La situation hydraulique est grave à cause de la sécheresse et le ministère le l\’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche vient de le reconnaître et d’annoncer une batterie de décisions et mesures relatives à la mise en place d’un système de roulement conjoncturel et une interdiction temporelle de certains usages de l’eau, qui prennent effet à partir du 29 mars 2023 jusqu’à fin septembre 2023.
Depuis quelque temps, la Société nationale d\’exploitation et de distribution des eaux (Sonede) est en train d’effectuer des coupures d’eau régulières dans certaines régions du pays. Ce qui a mis la puce à l’oreille des citoyens, qui ont demandé des réponses. Plusieurs experts avaient attiré l’attention sur la situation et le Syndicat des agriculteurs de Tunisie (Synagri) a appelé à déclarer l’état de catastrophe naturelle et à verser aux agriculteurs sinistrés des indemnisations du Fonds des catastrophes naturelles.
Dans son communiqué daté de vendredi 31 mars 2023, le ministère a interdit l’utilisation de l’eau potable, distribuée par la Sonede, pour l’agriculture, l’irrigation de zones vertes, pour le nettoyage des rues et des endroits publics et pour le lavage des véhicules.
Le ministère annonce aussi la mise en place d’un système de roulement conjoncturel pour l’approvisionnement en eau potable, pendant cette période. Les agents de la Sonede, les agents assermentés, habilités relevant du ministère de l’Agriculture ainsi que tous les agents des forces de l’ordre sont chargés à veiller sur l’application des décisions. Tout contrevenant risque les sanctions mentionnées dans le Code des eaux notamment l’article 158 et l’article 44 du décret gouvernemental N°2017-157 du 19 Janvier 2017, portant approbation du règlement des abonnements à l’eau potable.
Ainsi, pour un gaspillage de l’eau la Sonede peut procéder d’office et sans préavis à la suspension de l’abonnement et l’arrêt de l’alimentation, sans préjudice des poursuites judiciaires qu’elle pourra engager à l’encontre des contrevenants (art. 44). Les contrevenants risquent aussi une amende de 60 dinars à 1.000 dinars et un emprisonnement de six jours à neuf mois ou de l\’une des deux peines seulement (art.158).
Notons que dans son document le ministère indique que sa décision intervient à cause des années de sécheresse qui se sont succédé et à la baisse des apports en eau dans les barrages, ce qui a impacté les réserves en eaux qui ont enregistré un niveau jamais atteint et se répercute négativement sur la nappe d’eau profonde.
I.N










