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Le comité de défense dans l’affaire de complot dénonce un “discours du déni” de la ministre de la Justice

Par Raouf Ben Hédi

Le comité de défense des détenus dans l’affaire dite de complot contre la sûreté de l’État a réagi, samedi 15 novembre 2025, aux déclarations de la ministre de la Justice, Leïla Jaffel, lors de la plénière consacrée à l’examen du budget de son département.

Dans un communiqué, la défense fustige un « discours du déni » résonnant au sein de l’Assemblée des représentants du peuple.

Des réactions “sidérées” face au ton de la ministre

Les avocats affirment avoir suivi « avec un profond étonnement » les réponses du gouvernement sur la situation de la justice et le fonctionnement du ministère. Ils rejettent fermement ce qu’ils qualifient de « propos d’ironie et de dénigrement » visant des militants politiques « privés de liberté sur la base de dossiers fabriqués et de procédures arbitraires ».
La défense rappelle que plusieurs accusés ont été jugés « en quelques minutes, sans interrogatoires ni plaidoiries ».

Dans son communiqué, le comité appelle les organisations représentant avocats et magistrats à assumer leurs responsabilités après que l’exécutif a, selon lui, admis pour la première fois son refus de mettre en place le Conseil supérieur de la magistrature.
Il accuse également le ministère de la Justice de vouloir s’octroyer la mainmise totale sur les nominations, les mutations et même la sanction des juges « sur la base de leurs décisions ».

La défense réitère son opposition à la tenue de procès à distance, estimant qu’elle contrevient à la loi et repose sur un décret « édicté pendant une crise sanitaire et devenu caduc ».
Elle affirme que ce mode de jugement prive les accusés des garanties les plus élémentaires d’un procès équitable.

Les grèves de la faim au cœur des tensions

La défense maintient toutes les informations qu’elle a rendues publiques concernant les grèves de la faim menées par plusieurs détenus.
Elle s’étonne des propos tenus lors de la plénière sur la situation sanitaire des prisonniers, qualifiés de « contre-vérités », et oppose à la version officielle les constats de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme, de l’Instance nationale de prévention de la torture ainsi que les rapports de médecins du secteur public à Nabeul et des équipes médicales des prisons de la Mornaguia, Borj Erroumi et Siliana.

Le comité dénonce également ce qu’il considère comme une campagne de dénigrement visant certains avocats, accusés de manquer de patriotisme.
Selon lui, « ceux qui ternissent réellement l’image du pays sont ceux qui fabriquent des affaires, défient les décisions de justice et paralysent les institutions constitutionnelles ».

Enfin, la défense appelle toutes les personnes attachées à la justice et à la liberté à se mobiliser pour défendre l’indépendance du pouvoir judiciaire et rejeter les « procès iniques » intentés contre les opposants politiques.

R.B.H

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Commentaire

  1. naceur.fah

    15 novembre 2025 | 22h39

    La loi du plus fort, rien de plus