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Gabès : l’audience sur la suspension des unités polluantes du GCT reportée au 12 février 2026

Photo de Yassine Gaidi / Agence Anadolu / Anadolu via AFP

Par Imen Nouira

Le dossier concernant la suspension de la production des unités polluantes du Groupe chimique tunisien (GCT) à Gabès continue de susciter une attention nationale.

Un référé pour protéger la santé publique

L’examen de l’affaire en référé a été reporté au 12 février 2026, a annoncé, jeudi 22 janvier 2026, le collectif « Stop Pollution »

Le barreau régional de Gabès avait saisi le tribunal dans le cadre d’une procédure d’urgence pour demander la suspension de l’activité des unités industrielles identifiées comme sources de pollution, considérées comme dangereuses pour la santé publique. Les avocats mettent en avant la détérioration technique des installations et la production d’émissions gazeuses nocives.

Impact sur les populations et manifestations

Depuis plusieurs semaines, les habitants de Gabès signalent des émanations de gaz suffocantes provenant du GCT, affectant l’ensemble de la population. Les enfants sont particulièrement exposés, notamment au collège de Chatt Essalem, déjà confronté à plusieurs incidents d’intoxication. Ces derniers ont nécessité des prises en charge dans les écoles et les hôpitaux pour difficultés respiratoires.

Les organisations de la société civile dénoncent un « écocide silencieux », accusant l’État de ne pas avoir respecté ses promesses de mise aux normes ou de fermeture des unités les plus dangereuses. L’inquiétude de la population s’est traduite par des manifestations répétées, dont une grève générale régionale le 21 octobre 2025, qui a mobilisé entre 40.000 et 45.000 citoyens devant le siège de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) à Gabès. Les manifestants réclament un « air sain », dénoncent les atteintes à la santé publique et demandent le « démantèlement des unités polluantes ».

Enjeux économiques et solutions envisagées

Pour Houcine Rhili, expert en développement et en ressources hydrauliques, la crise environnementale à Gabès est particulièrement complexe. La région dépend économiquement du GCT, mais subit des « impacts environnementaux et sanitaires majeurs ». Selon lui, « la réhabilitation du golfe de Gabès des émissions et rejets de produits chimiques polluants provenant des unités industrielles du GCT prendra près de 150 ans ».

L’expert souligne que « la déconstruction d’une seule unité coûterait cinq milliards de dinars », alors que le complexe compte « treize unités productrices de phosphogypse et de phosphate polluants ». Les finances du GCT ne permettent pas de réhabiliter l’ensemble des installations. Pour M. Rhili, « la solution relève à la fois d’une décision politique et d’un investissement dans des techniques de réduction de la pollution ». Il précise que « 80 % des unités nécessitent une réhabilitation », ce qui pose la question de « l’avenir du phosphate en Tunisie », secteur dont dépendent également « sept à huit sociétés industrielles privées ».

La tension sociale et environnementale à Gabès met en lumière un conflit majeur entre développement économique et protection de l’environnement. Les habitants, soutenus par des experts et des associations de la société civile, réclament des mesures concrètes et immédiates pour protéger la santé publique et garantir un avenir viable à la région.

I.N.

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2 commentaires

  1. direction

    Répondre
    22 janvier 2026 | 17h03

    C’est la politique du pourrissement de la situation et de la fatigue des citoyens qui est en place. On mise sur l’essoufflement du mouvement pour mieux exploiter le site ultérieurement. C’est une action en référé et cela veut bien dire en URGENCE..

  2. Gg

    Répondre
    22 janvier 2026 | 15h28

    Un site chimique de cette importance doit être entretenu au jour le jour, continuellement.
    Sinon voilà…
    Attendre encore conduit tout droit à la fermeture définitive. Ce serait le moment d’en appeler à la solidarité internationale. BERD etc…
    Il y a sûrement des solutions.

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