Le 25-Juillet a été un tournant historique diront certains, une dérive dangereuse, diront d’autres. Depuis, la Tunisie est gouvernée par le seul et unique pouvoir d’un Kaïs Saïed qui, à coups de décrets, trace une nouvelle Tunisie. Une Tunisie qui n’a de contours que dans l’esprit de celui que le peuple tunisien a hissé sur le trône de Carthage, pensant ainsi se débarrasser des corrompus.
Depuis ce 25 juillet 2021, les changements ont été multiples et à tous les niveaux. Des changements qu’une panoplie de penseurs tunisiens ont exposé dans un nouvel ouvrage « Le pouvoir d’un seul », des éditions Diwen.
Sous la direction de Hamadi Redissi, Sana Ben Achour, Salsabil Klibi, Lotfi Ben Aissa, Hatem Chakroun, Zyed Krichen et autres… sont revenus, chacun suivant sa lecture, sa vision, sur cette période de chamboulement dans l’histoire de la Tunisie.
Des manifestations du populisme de Kaïs Saïed, au parallèle entre le régime de celui qui se prend pour Omar ibn al-Khattâb et les définitions platoniciennes et aristotéliciennes de la tyrannie, en passant par les entorses constitutionnelles et les péripéties législatives qu’a connues le modèle de gouvernance tunisien au nom d’un supposé « peuple qui sait ce qu’il veut », les écrivains ont exposé un Kaïs Saïed « bréviaire du populisme » qui « face à un grave déficit idéologique et logistique » a souhaité « mener solitairement (des) pseudos changements en renforçant d’une manière quasi impériale un pouvoir présidentialiste » et est ainsi tombé dans une autocrate qui regroupe quatre degrés variables « dictature, tyrannie, despotisme et autoritarisme ».
Ce coup de force du président auteur d’un détournement du pouvoir bien qu’élu par les urnes est survenu dans un contexte de pourrissement politique. Il a, d’ailleurs, « porté un coup fatal à l’ensemble de la classe politique post-soulèvement de 2011 et principalement à son acteur central : le mouvement Ennahdha ».
Pour ce faire, il a invoqué l’article 80 de la Constitution de 2014, promulgué le décret du 22 septembre 2021, puis une constitution sur mesure où il a renoncé au principe de la séparation des pouvoirs, fait disparaître le caractère civil de l’État et renforcé l’ancrage identitaire dans la Umma islamique, comme l’explique « Le pouvoir d’un seul ».
Le livre fait 308 pages et est disponible en librairie au prix de trente dinars.
N.J










