La défense de Sonia Dahmani a exprimé, vendredi 21 novembre 2025, son profond étonnement et sa vive protestation après que la Cour d’appel de Tunis a fixé le report de son audience à seulement une semaine, malgré la demande d’un délai raisonnable pour préparer le dossier.
Dans une publication sur Facebook, son avocat, Sami Ben Ghazi, a dénoncé une atteinte manifeste au droit de la défense et au principe des délais adéquats pour l’instruction.
« Ce qui s’est produit aujourd’hui lors de l’audience de Mme Dahmani est proprement effrayant », a-t-il indiqué, expliquant que le comité de défense avait déposé des dizaines de notifications auprès du parquet et sollicité un report suffisant pour assurer une préparation complète du dossier. « Les affaires concernant des personnes en liberté sont traditionnellement reportées de plusieurs mois, et même celles impliquant une détention peuvent l’être de plusieurs semaines », a-t-il ajouté.
Malgré ces arguments, la Cour a décidé de différer l’audience d’une semaine seulement, décision que la défense considère comme « une atteinte manifeste au droit de la défense et une violation du principe des délais raisonnables nécessaires à la coordination entre les membres de l’équipe et à la préparation du dossier ».
Il a affirmé également que le comité de défense, accompagné de membres de l’Ordre régional des avocats, s’était rendu auprès du président de la Cour d’appel pour exprimer son incompréhension et sa protestation contre ce qu’il a qualifié d’« abus manifeste ».
L’avocat a précisé : « Que le dossier de Sonia ait été traité avec une telle célérité ne peut s’expliquer que par le contexte d’une intensification des sanctions à son encontre. Nous avons désormais le sentiment que le rôle de la défense est vidé de sa substance et que les décisions semblent avoir été prises par avance. »
Sonia Dahmani fait l’objet de poursuites dans cinq affaires en application du décret-loi n° 54 de 2022, un texte fréquemment critiqué comme un instrument répressif portant atteinte à la liberté d’expression.
En première instance, elle a été condamnée — dans l’une des affaires — à deux ans de prison ferme, peine ensuite réduite à un an et six mois par la Cour d’appel de Tunis. Parallèlement, la chambre d’accusation de cette même juridiction a confirmé la qualification criminelle des accusations portées contre elle.
La défense a introduit plusieurs requêtes, dénonçant un acharnement judiciaire et estimant que les procédures en cours portent atteinte au droit à un procès équitable.
Des organisations internationales, dont Amnesty International, ont vivement critiqué l’arrestation et le traitement judiciaire de Sonia Dahmani, considérant qu’il s’agit d’une détention arbitraire visant à museler une voix dissidente.

N.J














Commentaire
Citoyen_H
N’EST PAS SARKOSY, QUI VEUT !!!