Le doyen des juges d’instruction près le Tribunal de première instance de Tunis a ordonné, jeudi 5 février 2026, l’émission d’un mandat de dépôt à l’encontre de l’avocat et ancien député du parti Al Karama, Seïfeddine Makhlouf, tout en décidant de reporter son audition au mois de mars prochain, selon des sources judiciaires.
Présentation devant le juge, mandat de dépôt et audition reportée
Cette décision est intervenue à l’issue de la présentation de Seïfeddine Makhlouf devant le doyen des juges d’instruction, dans le cadre d’une affaire liée à des faits présumés de falsification lors de l’usage d’un passeport pour quitter le territoire tunisien. Il a été amené le même jour depuis son lieu de détention, où il se trouvait déjà incarcéré en vertu de jugements rendus par contumace.
D’après les éléments communiqués par la source judiciaire, les avocats de Seïfeddine Makhlouf ont sollicité un report de l’audition, invoquant la nécessité de préparer la défense. Le doyen des juges d’instruction a accédé à cette demande en fixant celle-ci à une date ultérieure, au mois de mars prochain.
Parallèlement au report, le magistrat instructeur a décidé d’émettre un mandat de dépôt à l’encontre de Seïfeddine Makhlouf, ordonnant ainsi son maintien en détention dans le cadre de la procédure en cours relative à l’affaire de falsification présumée.
Un contexte judiciaire particulièrement lourd
Ce nouveau développement intervient dans un contexte judiciaire complexe pour l’ancien parlementaire, qui fait face à plusieurs dossiers pendants devant les juridictions tunisiennes, aussi bien en première instance qu’en appel. Les autorités judiciaires estiment que les conditions légales sont réunies pour justifier son maintien en détention, compte tenu de la gravité des faits reprochés et de l’existence de décisions judiciaires antérieures devenues exécutoires.
Interpellation en Algérie, détention et extradition vers la Tunisie
On rappelle que Seïfeddine Makhlouf a été extradé par l’Algérie dans la nuit du samedi 17 au dimanche 18 janvier 2026, alors qu’il s’apprêtait à quitter le territoire algérien à destination de Londres.
À son arrivée en Tunisie, la justice a décidé de le placer en détention, dans la mesure où il faisait l’objet de plusieurs avis de recherche, en lien avec des jugements rendus à son encontre par le Tribunal de première instance de Tunis ainsi que par la Cour d’appel de Tunis, selon des révélations faites le dimanche 18 janvier 2026 par des sources judiciaires.
Selon ces mêmes sources, la décision d’interpellation et de maintien en détention s’inscrivait dans le cadre de l’exécution de condamnations judiciaires devenues définitives.
Ce n’était pas la première fois que Seïfeddine Makhlouf faisait l’objet de poursuites en Algérie. Il avait déjà été interpellé en juin 2024 à l’aéroport d’Annaba, alors qu’il tentait de se rendre à Istanbul puis à Doha. Il était alors poursuivi pour entrée illégale sur le territoire algérien et pour détention de documents de voyage falsifiés.
À l’époque, la question de son extradition vers la Tunisie était restée suspendue aux accords bilatéraux et aux procédures judiciaires en vigueur entre les deux pays.
Condamnation par contumace pour atteinte à la sûreté de l’État
Par ailleurs, le mardi 13 janvier 2026, le Tribunal de première instance de Tunis avait condamné par contumace Seïfeddine Makhlouf à cinq ans de prison avec exécution immédiate pour atteinte à la sûreté de l’État, selon des sources judiciaires citées le mercredi 14 janvier 2026.
La juridiction avait retenu plusieurs chefs d’accusation relevant de crimes portant atteinte à la sécurité de l’État, malgré l’absence de l’accusé lors du procès.
Parcours politique et soutien à Kaïs Saïed
Candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2019, Seïfeddine Makhlouf avait été éliminé dès le premier tour. Il avait toutefois apporté son soutien, au second tour, au candidat Kaïs Saïed, aujourd’hui président de la République.
I.N.












