Lors de la séance plénière du mardi 11 novembre 2025, consacrée à la discussion du budget du ministère de la Défense, le député Hichem Mbarki a suggéré une mesure inédite : soumettre les détenus, notamment les plus jeunes, au service militaire.
Un outil de redressement pour les jeunes en conflit avec la loi
Alors que de nombreux jeunes cherchent à l’éviter, le député a proposé d’en faire un outil de redressement et de valorisation des compétences, y compris pour ceux en conflit avec la loi.
Dans son intervention, il a appelé le ministère de la Défense à élaborer, en collaboration avec le ministère de la Justice, un projet de loi en ce sens, tout en soulignant que cette mesure pourrait jouer un rôle déterminant dans la reconstruction morale des jeunes ayant eu des démêlés avec la justice. Selon lui, elle offrirait également aux jeunes détenus une opportunité de formation encadrée, susceptible de leur ouvrir des perspectives de réintégration une fois leur peine purgée.
Une crise carcérale qui alimente le débat sur la réinsertion
Cette proposition intervient dans un contexte où la question de la surpopulation carcérale et de la réinsertion des détenus demeure au cœur des préoccupations nationales. Selon World Prison Brief, le taux d’occupation dans les établissements pénitentiaires tunisiens s’élevait à 126,4 % en 2021, soit 23.484 détenus.
Avocats sans frontières affirme, pour sa part, que la capacité d’accueil des prisons tunisiennes ne dépasse pas 18.000 places (en 2019), ce qui entraîne des conditions de détention largement en deçà des standards internationaux.
D’après l’organisation, les détenus – souvent jeunes ou en détention préventive – partagent les mêmes espaces que les criminels récidivistes ou les accusés de terrorisme, accentuant les tensions et les risques de violence. Cette promiscuité aggrave les facteurs de récidive et compromet l’objectif premier du droit pénal : la réhabilitation.
N.J.











Commentaire
Karim
Désolé mais l’armée n’est pas une prison