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Une photo prétend montrer l’extradition de Seïf Eddine Makhlouf… mais elle est générée par IA

Par Rabeb Aloui

Depuis l’annonce officielle de la mise en détention de Seïf Eddine Makhlouf, une photo a largement circulé sur les réseaux sociaux, prétendant montrer l’ancien député au moment de son extradition de l’Algérie vers la Tunisie.

Rapidement relayée par de nombreuses pages et accompagnée de commentaires affirmatifs, l’image a renforcé l’idée qu’elle constituerait une preuve visuelle directe de cette opération.

Il est important de rappeler d’emblée que l’information concernant l’extradition et l’incarcération de Seïf Eddine Makhlouf est, elle, avérée. La justice tunisienne a décidé de placer en détention l’ancien député, qui faisait l’objet de plusieurs avis de recherche en lien avec des jugements rendus par le Tribunal de première instance de Tunis et la Cour d’appel de Tunis. Selon une source judiciaire citée par l’agence TAP, cette mesure, annoncée le dimanche 18 janvier 2026, s’inscrit dans le cadre de l’exécution de condamnations devenues définitives.

Des sources proches des cercles du pouvoir ont par ailleurs indiqué que Seïf Eddine Makhlouf a été récemment remis aux autorités tunisiennes par les autorités algériennes, même si les modalités exactes de cette remise n’ont pas été officiellement détaillées à ce stade.

Dans ce contexte, l’image diffusée en ligne montre un homme menotté, encadré par des agents de sécurité, présenté comme Seïf Eddine Makhlouf au moment de son transfert. Or, notre analyse indique que cette photographie ne correspond pas à une scène réelle documentée, mais qu’elle a été générée artificiellement.

Plusieurs éléments visuels soulèvent des incohérences typiques des images produites par intelligence artificielle. Les traits du visage apparaissent anormalement lissés, certaines proportions corporelles sont imprécises, et des détails comme les mains, les insignes ou les ombres ne respectent pas une logique photographique cohérente. La texture de l’image, ainsi que la lumière uniforme et peu naturelle, renforcent également l’hypothèse d’une fabrication numérique. L’outil de détection Is It AI a, lui aussi, relevé des anomalies compatibles avec une image synthétique.

En l’absence de toute diffusion officielle de clichés de l’extradition par les autorités tunisiennes ou algériennes, et au regard de ces éléments, rien ne permet d’affirmer que cette photo provient d’une source journalistique ou institutionnelle fiable. Au contraire, les indices techniques convergent vers une production artificielle, destinée à donner une apparence de réalisme à un événement bien réel, mais non documenté publiquement par l’image.

Il convient également de rappeler le contexte judiciaire de l’affaire. Le Tribunal de première instance de Tunis a condamné, le 13 janvier 2026, par contumace, Seïf Eddine Makhlouf à cinq ans de prison avec exécution immédiate pour atteinte à la sûreté de l’État, sur la base de plusieurs chefs d’accusation liés à des crimes portant atteinte à la sécurité nationale.

Interpellé en juin 2024 à l’aéroport d’Annaba, en Algérie, alors qu’il tentait de se rendre à Istanbul puis à Doha, Seïf Eddine Makhlouf faisait alors l’objet de poursuites pour entrée illégale sur le territoire algérien et pour détention de documents de voyage falsifiés. La question de son extradition était, depuis, restée liée aux accords bilatéraux et aux procédures judiciaires entre les deux pays.

🟠 Trompeur

Si l’extradition et la détention de Seïf Eddine Makhlouf reposent sur des faits avérés, la photo virale censée illustrer cet événement est trompeuse. Elle a été générée par intelligence artificielle et ne constitue en aucun cas une preuve visuelle authentique de son transfert.

R.A.

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Commentaire

  1. ZARZOUMIA

    19 janvier 2026 | 19h58

    l’IA , fera tourner en bourique beaucoup beaucoup de monde .