Par Saïma Mezoughi
Jaouhar Ben Mbarek est aujourd’hui devenu le symbole d’un combat éthique et politique qui dépasse sa personne. Sa grève de la faim — qualifiée de « grève sauvage » — franchit le cadre d’une simple protestation individuelle pour devenir une déclaration de guerre contre une machine répressive qui érode l’État de l’intérieur, et contre un système judiciaire transformé en instrument de vengeance politique au lieu d’être un rempart de justice.
Les faits sont alarmants. L’état de santé de Ben Mbarek s’est rapidement détérioré après plusieurs semaines de grève, et sa famille ainsi que ses avocats décrivent une situation critique menaçant sa vie, tandis que les autorités échouent à prendre les mesures nécessaires pour protéger un homme qui sacrifie sa liberté et sa santé pour défendre ses principes. Cette dégradation ne peut être dissociée du message qu’il veut transmettre. Il n’y a pas de justice sous le joug de procès politisés, pas de dignité pour un peuple dont les opposants sont forcés de quitter la table pour revendiquer leurs droits.
Une épreuve pour la conscience nationale
Le climat politique s’assombrit davantage lorsque les procès d’opposants se transforment en spectacles destinés à intimider toute voix indépendante. Ce que vivent des figures comme Ben Mbarek fait partie d’une campagne plus large visant à démanteler l’élite influente et à réduire au silence toute pensée s’opposant à la centralisation du pouvoir. La presse internationale documente que d’autres opposants de premier plan ont entamé des grèves de solidarité, et des dirigeants politiques emprisonnés ont affirmé leur soutien, confirmant que l’affaire Ben Mbarek n’est pas un cas individuel, mais une question nationale.
La résistance de Jaouhar Ben Mbarek devient un miroir. Deux choix s’offrent à nous : continuer à céder à la politique de la peur qui étouffe la raison et humilie l’élite, ou se tenir à ses côtés et affirmer que le sacrifice pour la justice n’est pas un acte individuel, mais un acte national. Sa grève sauvage met à l’épreuve la conscience de la nation — révélant qui se tient du côté de la vie et du droit, et qui piétine la dignité.
Quiconque pense que faire taire Jaouhar met fin à la cause de la liberté se trompe lourdement. Au contraire, l’emprisonnement des esprits libres et l’exposition à la mort provoquent toujours des points de rupture avec la société et contribuent à reconstruire une opposition, à l’intérieur comme à l’extérieur des prisons, autour de laquelle se rassemblent solidarité populaire et soutien international. Ce qui se passe aujourd’hui indique que tout avenir démocratique pour la Tunisie passera par l’épreuve de la manière dont l’État a traité Ben Mbarek et ses semblables.
Le choix entre la dignité et la soumission
La résistance de Jaouhar Ben Mbarek n’est pas un « simple acte de protestation ». Sa grève sauvage nous place devant un examen historique : refusons-nous que la Tunisie devienne un pays où la parole est réprimée et où la vie est spoliée au nom de la sécurité ? Ou élevons-nous une voix collective imposant le respect de l’homme et de la loi ? L’histoire se souviendra de ceux qui ont choisi la vie et la dignité, et de ceux qui ont choisi la soumission au son unique.
Aujourd’hui, Jaouhar Ben Mbarek mène un combat existentiel. Toute déformation de son affaire ou tout silence face à sa voix équivaut à s’incliner devant la décadence politique. Le sauver, c’est défendre la vie, la loi, le droit à la différence — et la Tunisie que nous voulons un État de dignité, non un État de contrainte.











3 commentaires
Citoyen_H
ET LES SURENCHÈRES CONTINUENT D’AFFLUER. À CROIRE QUE CE GENRE D’ARTICLE EST SUBVENTIONNÉ.
Aller, à qui reviendra le premier prix de l’article le plus émouvant ?
Le pays traverse une période critique, suite chaos semé par la maudite terka, et avec ça, on nous expose, tambour battant, la préoccupation de certains, qui se sont alloués la mission de défendre l’indéfendable, en prenant le parti de ceux qui se rallièrent intentionnellement aux traitres qui contribuèrent à la faillite de la NATION, espérant bénéficier de la part de ces derniers, une nomination à un éventuel poste gouvernemental.
La soif du pouvoir leur a gangréné le moindre petit neurone en activité.
Voilà où on en est.
En plus, ça réclame, à tort et à travers, la démocratie, terme dont le sens profond est à des années lumières de leur niveau de compréhension.
Aller, persévérons, œuvrant au mieux pour continuer à faire endormir le peuple en occultant les problèmes vitaux de la NATION.
ZARZOUMIA
minute papillon ON SE CALME , ben m’barik n’es pas un symbole ( pour vous peut être) mais on generalise pas , d’emblée et au debut du papier , vous balancez ça ! ce n’est pas réussi , POUR RAPPEL : le chouchou , la smala et ghanouchi hab hab compris , sont condamnés , prisonniers suite aux faits , SEULE UNE GRACE PRESIDENTIELLE POURRA CHANGER LES CHOSES .
zaghouan2040
Merci infiniment pour cette publication Madame