La scène de l’entrée de Sonia Dahmani dans la salle d’audience, mardi 11 novembre 2025, a profondément marqué les présents. L’avocat Sami Ben Ghazi a dénoncé « une humiliation pour les avocats, une offense faite à la femme et une honte pour tout le pays ». Selon lui, les conditions dans lesquelles l’avocate est apparue devant le tribunal portent atteinte à la dignité de tous.

Un autre témoignage venant de sa sœur, Ramla Dahmani Accent a souligné la détresse de l’avocate incarcérée. « Sonia Dahmani : “Je veux rentrer chez moi.” Pour la première fois, Sonia a pleuré aujourd’hui », écrit-elle, avant d’ajouter avec amertume : « J’espère que vous passerez une nuit orgasmique de bonheur. L’audience a été retardée à Dieu sait quand. »
Le quatrième procès de Sonya Dahmani, cette fois pour une accusation pénale passible de dix ans de prison en vertu du décret 54, devait se tenir ce 11 novembre, après avoir été initialement renvoyé lors de l’audience du 30 septembre dans l’attente de l’arrêt de la Cour de cassation sur sa mise en accusation.

Poursuivie pour avoir dénoncé les conditions carcérales en Tunisie, l’avocate cumule déjà 50 mois de prison ferme à la suite de précédentes condamnations liées à ses prises de parole publiques, et reste détenue depuis 18 mois. Ses défenseurs estiment que ces procédures visent à sanctionner sa liberté d’expression et à prolonger sa détention par des renvois successifs.
L’audience du 11 novembre a finalement été reportée à une date ultérieure.
M.B.Z











5 commentaires
Citoyen_H
ET DIRE QUE CERTAINS INCONSCIENTS, PENSAIENT QU’INSULTER LA NATION ET DIFFAMER CES GOUVERNANTS,
était une action faisant fi à un jeu de société.
Rabi yéhdi.
Hannibal
Je me demande à quoi pensent ceux qui sont responsables de cette farce judiciaire qui met ou maintient en détention des prisonniers d’opinion, quand ils se rasent ou se maquillent le matin, ou quand ils mettent leur tête sur un oreiller le soir avant de dormir s’ils y arrivent ?
En tous cas, la torture de la conscience est la pire de toutes les tortures parce qu’on en est entièrement responsable et rien ne peut l’empêcher d’émerger.
LOL
Je pense que vous les surestimez grandement. Beaucoup de gens n’ont aucune conscience, pas plus que les animaux. Un chien affamé peut facilement tuer un autre chien, même un chiot, pour un bout de viande, sans hésitation et sans jamais y repenser. Et le chien est un animal bien plus noble que l’humain.
HatemC
“Sonia Dahmani, la voix qu’on veut faire taire”
Le cas Sonia Dahmani illustre la chute vertigineuse d’un État autrefois porteur d’espoir démocratique.
Ce n’est plus un procès, c’est une mise à mort morale.
Une femme, avocate et citoyenne libre, traînée de tribunal en tribunal pour avoir simplement parlé,
pleure aujourd’hui en murmurant : « Je veux rentrer chez moi. »
Cette image GLACE LE SANG — car elle dit tout :
La Tunisie d’aujourd’hui ne protège plus ses citoyens, elle les brise.
La justice est devenue le bras armé du pouvoir, le Parlement son amplificateur, et la peur son langage officiel.
Ce régime ne défend plus la loi : il la confisque.
Il ne dirige plus un pays : il humilie un peuple.
Et tout pouvoir qui humilie finit par tomber.
Le CHANGEMENT n’est plus une option, mais une nécessité morale.
La Tunisie ne pourra pas redevenir libre tant que ceux qui parlent au nom du droit sont jetés en prison pour l’avoir défendu ….. changement pour ne pas dire renversement … HC
jamel.tazarki
@Chère Compatriote Madame Sonia Dahmani, tenez bon, l’injustice n’a pas d’avenir!
Abou El Kacem Chebbi, les chants de la vie (Aghani Al Hayat):
Lorsqu’un jour le peuple veut vivre,
Force est pour le Destin, de répondre,
Force est pour les ténèbres de se dissiper,
Force est pour les chaînes de se briser.
Avec fracas, le vent souffle dans les ravins,
au sommet des montagnes et sous les arbres
disant :
« Lorsque je tends vers un but,
je me fais porter par l’espoir
et oublie toute prudence ;
Je n’évite pas les chemins escarpés
et n’appréhende pas la chute
dans un feu brûlant.
Qui n’aime pas gravir la montagne,
vivra éternellement au fond des vallées ».
Je sens bouillonner dans mon cœur
Le sang de la jeunesse
Des vents nouveaux se lèvent en moi
Je me mets à écouter leur chant
A écouter le tonnerre qui gronde
La pluie qui tombe et la symphonie des vents.
Et lorsque je demande à la Terre :
« Mère, détestes-tu les hommes ? »
Elle me répond :
« Je bénis les ambitieux
et ceux qui aiment affronter les dangers.
Je maudis ceux qui ne s’adaptent pas
aux aléas du temps et se contentent de mener
une vie morne, comme les pierres.
Le monde est vivant.
Il aime la vie et méprise les morts,
aussi fameux qu’ils soient.
Le ciel ne garde pas, en son sein,
Les oiseaux morts
et les abeilles ne butinent pas
les fleurs fanées.
N’eût été ma tendresse maternelle,
les tombeaux n’auraient pas gardé leurs morts ».
[…]
« La vie rend-elle à celui qu’elle fane
le printemps de son âge ? «
La nuit reste silencieuse.
Les nymphes de l’aube taisent leur chant.
Mais la forêt me répond d’une voix
aussi douce que les vibrations d’une corde :
» Vienne l’hiver, l’hiver de la brume,
l’hiver des neiges, l’hiver des pluies.
S’éteint l’enchantement,
Enchantement des branches
des fleurs, des fruits,
Enchantement du ciel serein et doux,
Enchantement exquis des prairies parfumées.
Les branches tombent avec leurs feuilles,
tombent aussi les fleurs de la belle saison.
Tout disparaît comme un rêve merveilleux
qui brille, un instant, dans une âme,
puis s’évanouit.
Mais restent les graines.
Elles conservent en elles le trésor
d’une belle vie disparue… »
La vie se fait
Et se défait
Puis recommence.
Le rêve des semences émerge de la nuit,
Enveloppé de la lueur obscure de l’aurore,
Elles demandent :
« Où est la brume matinale ?
Où est le soir magique ?
Où est le clair de lune ?
Où sont les rayons de la lune et la vie ?
Où est la vie à laquelle j’aspire ?
J’ai désiré la lumière au-dessus des branches.
[…]
Il* dit aux semences :
« La vie vous est donnée.
Et vous vivrez éternellement
par la descendance qui vous survivra.
La lumière pourra vous bénir,
accueillez la fertilité de la vie.
Celui qui dans ses rêves adore la lumière,
la lumière le bénira là où il va. »
En un moment pas plus long
qu’un battement d’ailes,
Leur désir s’accroît et triomphe.
Elles soulèvent la terre qui pèse sur elles
Et une belle végétation surgit pour contempler la beauté de la création.
La lumière est dans mon cœur et mon âme,
Pourquoi aurais-je peur de marcher dans l’obscurité ?
[…]
Une lumière libre répandue sur toute l’existence.