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Quatre forces pour rééquilibrer la Tunisie : l’analyse d’Ahmed Souab depuis la prison

Par Raouf Ben Hédi

L’avocat Sami Ben Ghazi a partagé, vendredi 12 décembre 2025, une visite marquante qu’il a rendue au magistrat Ahmed Souab, détenu à la prison de Mornaguia. Dans son témoignage, Sami Ben Ghazi décrit « un homme en bonne santé morale et physique, résolu, dont la vision ne faiblit pas malgré les contraintes de l’emprisonnement ».

Lors de leur échange, Ahmed Souab a partagé sa lecture lucide de la situation nationale, identifiant quatre forces essentielles pour tout changement réel : les jeunes, les femmes, le syndicat et les avocats.

La jeunesse, moteur du changement


Ahmed Souab souligne que les jeunes demeurent la force la plus capable de pression, d’organisation et d’initiative. Leur présence constante est selon lui un facteur déterminant pour rééquilibrer le rapport des forces dans le pays.

Les femmes, voix des droits bafoués


Sur la question des femmes, Ahmed Souab met en lumière la situation dramatique des prisonnières politiques, qu’il considère comme un indicateur profond de la crise des droits humains. Il se réjouit de la libération récente de l’avocate Sonia Dahmani et appelle à intensifier la lutte pour la libération urgente de Sherifa (Riahi), Saadia (Mosbah), Abir (Moussi), Chayma (Issa) et Chadha (Haj Mbarek), ainsi que de toutes les prisonnières d’opinion.

Le syndicat, pilier social


Le magistrat rappelle que l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) reste un pilier fondamental de la sécurité sociale. Il souligne l’importance cruciale de la prochaine grève générale, qu’il considère comme une étape décisive face à la dérive politique et économique actuelle.

Les avocats, défenseurs de la justice


Concernant les avocats, Ahmed Souab dénonce l’arrestation de figures comme Ahmed Nejib Chebbi et Ayachi Hammami. Il appelle à une mobilisation professionnelle collective pour défendre le procès équitable, rejeter les procès politiques et exiger la libération de tous ceux détenus pour leurs opinions ou leurs actes politiques.

« Chaque visite à Ahmed Souab est une expérience forte », selon Sami Ben Ghazi. « Un homme dont la clairvoyance n’est pas éteinte par les murs de la prison, et dont la présence politique s’en trouve renforcée, motivant davantage la résistance et le combat ».
« Fidèle à lui-même, Ahmed Souab a conclu la rencontre par sa célèbre recommandation : « الرّخ لا » — un refus catégorique, un engagement de ne jamais céder », écrit l’avocat.

R.B.H

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9 commentaires

  1. jamel.tazarki

    Répondre
    13 décembre 2025 | 14h04

    Introduction : avec tout le respect que je dois à M. Souab. Il n’est ni Voltaire, ni Rousseau, ni Montesquieu, ni Diderot ou D’Alembert. Pourquoi ? Certes, il a raison de réclamer les droits et les libertés, mais il a toujours négligé de réclamer les garanties constitutionnelles qui nous protègent contre les abus de pouvoir, notamment avant l’arrivée de Kaïs Saïed au pouvoir.
    –>
    Évidemment, les idées des Lumières n’ont pas encore atteint la majorité de nos juristes et politiciens, y compris Kaïs Saïed. Nous passons ainsi d’une dictature à une autre !
    –>
    Il est temps d’éclairer le peuple tunisien (lui inspirer les idées des Lumières), quel que soit son niveau d’éducation, sur l’importance des garanties constitutionnelles pour nous protéger contre les abus de pouvoir. Or, M. Ahmed Souab et ses semblables ne le font pas.
    –>
    Non, monsieur Ahmed Souab, je ne bougerai pas le petit doigt pour remplacer une dictature par une autre. En revanche, je soutiendrai un mouvement en faveur d’un État de droit et de garanties constitutionnelles pour nous protéger contre les abus de pouvoir.
    –>
    Depuis l’indépendance de la Tunisie, aucun juriste ni homme politique n’a songé à nous accorder des garanties constitutionnelles pour nous protéger des abus de pouvoir. Nous sommes passés d’une dictature à une autre, et c’est le peuple qui a payé les pots cassés.
    –>
    Le seul homme politique à avoir encouragé, au cours de la dernière décennie, la création d’un CSM élu et d’une Cour constitutionnelle en Tunisie, c’est Mr. Macron !

    – Je donne quelques exemples de garanties constitutionnelles contre les abus de pouvoir:
    – a1) un Conseil supérieur de la magistrature (CSM) dont les membres sont élus par les magistrats eux-mêmes et non nommés par le président de la République ;
    – a2) une Cour constitutionnelle dont quatre membres sont élus par le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), quatre autres sont nommés par le président de la République et quatre autres sont élus par le Parlement ;
    –>
    – une loi électorale et une constitution intelligentes, justes, non dictées par un clan, efficaces contre les fraudes, ainsi qu’un CSM dont les membres sont élus et non nommés par le président de la République.

    a3) La hiérarchie des normes (ou « pyramide du droit »). Je rappelle que, dans les pays démocratiques, la hiérarchie des textes est la suivante :
    1) la Constitution, protégée par la Cour constitutionnelle ;
    2) les lois ;
    3) les décrets et les arrêtés ;
    4) les circulaires.
    –>
    Or, en Tunisie, cette hiérarchie n’est pas respectée, comme en témoigne la déformation de la loi électorale (« amendement ») à quelques jours de la récente élection présidentielle. De plus, les décrets et arrêtés sont souvent en contradiction avec la constitution de KS.

    – a4) une justice indépendante, avec un CSM élu ;
    a5) Contrôle de constitutionnalité : par une Cour constitutionnelle, afin de vérifier la conformité des lois à la Constitution avant leur promulgation, et ainsi protéger les droits fondamentaux. Mais pour cela, il nous faudrait une constitution intelligente, et non dictée par un clan.
    – a6) Libertés fondamentales : droit à la vie, à la sécurité, à la vie privée, liberté d’expression, de pensée, de conscience, de religion, d’association, etc.
    a7) Les magistrats de la Cour de cassation, qu’ils soient conseillers ou présidents, sont nommés sur proposition du Conseil supérieur de la magistrature (CSM).
    – a8) Égalité devant la loi : principe selon lequel tous les citoyens sont soumis aux mêmes lois.
    – a9) Interdiction de l’arbitraire : l’État ne peut pas agir de manière subjective ou inéquitable.
    – a10) Nécessité d’un CSM élu et d’une Cour constitutionnelle (voir ci-dessus).

    Conclusion : il est important de réclamer les droits et les libertés, mais il ne faut pas non plus négliger de réclamer les garanties constitutionnelles qui les protègent contre les abus de pouvoir. Sinon, nous risquons de remplacer une dictature par une autre!
    –>
    Il est temps d’identifier la cause profonde de nos problèmes socio-économiques, politiques, culturels, judiciaires, constitutionnels, etc., afin de mettre en place des actions correctives permanentes, de documenter les solutions et de privilégier l’analyse approfondie, la communication et la collaboration pour trouver des solutions durables plutôt que des solutions temporaires qui nous font passer d’une dictature à une autre !

    Dr. Jamel Tazarki, Mathématicien

  2. Citoyen_H

    Répondre
    12 décembre 2025 | 20h50

    À CE RYTHME,

    on va finir avec des milliers de candidatures pour les prochaines élections présidentielles !
    Aller, le BAL est ouvert !!!!!

    • Hannibal

      Répondre
      13 décembre 2025 | 15h37

      Oui tous les H ont leur chance, même vous.
      Vous pouvez commencer à rêver…

  3. zaghouan2040

    Répondre
    12 décembre 2025 | 19h51

    Ahmed Souab est un gentleman un intellectuel érudit
    Il n’a peut être pas compris le degré d’ atrocité dont est capable cette voyoucratie

  4. HatemC

    Répondre
    12 décembre 2025 | 18h51

    Le président Kaïs Saïed devrait avoir honte.
    Honte d’avoir ramené la Tunisie un demi-siècle en arrière.
    Honte d’avoir transformé la justice en instrument de vengeance.
    Honte d’emprisonner les figures politiques, les avocats, les journalistes, les militantes, simplement parce qu’ils refusent de se taire.

    Ce n’est plus du “resserrement de vis” :
    c’est une dérive autoritaire assumée, un pouvoir qui criminalise la parole, étouffe l’opposition, et humilie des citoyens dont le seul crime est d’aimer ce pays plus que lui.

    Un président qui met en prison ceux qui pensent, et en scène ceux qui applaudissent, n’élève jamais la nation :
    il l’éteint … HC

    • zaghouan2040

      Répondre
      12 décembre 2025 | 19h52

      Il est peu probable que Saed soit saisi de honte et ou de remords
      C’est à cela dont il faire acte

  5. HatemC

    Répondre
    12 décembre 2025 | 18h46

    Une figure à contre-courant

    Dans un paysage politique usé, conflictuel, et discrédité, Souab est l’une des rares voix perçues comme :
    – indépendante,
    – juridiquement solide,
    – cohérente dans le temps,
    – et prête à payer le prix de ses positions.
    Dans une Tunisie où les carrières politiques sont entachées d’opportunisme, cela crée un contraste saisissant.

    La grille de lecture d’Ahmed Souab est cohérente, lucide et historiquement fondée :
    Les grandes transitions tunisiennes (1956, 2011, 2013…) se sont toujours jouées autour de coalitions sociales organisées, jamais autour d’un dirigeant solitaire.
    Les quatre forces qu’il identifie — JEUNES, FEMMES, SYNDICAT, AVOCATS — correspondent effectivement aux seuls acteurs capables de pression structurée dans un contexte d’État verrouillé.

    Oui, Ahmed Souab a raison — mais ces quatre forces ne suffisent que si elles convergent

    Isolées, ces forces résistent.
    Ensemble, elles changent l’histoire.

    Aujourd’hui, la Tunisie n’a ni parti structuré, ni élite politique renouvelée, ni vision économique.
    La seule alternative réaliste à court ou moyen terme est effectivement une coalition sociale composée de :
    – la rue (jeunes)
    – la dignité et la légitimité morale (femmes)
    – la pression sociale (UGTT)
    – la résistance juridique (avocats)

    C’est une lecture politique correcte, cohérente et solide, surtout venant d’un magistrat qui voit la dérive “de l’intérieur” ….

    le Renouveau de la Classe Politique passe peut être par Ahmed Souab … l’ancienne n’est plus crédible … HC

  6. Tunisino

    Répondre
    12 décembre 2025 | 18h33

    Oui, un langage littéraire illettré: Jeunesse, femmes, Ugtt, et avocats! Où sont les ingénieurs et les médecins? Où sont les journalistes et les medias? Où sont les hommes d’affaires qui créent de la richesse? Où est le simple citoyen qui est le moteur de l’économie? Ah, l’argent, on ne se rappelle de l’argent que lorsqu’on doit être payé, d’où vient ou comment, c’est l’affaire des autres! Où est le développement du pays dans tout cette tempête? Comment lutter pour les libertés sans lutter pour le développement, responsable de la qualité de vie des citoyens, manger et boire de la liberté ne fait pas vivre! Les littéraires irresponsables doivent se rétracter du paysage une fois pour toute, ils le savent, ils sont le plus faible produit des machines éducative et professionnelle, ils ont fait assez de mal aux tunisiens depuis 1956.

  7. ZARZOUMIA

    Répondre
    12 décembre 2025 | 17h52

    LE CHANGEMENT RÉEL est d’éloigner au maximum les syndicats , les avocats et les morfales de la politique et du destin de l’état .

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