Une pétition citoyenne publiée le 2 février 2026 tire la sonnette d’alarme sur la dégradation continue de la liberté de la presse et de l’indépendance des médias en Tunisie depuis le 25 juillet 2021. Les signataires dénoncent des tentatives répétées de mise au pas du secteur médiatique et une volonté manifeste de le transformer en relais de communication du pouvoir exécutif.
Le texte évoque notamment les interventions directes du chef du pouvoir exécutif dans le fonctionnement et les lignes éditoriales des médias publics, en violation du principe de neutralité du service public. Les auteurs de la pétition pointent également le gel de la Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle (Haica) et le non-respect des dispositions du décret-loi 116 dans la nomination des responsables des médias audiovisuels publics.
La pétition met aussi en lumière la pression judiciaire croissante exercée sur les journalistes, les propriétaires de médias, les blogueurs et les acteurs de la société civile, à travers l’usage du décret-loi 54 et d’autres textes juridiques qualifiés de liberticides. Ces poursuites, selon les signataires, visent à instaurer un climat de peur, à encourager l’autocensure et à restreindre l’accès des citoyens à une information pluraliste et fiable.
Les initiateurs de cette démarche dénoncent par ailleurs la précarisation du secteur journalistique, l’entrave à la délivrance de la carte professionnelle et le refus d’appliquer des décisions judiciaires définitives relatives aux droits des journalistes, autant de pratiques qu’ils considèrent comme des moyens de contrôle indirect du contenu médiatique.
À travers cette pétition, les signataires — au nombre de 160, parmi lesquels figurent des intellectuels et des journalistes tunisiens —appellent à l’abrogation du décret-loi 54, à la fin de l’ingérence du pouvoir exécutif dans les médias, à la réactivation des instances de régulation indépendantes et au respect des principes démocratiques et de l’État de droit. Ils annoncent également leur intention de coordonner une mobilisation nationale en défense de médias publics neutres et professionnels et du droit des journalistes à exercer leur métier en toute liberté et indépendance.

S.F










