Le comité de défense d’Abir Moussi a annoncé, dans un communiqué publié jeudi 5 mars 2026, que le Comité des droits de l’homme des parlementaires de l’Union interparlementaire (UIP) a appelé à la libération de la présidente du Parti destourien libre (PDL).
Selon la défense, cette décision a été adoptée lors de la 179e session du comité tenue à Genève du 2 au 18 février 2026, après examen des derniers développements de la situation judiciaire d’Abir Moussi et des jugements prononcés à son encontre, notamment la condamnation à douze ans de prison dans l’affaire dite du « bureau d’ordre ».
Une condamnation critiquée
D’après le communiqué, le comité de l’UIP a exprimé sa condamnation du jugement « sévère et injustifié » prononcé en première instance dans cette affaire, fondé sur l’article 72 du Code pénal relatif à l’atteinte visant à changer la forme de l’État, à inciter les habitants à s’attaquer les uns aux autres avec des armes et à provoquer le trouble sur le territoire tunisien.
La défense indique également que le comité a critiqué les autres condamnations prononcées contre Abir Moussi, estimant qu’elles sont liées à ses prises de position critiques à l’égard du processus électoral législatif et du fonctionnement de l’Instance électorale.
Le comité aurait, par ailleurs, exprimé sa préoccupation face au fait que la dirigeante politique ait fait l’objet de trois condamnations en deux ans dans des affaires liées à la liberté d’expression, rappelant que celle-ci constitue l’un des fondements essentiels d’une société démocratique et qu’elle protège également les propos pouvant être jugés dérangeants ou choquants.
Appel à sa libération
Toujours selon la défense, le comité a également déploré l’absence d’informations détaillées communiquées par les autorités tunisiennes concernant la situation d’Abir Moussi, tout en évoquant le rôle du Parlement dans le contrôle du respect des garanties d’un procès équitable.
Le comité aurait en outre soutenu les conclusions du Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire, qui avait estimé que la détention d’Abir Moussi était illégale et appelé à sa libération.
Le comité de défense a enfin appelé l’État tunisien à respecter ses engagements internationaux et les décisions des instances internationales auxquelles la Tunisie est partie.
La quatrième chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis avait condamné, en décembre 2025, Abir Moussi à douze ans de prison dans l’affaire dite du « bureau d’ordre de la présidence de la République ». Dans le même dossier, la dirigeante du parti Mariem Sassi, poursuivie en état de liberté, avait été condamnée à deux ans d’emprisonnement.
Abir Moussi avait été arrêtée le 3 octobre 2023 alors qu’elle se trouvait au bureau d’ordre de la présidence de la République pour déposer des recours contre des décrets présidentiels.
Plus récemment, la chambre criminelle près la Cour d’appel de Tunis a décidé, le 3 mars 2026, de reporter l’examen de l’affaire au 13 mars courant, tout en rejetant la demande de mise en liberté présentée par la défense.
M.B.Z












