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« 287 milliards… pour quel résultat ? » : Saber Jelassi met en cause les projets du ministère de la Femme 

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Par Nadya Jennene

    Lors de la plénière du mardi 18 novembre 2025 consacrée à la discussion du budget du ministère de la Femme, de la Famille et des Seniors, le député Saber Jelassi a ouvert le débat avec une intervention particulièrement virulente.

    L’élu a souligné, d’emblée, qu’il ne s’adressait pas à un simple département ministériel, mais à « un ministère qui représente l’ossature même de la société » : la famille, l’enfance, la femme et les seniors. Il a ensuite mis en cause l’efficacité de l’action publique, la transparence budgétaire et l’incapacité du ministère à produire des résultats tangibles, malgré une enveloppe de 287 millions de dinars.

    Un budget conséquent, des résultats introuvables

    Il a questionné la pertinence de l’allocation budgétaire actuelle et s’est interrogé : « Qu’avez-vous apporté à la famille, madame la ministre ? Qu’avez-vous apporté à la famille qui fait face à des pressions psychologiques, sociales et économiques ? Qu’avez-vous fait pour les enfants ? », a-t-il martelé.

    Selon lui, le budget du ministère devrait permettre de déployer une stratégie complète : plateformes numériques, mécanismes de lutte contre les violences faites aux femmes, programmes de sensibilisation, caravanes de santé, révision des cahiers des charges et modernisation des institutions dédiées à l’enfance et aux seniors.

    Pourtant, affirme-t-il, aucune de ces ambitions ne semble avoir pris forme sur le terrain. « C’est peut-être le seul ministère pour lequel nous ne disposons d’aucune traçabilité, aucune matérialisation concrète de l’action publique », a-t-il lancé.

    L’élu a ensuite concentré son argumentation sur plusieurs points critiques. Il a notamment estimé que la stratégie nationale pour les personnes âgées manquait de lisibilité : « Expliquez-moi ce que signifie cette stratégie. Comment identifie-t-on les seniors en Tunisie ? Quels sont leurs besoins réels ? »

    Personnes âgées et enfance : des stratégies sans vision

    Même constat pour les politiques de l’enfance, qu’il a jugées éparpillées et inefficaces, notamment face à des défis tels que la prolifération des jardins d’enfants privés, l’exposition des enfants à la rue ou encore la montée des addictions.

    Il a également dénoncé la non-intégration des spécialistes formés dans l’éducation de la petite enfance. D’après lui, 1 600 diplômés, pourtant qualifiés pour accompagner les enfants dans leurs transformations psychologiques et éducatives, restent sans emploi depuis seize ans. Leur insertion annuelle, limitée à « 20 ou 25 personnes », est selon lui « incompréhensible ».

    « Pourquoi avons-nous créé un institut spécialisé pour ensuite laisser ses diplômés au chômage ? », s’est-il indigné, avant d’évoquer la fermeture de l’Institut supérieur de Carthage-Dermech.

    Le secteur privé de l’enfance n’a pas été épargné. Il a fustigé l’absence de normes dans le recrutement des éducateurs : « Aujourd’hui, les jardins d’enfants privés embauchent des titulaires d’un bac+2, bac+3 ou même des personnes ayant suivi une simple formation BTS. Où est la cohérence ? Où est le contrôle ? »

    Cette dérive a, selon lui, produit un appauvrissement de la qualité éducative : « Nous avons dépensé de l’argent, mais nous n’avons obtenu aucun contenu réel, aucun résultat tangible ».

    Autonomisation des femmes : des programmes sans impact mesuré

    La question de l’autonomisation économique des femmes a également été abordée. Évoquant le programme « Raidat », l’élu a demandé des données concrètes : « Avez-vous des statistiques ? Des indicateurs d’impact ? Ce programme a-t-il réellement amélioré la situation économique des femmes ? ». Il a, dans ce sens, insisté sur l’importance d’évaluer l’effet réel des politiques publiques : « Sur le terrain, les femmes appellent à l’aide. Les enfants appellent à l’aide. Les familles sont à bout ».

    Le parlementaire a conclu en lançant un appel pressant à la ministre : « Laissez une trace. Laissez un impact dans ce ministère. Aujourd’hui, c’est un véritable cri que nous portons. »

    N.J

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    Commentaire

    1. HatemC

      Répondre
      18 novembre 2025 | 11h46

      Et personne ne remet en cause le budget d’un ministère inutile celui des affaires religieuses, … il sert à quoi ce ministère des inutiles

    Répondre

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