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« Absurde », « La politique n’est pas un crime » : réactions indignées à la condamnation d’Abir Moussi

Par Sarra Hlaoui

La condamnation, vendredi 12 décembre 2025, de la présidente du Parti destourien libre (PDL), Abir Moussi, à douze ans de prison dans l’affaire dite du « Bureau d’ordre » de la présidence, a suscité une pluie de réactions indignées de la part de figures politiques, syndicales et médiatiques. Beaucoup y voient une affaire éminemment politique visant à neutraliser une opposante de premier plan.

La peine prononcée pour « attentat ayant pour but de changer la forme du gouvernement », intervient plus d’un an après l’interpellation de l’opposante alors qu’elle tentait de déposer un recours au bureau d’ordre de la Présidence de la République.

Le dirigeant politique Mohsen Marzouk a exprimé son « plein soutien » à la présidente du PDL ainsi qu’aux militants du parti, qualifiant la situation de « honte ». Il conclut par un message d’espoir tiré de l’hymne national : « La nuit finira par se dissiper. »

Le président de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH), Bassem Trifi, parle pour sa part de poursuites politiques destinées à « liquider les opposants ». Il rappelle que l’affaire du Bureau d’ordre ne peut, en aucun cas, relever d’un crime contre la sûreté de l’État.

Le blogueur Mehrez Belhassen a fustigé « un verdict d’une sévérité injustifiable », rappelant que Mme Moussi « s’est simplement rendue au bureau d’ordre pour déposer un document ». Il estime que cette décision s’inscrit dans une logique de répression de l’opposition. Il a dénoncé une peine « absurde » et critiquant la qualification juridique retenue. Selon lui, de telles affaires poussent à se demander « qui, du prisonnier ou du juge, préserve davantage la dignité humaine ».

La journaliste Monia Arfaoui a qualifié la peine de « cruelle et disproportionnée », sans fondement juridique solide. Elle rappelle que l’opposition politique n’est pas un crime.

Le coordinateur général du mouvement Soumoud, Houssem Hammi a exprimé sa solidarité avec l’opposante, dénonçant un verdict « injuste » et assurant que « la politique n’est pas un crime ». Il conclut par un message symbolique : « Les chaînes finiront par se briser. », une autre référence à l’hymne national.

Le journaliste Mohamed Yousfi a réagi vivement, estimant que cette affaire marque « la fin de la justice en Tunisie ». Il rappelle que Mme Moussi n’a fait que tenter de déposer des documents administratifs, et qu’elle se retrouve pourtant accusée de « comploter pour changer la forme de l’État ».

Le dirigeant du parti Al Joumhouri, Wissem Sghaier tout en rappelant la virulence des divergences politiques avec Abir Moussi, il a fermement condamné un verdict qu’il juge injuste : « Les droits et libertés ne se divisent pas. Défendre la justice ne doit jamais être conditionné par les différends politiques. » Il met en garde contre la banalisation de l’arbitraire : « Aujourd’hui c’est Abir, demain ce pourrait être n’importe quelle autre voix. Accepter l’injustice contre un adversaire, c’est légitimer une injustice qui pourra frapper tout le monde.  Il conclut en citant Martin Luther King :« L’injustice où qu’elle soit est une menace pour la justice partout ailleurs. »

S.H

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8 commentaires

  1. Fares

    13 décembre 2025 | 21h12

    Le PDL l’a lâché pendant les élections de 2024. Ils s’obstinaient à ne soutenir aucun autre candidat contre le putschiste. On vous la dit, tant que ce #%#=’ est au pouvoir Abir ne sortira pas de prison. Il faut que tous les tunisiens s’unissent contre cette calamité puis demain fera jours.

  2. TOUAGUINE MED B. ALI

    13 décembre 2025 | 19h22

    Peut être elle sera libéré prochainement il est anormal d’emprisonner une cheffe de parti en exercice sans qu’elle commettre aucun crime ni déposer sa candidature de président .

  3. Roberto Di Camerino

    13 décembre 2025 | 14h56

    Une seule conclusion , apres ce simulacre de procês et la flagrante injustice, ce Mr Saied a fait de la Tunisi un Pays de merde.

  4. HatemC

    13 décembre 2025 | 10h51

    Il élimine tout danger sur sa route du pouvoir absolu ce sociopathe …la tunisie de tout âge et niveau social doit se mobiliser pour virer cette chose qui tire le pays vers le bas …ça devient une urgence ….

  5. zaghouan2040

    13 décembre 2025 | 9h30

    C’est une tentative de meutre maquillée en décision de justice

  6. Nahor Guëttam

    13 décembre 2025 | 6h25

    La fuite en avant du khomeiniste Saied et son clan séyyédiste et maoïste hors de l’Histoire annonce déjà la fin de son régime, pour ce qui comprennent profondément les affaires politiques et la leçon plus sûre qu’en se dégage.
    Comment peut confier le destin d’un pays et ses 12 millions de citoyens aux communications hystériques et sadiques à la fois à une sorte de « comité des étudiants elèves de l’Imam »⁉️ Car nous en sommes là: plus de justice indépendante, mais une clique de fous illuminés tel le « petit Goebbels » alias la direction de propagande Jrad sur Facebook, qui procedent, insulte, « instruit » et calomnie (dans un remake ridicule de la « prise révolutionnaire » de l’Ambassade USA en 1979) avec les « communiqués au monde » de la soi-disante ‘révolution’ bouazizienne et séyeddiste du 17 décembre suicidaire…

    La farce est allée trop loin.. Elle est à la fois
    macabre et ridicule.

    Et cela déjà annonce que le virage historique est proche: FIN DU ROBOCOPISME et RETOUR DE LA PATRIE ✊🇹🇳

    HONNEUR à #HabibBourguiba
    #FreeTunisia #FreeDestour #FreeAbirMoussi
    ✊🇹🇳

    • zaghouan2040

      14 décembre 2025 | 4h24

      Bonjour
      Je vous trouve bien optimiste hélas
      Mais Madame Moussi est un vrai leader et une espérance pour une Tunisie viable

  7. Gg

    12 décembre 2025 | 21h40

    La seule chance de Madame Moussi est que Saied quitte le pouvoir. Mais dans dix ans, quinze ans, il sera toujours là.
    Les dictateurs sont ainsi…