’avec des troubles psychiatriques. #lesmotsnontplusdesens

     

    En Tunisie, on ne finit pas de dessiner les contours d’un dessein que le décret 54 nous empêche de qualifier. Le fait est que depuis mercredi soir les conseils municipaux, dont les 7 212 membres ont été élus au suffrage universel direct le 6 mai 2018, par la participation de 1 914 238 électeurs tunisiens, ces conseils municipaux sont désormais dissous par décision présidentielle. Les affaires courantes sont gérées dorénavant et jusqu’à la tenue de nouvelles élections, par le chargé du secrétariat général de chaque municipalité, sous le contrôle tutélaire du gouverneur de chaque région. Où quand un décret fait taire les urnes. #decretkratos

    En Tunisie encore, on n’en finit pas de vouloir réparer l’irréparable dans les relations avec l’Afrique subsaharienne entâchées, c’est un triste euphémisme, par les derniers propos sur les immigrés clandestins africains, et leurs conséquences sur le comportement de certains cons-citoyens. Il semblerait que la Tunisie, qui sait rayonner sur le monde lors de ses rendez-vous avec l’Histoire, rencontre actuellement quelque difficulté avec les gardiens de son phare. Il n’en demeure pas moins que riche de son Histoire, forte de ses lumières, la Tunisie restera la Tunisie quoi que tentent certains. Car la roue, comme la terre, tourne. #cycle

     

    C’est la fin de ce trip, c’est la fin de la semaine, vous pouvez éteindre vos smartphones et panser. Car pour ce qui est de penser, d’autres ont décidé de le faire avec leurs propres mots pour le plus grand mal de nos maux.

    Subscribe to Our Newsletter

    Keep in touch with our news & offers

    Répondre

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *