Qu’il s’agisse de coupure d’eau, d’entassement de poubelles à Sfax ou de gens morts au large de Zarzis, tout est complot aux yeux du président de la République. Un président à qui on ne peut exiger des comptes car le régime politique, « boiteux », ne le permet pas. C’est ce qu’a avancé, jeudi 13 juillet 2023, l’ancien député Hatem Mliki au micro de Myriam Belkadhi sur les ondes de Diwan FM.
« Dans le régime politique actuel, le président ne peut être tenu pour responsable. Personne ne peut l’interroger sur l’utilité du découpage territorial et des conseils locaux qu’il souhaite créer. L’État dépense de l’argent alors qu’il ne sait rien de l’objectif du découpage territorial, ce qu’est la mission des conseils locaux (…) Tout le monde a compris que nous souffrons d’une rareté de l’eau (…) sauf le président qui, à cause de ce régime politique boiteux, affirme qu’il s’agit d’un complot, sans qu’on ait le droit de l’interroger », a-t-il déclaré.
Hatem Mliki a soutenu que seuls les faibles succombent à la logique du conspirationnisme. « Tu n’as acheté ni farine ni pain. Tu n’as ni eau, ni gaz. Tu ne travailles pas et tu n’as pas fait de réformes, ne viens pas me dire qu’il s’agit d’un complot ! Je peux débattre de cette théorie dans un seul cas de figure ; où tu travailles sans parvenir à un résultat, où tu fais des réformes, tes crédits sont remboursés et tes finances vont bien », a-t-il avancé sur un ton sarcastique.
Le politicien a assuré que l’effondrement de la Tunisie serait de la responsabilité des Tunisiens. « Nous complotons contre nous-mêmes, nous sommes en train de détruire notre pays », a-t-il indiqué citant comme exemple le dossier de la migration irrégulière ; une preuve, à son sens, du complot que les Tunisiens s’infligent. Selon Hatem Mliki, la Tunisie travaille sur un seul axe ; le troisième dans l’ordre des priorités, celui de protéger les frontières de l’Europe contre le flux migratoire alors qu’elle devrait œuvrer en premier à protéger ses frontières et en second lieu à la gestion des migrants qui sont sur son sol pour éviter la prolifération des maladies et de la violence, entre autres.
Interpellé sur la pression qu’exerce l’Europe sur la Tunisie en termes de migration irrégulière moyennant la carte de l’accord avec le Fonds monétaire international, M. Mliki a estimé qu’il ne s’agirait plus là d’un complot mais d’une tentative de tirer profit des points faibles de la Tunisie ; ses finances publiques, l’instabilité politique et la mauvaise gestion.
N.J










