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France – Les sept moments clés du mandat Bayrou

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    Photo par Stephane de Sakutin / AFP

    François Bayrou aura réussi à Matignon à faire adopter le budget 2025, cause de la chute de son prédécesseur Michel Barnier, sans parvenir toutefois à ouvrir les négociations sur celui de 2026. Retour sur sept moments clés de ses presque neuf mois rue de Varenne :

    Pau plutôt que Mayotte

    « Pau, c’est en France », explique le Béarnais qui choisit, à peine nommé le 13 décembre, de rejoindre la ville dont il est resté maire, plutôt que de rester à Paris pour gérer la crise à Mayotte, dévastée par un ouragan. Deux projets de loi pour la reconstruction de l’archipel seront ensuite approuvés.

    L’adoption du budget 2025

    Le projet de budget pour 2025 est adopté le 14 février après que les dépenses publiques ont été restreintes pendant six semaines par une loi spéciale, rendue nécessaire par la censure de Michel Barnier.
    Mais la dette reste élevée, atteignant désormais près de 114 % du produit intérieur brut (PIB), contre 57,8 % en 1995. François Bayrou ne cesse d’alerter sur le « piège mortel » que représente l’état des finances publiques françaises.

    Le « conclave » sur les retraites

    Le budget a pu passer grâce à la « non-censure » des députés socialistes, à qui François Bayrou a promis de nouvelles concertations sur les retraites « sans tabou ».
    Mais il conditionne ensuite ces discussions en exigeant que le système revienne à l’équilibre d’ici 2030 et en refusant un retour à un âge de départ à 62 ans. Après de multiples reports, les concertations échouent, même si le Premier ministre persiste à y voir des « avancées » à inscrire dans la loi.

    La « submersion » migratoire

    Alors qu’il négocie encore avec les socialistes, François Bayrou évoque sur LCI un « sentiment » de « submersion » migratoire dans certaines villes, provoquant la colère de la gauche.
    Certains y voient un clin d’œil au Rassemblement national. Ce sera la première d’une série de frictions avec les socialistes, qui annonceront à la fin août leur volonté de faire tomber le gouvernement.

    L’affaire Bétharram

    L’affaire des violences physiques et sexuelles au collège-lycée Notre-Dame de Bétharram, où il a scolarisé ses enfants, l’affecte personnellement. Il dénonce « un tribunal politique » et une période « humainement très difficile »« dégueulasse » pour sa famille, tout en refusant de reconnaître un déni collectif dont l’accuse pourtant sa fille.
    Une commission d’enquête pointe un « défaut d’action » lorsqu’il était ministre de l’Éducation nationale (1993-1997), ce qu’il réfute. Mais il n’est pas mis en cause directement.

    Les lois narcotrafic et Duplomb

    Priorité de la politique sécuritaire, la proposition de loi pour lutter contre le narcotrafic est adoptée définitivement le 29 avril, un succès rare dans une Assemblée fracturée.
    Autre victoire législative, la loi Duplomb, censée lever les obstacles au développement de l’agriculture, est adoptée début juillet avec le soutien des macronistes, de LR et du RN.
    Mais elle déclenche un vaste mouvement de protestation, avec une pétition réunissant plus de 2,1 millions de signatures. Le Conseil constitutionnel censure sa disposition la plus contestée, sur la réintroduction d’un pesticide.
    Au total, François Bayrou assure avoir fait passer une soixantaine de textes en 2025.

    Le vote de confiance

    Une « clarification » dans un « moment décisif » : après avoir détaillé, le 15 juillet, un sévère plan de freinage des dépenses pour le budget 2026, François Bayrou annonce, à la surprise générale, le 25 août, qu’il sollicitera la confiance de l’Assemblée nationale le 8 septembre sur l’urgence à résorber la dette.

    Mais la gauche et le RN annoncent presque immédiatement qu’ils ne la voteront pas. Ses ministres, avertis au dernier moment, estiment avoir été « jetés sous un train ».

    Un membre du gouvernement l’avait pourtant mis en garde contre le scénario d’un Premier ministre qui voudrait « mourir sur scène ». Une comparaison que François Bayrou assume en citant Pierre Mendès-France, resté huit mois à Matignon et dont « on parle encore ».

    © Agence France-Presse

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