Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Organisations et personnalités dénoncent la poursuite des violations des droits des migrants en Tunisie

Article réservé aux abonnés

Écouter cet article

0:00 0:00

     

    36 organisations nationales et associations ainsi que 17 personnalités publiques ont exprimé leur préoccupation concernant les violations graves et systématiques des droits humains dont sont victimes les personnes migrantes, ainsi que les campagnes systématiques d’appel à la haine et à la violence. Elles demandent l’ouverture d’enquêtes pour révéler la vérité et poursuivre les auteurs de ces violations.

    Dans un communiqué conjoint, les signataires soulignent que « plus d\’un an après le communiqué de la présidence de la République tunisienne à l\’issue de la réunion du Conseil national de sécurité, qui liait la présence de personnes migrants « à un complot visant à modifier la composition démographique de la Tunisie« , les violations systématiques et les campagnes racistes et xénophobes visant les migrants subsahariens en Tunisie se poursuivent, et restent à ce jour impunies ».

     

    Le même document indique que « les politiques des gouvernements successifs ont continué à se plier aux diktats de l\’Union Européenne pour externaliser ses frontières, déléguant ainsi toute la gestion sécuritaire et la surveillance des frontières aux pays du sud de la Méditerranée. Cette externalisation s\’accompagne d\’une conditionnalité par laquelle les aides financières, les subventions et les prêts sont versés aux pays du Sud s’ils acceptent de jouer le rôle de gardien des frontières. Ces mesures ont été entérinées dans le cadre d\’accords avec certains pays du voisinage-Sud de l’Union Européenne, bafouant encore une fois les bases fondamentales de tout partenariat, qui ne peut être fondé que sur une relation équilibrée et de respect mutuel entre les pays du Nord et du Sud ».

    Et d’ajouter : « Outre l’interception des migrants dans les eaux territoriales nationales, la Garde nationale maritime‎ tunisienne s’efforce également de les poursuivre à l’intérieur du territoire, notamment en les déplaçant arbitrairement, ne tenant aucun compte de leur situation humanitaire ni des accords internationaux signés et ratifiés par la Tunisie. Tel était le cas dans plusieurs régions du pays où les forces de sécurité ont choisi de pousser des migrants vers certaines zones péri-urbaines, notamment à El Aamra, El Jédériya, à Kasserine, où la situation est de plus en plus inquiétante et alarmante.

    Il est également important de rappeler les conséquences désastreuses des opérations de déplacement forcé de migrants perpétrées par les autorités tunisiennes vers une zone tampon désertique, le long de la frontière tuniso-libyenne et sous un soleil de plomb, interdisant ainsi l’accès aux associations et aux citoyens qui ont tenté de leur venir en aide ».

    Face à ce drame, et notamment la situation préoccupante des personnes en mobilité qui étaient présentes dans la ville de Sfax, les autorités tunisiennes se sont limités à un traitement exclusivement sécuritaire sans prendre en considération la dimension humaine et humanitaire.

     

    Les signataires soulignent aussi « l’acharnement exercé par l’appareil sécuritaire depuis le 19 mars et dont est victime l\’ancien président de l\’Association des étudiants et stagiaires africains en Tunisie (AESAT), Christian Kwongang, citoyen camerounais, y compris sa détention arbitraire au centre d\’El Ouardia ». Ils expriment ainsi leur solidarité totale avec l’AESAT, condamnent l\’acharnement dont est victime Christian Kwongang et exigent des garanties immédiates quant au respect de ses droits.

    Et de noter que « plusieurs témoignages indiquent l\’implication directe des autorités tunisiennes dans les violences perpétrées à l\’encontre des personnes migrantes, tant lors des opérations d’interception en mer que lors d’interventions terrestres ».

     

    Les organisations nationales, associations et personnalités publiques exigent la clarification de la base et du cadre légal de la détention des personnes migrantes, y compris au Centre El Ouardia qui opère sans aucun cadre ni supervision judiciaire, et ce en violation flagrante des lois tunisiennes et des conventions internationales ratifiées par la Tunisie, tel que confirmé par la décision du Tribunal administratif en 2020. Ils condamnent les politiques sécuritaires et d\’externalisation des frontières de l\’Union européenne, qui portent atteinte aux droits humains et appellent l\’État tunisien à respecter le droit national et international en ce qui concerne les personnes en mobilité, et de rejeter toute politique d\’externalisation européenne.

     

    La liste des signataires :

    1. Coalition Tunisienne Contre la Peine de mort – CTCPM –

    2. Ligue tunisienne des droits de l\’homme – LTDH

    3. Forum Tunisien pour les Droits Economiques et Sociaux – FTDES

    4. Association Lina Ben Mhenni

    5. Calam

    6. Legal Agenda

    7. Association Intersection pour les Droits et les Libertés

    8. Avocats Sans Frontières – ASF

    9. Association Mada

    10. Comité de Vigilance pour la Démocratie en Tunisie

    11. International Service For Human Rights – ISHR

    12. L\’association Sentiers-Massarib جمعية مسارب

    13. Beity

    14. WeYouth Organization

    15. Association TaQallam pour la liberté d\’expression et de créativité (جمعية تكلّم من أجل حرية التعبير والابداع)

    16. Association Ifriqiya

    17. Al Khatt

    18. Inkyfada

    19. African Business Leaders

    20. Aswat Nissa

    21. Association Tunisienne de Défense des Libertés Individuelles – ADLI

    22. No Peace Without Justice

    23. Association Nachaz-Dissonances

    24. Organisation Contre la Torture en Tunisie – OCTT – المنظمة التونسية لمناهضة التعذيب

    25. Association pour la Promotion du Droit à la Différence – ADD

    26. Comité pour le Respect des Libertés et des droits de l\’Homme en Tunisie – CRLDHT

    27. Fédération des Tunisiens pour Une citoyenneté des deux rives – FTCR

    28. Union des Travailleurs immigrés Tunisiens – UTIT

    29. Minority Rights Group – مجموعة حقوق الأقليات

    30. EuroMed Rights

    31. Migreurop

    32. A Buon Diritto

    33. CCFD-Terre Solidaire

    34. ARCI

    35. Watch The Med – Alarm Phone

    36. Associazione per gli Studi Giuridici sull\’Immigrazione – ASGI

    Sami Bargaoui, universitaire

    Monia Ben Hamadi, journaliste

    Hechmi Ben Frej militant

    Insaf Machta, universitaire

    Walid Mejri, journaliste et activiste

    Marta Luceño Moreno

    Chokri Latif, Ecrivain

    Fayçal Ben Abdallah, président de la FTCR

    Mouhieddine Cherbib, président du CRLDHT

    Fathi Tlili, président de l\’UTIT

    Mohamed Ben Saïd, FTCR/ CRLDHT

    Mourad Allal, CRLDHT

    Mohsen Dridi, FTCR

    Kamel Jendoubi, CRLDHT

    Patrizia Mancini

    Hamadi Zribi

    Zaineb Mhemdi

     

    D’après communiqué

    Subscribe to Our Newsletter

    Keep in touch with our news & offers

    Contenus Sponsorisés

    Répondre

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *