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Ridha Chkoundali : l’inflation incombe à l’État et à la Banque centrale

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    Le professeur universitaire en sciences économiques, Ridha Chkoundali, est revenu, lundi 5 juin 2023, sur la rencontre du 31 mai 2023 entre le président de la République, Kaïs Saïed et des universitaires spécialisés en économie. Cette rencontre à, entre autres, porté sur l’indépendance de la Banque centrale de Tunisie et les solutions adéquates pour relancer la machine économique du pays.  

    Invité de Hatem Ben Amara dans la matinale de Jawhara FM, il a affirmé que le président de la République s’était opposé à l’autonomie de la Banque centrale, mais s’était dit favorable à son indépendance. Il a souligné, dans ce sens, que prêter de l’argent à l’État pour des fins de consommation et non de création de richesse était problématique. 

    Rappelant que l’interdiction à la BCT de prêter directement l’État faisait partie de l’accord conclu entre le Fonds monétaire international (FMI) et le gouvernement de Youssef Chahed, Ridha Chkoundali a indiqué que cela avait permis aux banques tunisiennes, devenues intermédiaires entre l’État et la BCT, de s’enrichir. 

    Il a expliqué, également, que la politique monétaire de la BCT ; ces décisions visant à augmenter les taux d’intérêts sur les crédits à la consommation, pénalisait les citoyens alors qu’ils ne sont point responsables de l’inflation. Il a précisé, dans ce sens, que le déficit de la balance commerciale était essentiellement dû aux importations de produits énergétiques et des matières premières et équipements nécessaires à la production. « Or le problème n’est pas dans la demande, mais dans l’offre. Le taux de croissance est bas », a-t-il déclaré notant que si on avait des politiques incitatives à l’investissement et à la production on n’aurait pas eu de problème sur l’offre. 

    Selon l’économiste, la source de l’inflation est l’État qui contracte beaucoup de crédits auprès des banques. La responsabilité incombe, donc, à la fois à l’État et à la Banque centrale, selon ses dires. Il a ajouté qu’il était inacceptable que le gouvernement s’engage dans une loi de finances sans intervention de la Banque centrale et que celle-ci élabore des politiques monétaires sans intervention du gouvernement. « Il faut une politique mixte entre les deux », a-t-il affirmé. 

    Interpellé sur la position du président de la République par rapport au dossier socio-économique, Ridha Chkoundali a indiqué que Kaïs Saïed avait présenté une approche qui favorise des solutions visant l’intérêt des citoyens.  

    L’économiste a dénoncé les discours des gouvernements qui se sont succédé, y compris le gouvernement de Najla Boude, expliquant que ceux-ci ont privilégié un discours autour des équilibres financiers rassurant vis-à-vis des bailleurs de fonds. « Il faut que le discours soit plutôt orienté vers l’intérieur et soit axé autour du pouvoir d’achat, la création de richesse, des emplois… C’est ce qui intéresse les Tunisiens (…) Les équilibres financiers ne sont que la conséquence d’une économie en marche et un PIB en augmentation », a-t-il avancé. 

    M. Chkoundali a ajouté que la question du labyrinthe administratif avait été, également, évoquée avec le président de la République assurant qu’il a signifié à Kaïs Saïed l’impact des lourdeurs administratives et son rôle dans l’amplification de l’économie parallèle. « En plus de la pression fiscale, nous avons un grand nombre de procédures, ce qui nous place en queue de classement dans l’indice doing business (facilité de faire des affaires, ndlr) », a-t-il rappelé soulignant que les États qui ont réussi la transition démocratique ont engagé des réformes économiques parallèlement aux réformes politiques.  

    Il a conclu affirmant que la sortie de crise implique soit une accélération des négociations avec le FMI pour obtenir le financement en devises requis ou aller dans un plan de sauvetage financier qui inclut : la production de phosphate, les transferts des Tunisiens à l’étranger, les entreprises confisquées, et enfin les devises en circulation sur le marché noir. 

     

    N.J.    

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