Le professeur en économie et analyste financier, Bassem Ennaifer, est intervenu, lundi 15 septembre 2025, au micro de Naoufel Ouertani dans l’émission Midi Mag sur Mosaïque FM. Il a expliqué la dualité entre l’amélioration des indicateurs macroéconomiques du pays et l’absence de répercussions tangibles sur le quotidien des Tunisiens.
Selon lui, « il y a une amélioration au niveau des indicateurs macroéconomiques, reflétant la situation de l’économie nationale ». Il a rappelé que, quelques années auparavant, la conjoncture était « très délicate », marquée par un endettement élevé et de faibles taux de croissance. Le gouvernement avait alors opté pour une politique de restrictions budgétaires, notamment par une baisse des importations.
Aujourd’hui, Bassem Ennaifer constate « une nette amélioration » : un bon taux de croissance au troisième trimestre 2025, une réduction du service de la dette extérieure, une meilleure gestion du budget de l’État et une amélioration de la balance courante.
Mais interrogé sur une éventuelle amélioration du pouvoir d’achat dans les prochains mois, il a tempéré les attentes. « Cela sera difficile, car cela doit passer par une augmentation de la production », a-t-il averti. Or, la production nationale actuelle ne suffit pas à couvrir la demande, ce qui entraîne une hausse des prix.
Il a précisé que, même si les circuits de distribution sont contrôlés, l’inflation est structurelle et non liée à la spéculation. La situation est aggravée par plusieurs années de sécheresse et par un contexte hydrique toujours délicat. La hausse des températures affecte également la production agricole, d’autant que la majorité des exploitations tunisiennes sont de petite taille.
Bassem Ennaifer a insisté sur la nécessité de poursuivre les réformes. « La réforme doit commencer par les bases et c’est ce qui a été fait au niveau macroéconomique. Ce chantier est toujours en cours, mais l’État tunisien peut désormais viser les réformes microéconomiques, notamment celles liées aux entreprises et à l’amélioration de la production », a-t-il expliqué.
Enfin, il a appelé les Tunisiens à améliorer leur productivité. « Elle est la clé pour améliorer la situation économique globale, mais aussi leur qualité de vie », a conclu l’analyste.
I.N.










