Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Ridha Chkoundali : voici les sujets abordés lors de la rencontre avec le Président

Article réservé aux abonnés

Écouter cet article

0:00 0:00


    Le professeur universitaire en sciences économiques, Ridha Chkoundali, a indiqué que la rencontre du 31 mai 2023 entre le président de la République, Kaïs Saïed et des universitaires spécialisés en économie a duré près de cinq heures. Le président s’est exprimé puis a laissé le temps à ses invités de présenter leurs visions des choses.

    Dans une publication Facebook du 1er juin 2023, Ridha Chkoundali a précisé que le chef de l’État s’opposait aux méthodes classiques pour résoudre la crise économique. Il a qualifié les réformes proposées par le Fonds monétaire international (FMI) de diktats menaçant la paix sociale. Il a proposé la mise en place d’une taxe sur les individus bénéficiant des compensations, mais ne le méritant pas. Ceci permettra de financer la caisse des compensations. Kaïs Saïed a, aussi, évoqué comme solution le recours aux entreprises citoyennes afin de créer des emplois et de la conciliation pénale afin de garantir le développement économique des régions pauvres et marginalisées.


    Le président a affirmé qu’il préférait les propositions non liées à l’étranger et qu’il privilégiait des mesures adaptées à la réalité tunisienne et prenant en compte l’intérêt suprême du pays. Ridha Chkoundali, présent à cette rencontre, a invité le chef de l’État à changer de discours au sujet de l’économie. Il a considéré que Kaïs Saïed devait évoquer les sujets touchant directement les Tunisiens tels que le chômage, l’inflation et la dégradation du pouvoir d’achat au lieu de parler d’équilibres financiers. Cette thématique n’intéresse, selon lui, que les bailleurs de fonds.

    « J\’ai abordé le problème le plus important et qui trouble les Tunisiens, à savoir celui de la hausse insensée des prix et la difficulté de s’approvisionner en produits de base. J\’ai expliqué la relation entre l\’inflation et la baisse de la valeur du dinar tunisien, et comment une partie importante de l\’inflation découle de cette baisse. Il faut y mettre fin avec un programme de sauvetage financier que j\’ai présenté dans divers espaces médiatiques. Il se compose de quatre axes : le phosphate, les transferts des Tunisiens à l\’étranger, les sociétés et fonds totalement exportateurs et les devises circulant sur le marché noir. J\’ai indiqué que ce programme s’appliquait à court terme et qu’il devait être exécuté au cours des prochains jours. Quant au programme économique incluant des réformes majeures, il nécessite du temps et doit inclure les réformes du FMI, mais avec un contenu différent et une approche différente faisant de son objectif l’amélioration des conditions de vie des Tunisiens. Les équilibres financiers sont importants et ne s’opposent pas à ce noble objectif », a-t-il écrit.

     

    Ridha Chkoundali a, également, évoqué l’importance de rejeter l’approche basée sur l’exclusion de la femme et des jeunes. Le taux de chômage au sein de ces catégories est assez grand, selon lui. Il a expliqué que la politique touristique optait pour le tourisme balnéaire et que ceci avait conduit à l’exclusion des zones intérieures. Ceci doit impérativement être changé.

    L’expert en économie a critiqué la complexité des procédures administratives et la bureaucratie ayant impacté le classement de la Tunisie publié par Doing Business. Il s’agit d’un classement basé sur l’indice de la facilité de faire des affaires. Le mauvais classement de la Tunisie décourage les investisseurs.

    « J’ai parlé de la politique fiscale, car la pression fiscale est forte. Elle a poussé les jeunes à migrer vers l’économie parallèle et à transformer une partie considérable des transactions réalisées par les entreprises du secteur formel en transactions du secteur informel. J’ai expliqué comment l’État est le premier responsable du développement de l’économie parallèle… J’ai évoqué l’importance de créer la richesse. Ceci ne peut être réalisé qu’à travers l’amélioration du climat des affaires et la révision des politiques économiques… La politique monétaire prudente visant à lutter contre l’inflation a fatigué les Tunisiens, la compétitivité des entreprises et les finances publiques. Elle n’a bénéficié qu’aux banques tunisiennes ayant réalisé des gains inimaginables durant les dernières années », a-t-il ajouté.

    D’après Ridha Chkoundali, les invités ont abordé la question de l’économie de rente bloquant la croissance économique. Selon eux, les autorisations sont octroyées à une catégorie restreinte de personnes et les jeunes en sont privés. Ils ont mis l’accent sur l’importance de changer la mentalité de l’administration tunisienne afin de la faire passer du commis d’État au serviteur du peuple. Ils ont souligné l’importance de se doter d’une vision économique claire pour la Tunisie de 2030 et 2050.

    Parmi les sujets abordés figurent les énergies renouvelables, l’économie numérique et la sécurité alimentaire et énergétique. Les professeurs universitaires ont, aussi, mentionné l’importance de s’adapter aux changements mondiaux ayant eu lieu après la crise provoquée par le Coronavirus. Celle-ci a impacté la domination du dollar. Les experts ont présenté des propositions portant sur les échanges en dinars avec l’Algérie afin de s’approvisionner en combustibles. Le dinar tunisien pourrait être utilisé par les touristes algériens.




    S.G

    Subscribe to Our Newsletter

    Keep in touch with our news & offers

    Répondre

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *