L’économiste Aram Belhadj, docteur en sciences économiques et enseignant-chercheur à l’Université de Carthage, a réagi, vendredi 10 octobre 2025, sur sa page Facebook aux critiques visant certains économistes accusés d’avoir changé de ton à propos de la capacité de la Tunisie à rembourser sa dette.
Dans son post, M. Belhadj a tenu à préciser que « la capacité de la Tunisie à s’acquitter de ses dettes demeure confrontée à d’importants défis ». Il rappelle, à cet égard, le recours à plusieurs reprises à la Banque centrale pour financer le déficit budgétaire, notamment lorsque « la ministre des Finances a dû utiliser une partie de l’avance accordée par la Banque centrale pour rembourser des dettes extérieures ».
L’universitaire reconnaît cependant que la Tunisie parvient, « malgré les difficultés, à assurer le service de sa dette grâce aux recettes touristiques, aux transferts des Tunisiens résidents à l’étranger et à la performance du secteur agricole », autant de facteurs qui ont soutenu les réserves en devises. Il note aussi que « la baisse des prix sur les marchés internationaux a contribué à préserver ce niveau de réserves ».
Toutefois, M. Belhadj avertit que cette capacité reste conditionnée à l’absence de chocs externes : « Elle demeure tributaire du maintien d’un environnement économique mondial stable », écrit-il. Il souligne enfin que « les ressources d’emprunt, aussi bien internes qu’externes, restent élevées », une part importante étant destinée au remboursement des dettes existantes, surtout extérieures. « Le déficit primaire du budget reste encore élevé, malgré l’amélioration récente », précise-t-il.
En conclusion, l’économiste exprime le vœu de voir la Tunisie « rompre avec l’endettement lourd et préserver sa souveraineté nationale », affirmant qu’il s’agit là de « l’espoir de tout économiste tunisien animé d’un minimum de patriotisme et de crédibilité ».

I.N.










