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Parlement : clash public entre Syrine Mrabet et Fatma Mseddi

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Par Imen Nouira

    Le ton est monté à l’Assemblée : la députée Fatma Mseddi accuse ses collègues de conspiration et dénonce, vendredi 10 octobre 2025, des menaces liées à ses révélations sur des dossiers sensibles touchant à la souveraineté de l’État. Sa collègue Syrine Mrabet n’a pas tardé à répondre, rejetant ces accusations et l’accusant de « victimisation » tout en affirmant que ses déclarations nuisent à l’image du Parlement.

    La députée à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Fatma Mseddi, affirme avoir choisi, depuis le début de son mandat, d’exercer son rôle « avec responsabilité et courage », en plaçant l’intérêt national au‑dessus de toute autre considération.

    Elle rappelle avoir déposé, le 2 mai 2023, une demande officielle d’accès à l’information auprès de la ministre de la Justice. Cette demande portait sur trois volets principaux :

    • les députés faisant l’objet de jugements ou de procédures judiciaires en cours,
    • les fonctionnaires du Parlement concernés par l’affaire dite de « la séance virtuelle » dans le cadre du dossier de complot contre la sûreté de l’État,
    • ainsi que les investigations autour de ce qu’elle appelle « le dossier du royaume New Atlantis », qu’elle estime attentatoire à la souveraineté nationale.

    Dans son message, la députée affirme avoir découvert l’existence d’un document « fuité » du bureau de l’ARP dans lequel certains élus proposaient au chef du gouvernement la mise en place de mécanismes visant à « favoriser l’implantation des migrants irréguliers en Tunisie sous couvert de l’emploi ». Une proposition qu’elle qualifie de « menace grave pour la souveraineté nationale et le tissu social ».

    Après avoir rendu ce document public et appelé à une enquête judiciaire, Fatma Mseddi indique avoir subi « des attaques organisées », allant de la campagne de dénigrement au harcèlement verbal, à l’intérieur comme à l’extérieur du Parlement. Elle cite notamment la députée Syrine Mrabet parmi ses détracteurs.

    Quelques minutes après la publication de Mme Mseddi, la députée Syrine Mrabet a réagi publiquement via un post Facebook. Dans sa réplique, la députée Mme Mrabet a répondu avec virulence aux accusations de Fatma Mseddi, lui reprochant d’entretenir un discours de « complot permanent » et de chercher à se victimiser.
    Elle a estimé que leur différend repose sur des positions politiques claires : « tu es contre la sous-traitance, contre l’amnistie et tu critiques le président de la République », a-t-elle écrit. Elle a en outre dénoncé les propos de Fatma Mseddi sur une prétendue « couverture présidentielle de la normalisation », rappelant que ces déclarations nuisent à la crédibilité du Parlement.

    Tout en affirmant se tenir « au-dessus des querelles », Syrine Mrabet a conclu sur un ton ferme : « Concentre-toi sur ce qui sert le pays et arrête de critiquer le Parlement… les jours viendront. »

    Cette réplique publique a envenimé le débat et contribué à la polarisation autour des accusations lancées par Mme Mseddi.

    Fatma Mseddi affirme par ailleurs que toutes ses initiatives législatives sont systématiquement bloquées, en particulier son projet de loi visant à encadrer le financement étranger des associations. Elle estime que ces entraves sont directement liées à ses prises de position sur des dossiers sensibles.

    Elle évoque également « des données sérieuses » sur l’implication directe de certains députés dans ce qu’elle appelle « le dossier d’implantation », ainsi que des soupçons autour des financements et des liens extérieurs de « la flotte Al Soumoud », dans laquelle un député aurait été impliqué.

    « Aujourd’hui, je suis menacée même par certains députés. Je subis une pression constante simplement parce que j’ai défendu le droit du peuple à connaître la vérité », écrit-elle.

    Fatma Mseddi appelle la présidence de l’ARP ainsi que les autorités judiciaires et sécuritaires à assumer leurs responsabilités dans la garantie de sa sécurité physique et morale. Elle affirme qu’elle ne renoncera pas à ses positions et qu’elle « poursuivra la défense de la souveraineté de la Tunisie et de la dignité de son peuple, quel qu’en soit le prix ».

    I.N.

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