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Bilel Mechri fustige Brahim Bouderbala et dénonce un dîner aux frais du peuple pour passer des « messages politiques »

Par Nadya Jennene

Le député Bilel Mechri a vivement critiqué le président de l’Assemblée des représentants du peuple, Brahim Bouderbala, à la suite d’une invitation adressée aux parlementaires pour un dîner de rupture du jeûne organisé dans un hôtel de la capitale. « Celui qui n’éprouve aucune honte peut se permettre tout ce qu’il veut… Brahim Bouderbala en est, hélas, l’exemple », a-t-il écrit d’emblée, dans un statut publié samedi 7 mars 2026 sur Facebook. 

Le député a expliqué avoir reçu un appel téléphonique de l’administration du Parlement l’informant que le président de l’Assemblée organise, le 10 mars, un iftar dans un hôtel situé au Lac de Tunis, « en l’honneur du président du Parlement ». Interrogé sur sa participation, Bilel Mechri a affirmé avoir répondu en s’interrogeant sur « la signification même du mot honneur », refusant de donner une réponse par oui ou par non.

Dans sa publication, le parlementaire a dénoncé l’organisation d’un tel événement dans un contexte qu’il a qualifié de « douloureux », rappelant que le député Ahmed Saïdani a entamé une grève de la faim le 4 mars. Il estime également que la tenue d’un iftar dans un hôtel de luxe, financé selon lui par les contribuables, intervient alors que de nombreux Tunisiens font face à une hausse du coût de la vie.

Le député a par ailleurs formulé de graves accusations à l’encontre du président du Parlement, lui reprochant d’être aux ordres la ministre de la Justice Leila Jaffel, qu’il n’a toutefois pas nommée explicitement dans son message. 

Selon lui, l’organisation de ce dîner serait destinée à adresser des « messages politiques » aux députés. « Naturellement, tout cela s’inscrit dans l’exécution des instructions de la ministre dont Bouderbala redoute l’autorité. L’objectif est de faire passer plusieurs messages, dont le principal serait : si vous souhaitez bénéficier du luxe et de l’aisance, mangez, profitez et gardez le silence. Mais si vous choisissez la voie de la vérité et la défense du peuple et de l’intérêt national, vous serez humiliés et la porte de la prison vous sera ouverte », a-t-il écrit. 

Dans son statut, Bilel Mechri affirme également que l’arrestation du député Ahmed Saïdani constituerait, selon lui, une violation de la Constitution et des procédures judiciaires, accusant la présidence du Parlement de « complicité » dans cette affaire. « Brahim Bouderbala, après avoir renoncé à son rôle de président de l’Assemblée des représentants du peuple pour se transformer en ministre chargé de la législation, a ensuite renoncé à cette fonction pour devenir un simple exécutant au service d’une ministre. Il poursuit aujourd’hui cette logique de connivence, après avoir déjà collaboré avec elle dans l’arrestation du député Ahmed Saïdani, en violation flagrante de la Constitution, du Code de procédure pénale et de l’ensemble des lois en vigueur. »

Le député a conclu sa publication en affirmant qu’il poursuivrait son engagement politique, notamment sur les questions de souveraineté énergétique, alimentaire et nationale, tout en dénonçant ce qu’il qualifie de pressions et d’intimidations visant certains élus. « Ni l’intimidation ni les tentatives de corruption ne nous feront reculer. Nous continuerons à défendre notre peuple et notre patrie. Les dossiers relatifs à la souveraineté énergétique, à la souveraineté alimentaire et à la souveraineté nationale ne seront pas abandonnés », a-t-il souligné avant de conclure : « Quant à cet iftar, seuls des individus dépourvus de dignité s’y rendront. »

N.J

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5 commentaires

  1. jamel.tazarki

    Répondre
    8 mars 2026 | 17h22

    Culture générale :
    – les Tunisiens doivent enfin comprendre que c’est le pouvoir législatif (c’est-à-dire le Parlement) qui contrôle le pouvoir exécutif (c’est-à-dire le président de la République et le gouvernement). Et non pas l’inverse comme en Tunisie!
    – Et qui contrôle le Parlement ? Oui, c’est la Cour constitutionnelle que Kais Saied nous refuse !

    Fazit: La Tunisie a urgemment besoin d’un État de droit !

  2. Citoyen_H

    Répondre
    8 mars 2026 | 17h21

    BON SANG,

    quand est-ce qu’un dress code sera imposé par le gouvernement aux élus et aux administrés ???
    Il y en a marre de la médiocrité, du laisser aller et de la négligence !!!
    La bar’wita a tout saccagé sur son passage.
    Les gardiens d’étable et d’écuries ont tout détruits.
    Le seul plan qu’ils améliorèrent, avec leur venue, c’est la mizirya et le t’gou3ir.

  3. jamel.tazarki

    Répondre
    8 mars 2026 | 8h37

    Introduction: Le danger survient lorsque le pouvoir exécutif, comme c’est le cas actuellement en Tunisie, a la mainmise sur le pouvoir législatif, qui se soumet par peur ou par opportunisme.

    –>
    Cette affirmation décrit une situation de déséquilibre institutionnel grave, souvent qualifiée de « fuite en avant » de l’exécutif ou de crise de la démocratie. Lorsque le pouvoir législatif (Parlement) abdique ses fonctions de contrôle et de législation face à un exécutif (président, gouvernement) trop “fort”, les mécanismes de séparation des pouvoirs s’effondrent, ouvrant la voie à la tyrannie ou à l’autoritarisme.

    1. Les causes de la soumission du législatif
    • La peur : Elle peut être motivée par de représailles politiques, ou de la pression de l’opinion publique manipulée par l’exécutif.
    • L’opportunisme : Lorsque le parlement détient une majorité disciplinée / aveuglée, les parlementaires peuvent préférer soutenir aveuglément l’exécutif pour obtenir des postes, des avantages ou favoriser leur réélection, plutôt que d’exercer leur rôle de contre-pouvoir.
    • Les procédures d’exception : Des mécanismes constitutionnels d’une constittion (écrite sur mesure pour cela) peuvent permettre à l’exécutif de forcer l’adoption de lois sans vote, réduisant le Parlement à une chambre d’enregistrement. 

    2. Les conséquences du déséquilibre
    • Fin de la séparation des pouvoirs : L’accumulation des pouvoirs (législatifs et exécutifs) entre les mêmes mains est, selon la théorie classique, la définition même de la tyrannie.
    • Démocratie en recul : La légitimité démocratique est érodée lorsque le Parlement ne représente plus qu’une chambre d’enregistrement des désirs de l’exécutif.
    • Absence de contrôle : Sans un législatif fort, l’exécutif peut décider seul, empiéter sur les libertés individuelles et détourner les ressources de l’État à des fins partisanes. 

    3. Les risques pour l’État de droit
    • Lois inconstitutionnelles : Le contrôle de constitutionnalité devient le dernier rempart, mais il peut être affaibli si l’exécutif contrôle les nominations des juges ( c’est le cas actuellement en Tunisie).
    • Régression démocratique : La concentration du pouvoir conduit souvent à une « dérive populiste » où l’exécutif prétend incarner seul la volonté du peuple contre les institutions, menaçant l’État de droit ( c’est le cas actuellement en Tunisie).

    Fazit: la soumission du législatif par peur ou opportunisme transforme une démocratie libérale en un régime de concentration du pouvoir, augmentant le risque de dérives autoritaires.

    @Mr. Bilel Mechri: Courage !

    Dr. Jamel Tazarki, Mathématicien

    PS: Je vous propose de voir la photo de l’article de Business News TN du 6 mars à 08.14:
    https://businessnews.com.tn/2026/03/06/kais-saied-reunit-
    les-presidents-des-deux-chambres-et-appelle-a-des-realisations-
    concretes-pour-les-tunisiens/1390983/

    –>
    Et de voir ainsi la position de soumission du président de « notre » Assemblée des représentants du peuple et du président du soi-disant Conseil national des régions et des districts face à l’exécutif. Comme deux petits écoliers à l’école primaire face à un instituteur, les mains sur les cuisses, avec un air que je préfère ne pas décrire ! Quelle honte !

    • jamel.tazarki

      Répondre
      8 mars 2026 | 12h19

      Étienne de La Boétie, Discours de la servitude volontaire. Un livre qu’il faut absolument lire!

      Je cite Étienne de La Boétie :
      – « Pourquoi donnons-nous aux dictateurs la participation qu’ils exigent de nous (du peuple) ? Nous sommes des victimes actives au profit du dictateur. »
      – Ce ne sont pas seulement les dominants qui cherchent à dominer, mais aussi de nombreux dominés qui recherchent un dominant.
      – Les dominés sont eux-mêmes responsables de la domination qu’ils subissent.
      – Un rapport de domination ne se crée pas tout seul : il faut être deux pour qu’il existe (un dominant et des dominés). Aucun dictateur n’est le seul responsable de son pouvoir.

      Je cite Etienne de La Boétie: « Quel malheur est celui-là? Quel vice, ou plutôt quel malheureux vice? Voir un nombre infini de personnes non pas obéir, mais servir; non pas être gouvernés, mais tyrannisés; n’ayant ni biens ni parents, femmes ni enfants, ni leur vie même qui soit à eux! Souffrir […] les cruautés, non pas d’une armée, non pas d’un camp barbare contre lequel il faudrait défendre son sang et sa vie devant, mais d’un seul; non pas d’un Hercule ni d’un Samson, mais d’un seul… et le plus souvent le plus …. de la nation; […] Appellerons-nous cela lâcheté? dirons-nous que ceux qui servent soient couards et recrus? Si deux, si trois, si quatre ne se défendent d’un, cela est étrange, mais toutefois possible; bien pourra-l’on dire, à bon droit, que c’est faute de coeur. Mais si cent, si mille endurent d’un seul, ne dira-l’on pas qu’ils ne veulent point, non qu’ils n’osent pas se prendre à lui, et que c’est non couardise, mais plutôt mépris ou dédain? Si l’on voit, non pas cent, non pas mille hommes, mais […] des millions d’hommes, n’assaillir pas un seul, duquel le mieux traité de tous en reçoit ce mal d’être serf et esclave, comment pourrons-nous nommer cela » Fin de la citation

      –>
      Ce vice sans nom, Étienne de La Boétie l’a appelé « servitude volontaire ».

      Il ne fait en réalité que nous rappeler notre rôle d’acteurs dans l’histoire. C’est le peuple qui a créé le tyran ; le peuple est l’acteur de cette relation entre dominants et dominés. Ce que le peuple a construit par lui-même, il pourrait aussi le déconstruire et le défaire. Le peuple devrait donc cesser d’agir contre lui-même.

      –>
      Etienne de La Boétie se demande ainsi pourquoi nous accordons au dictateur la participation qu’il exige de nous. Nous sommes des victimes actives au profit du dictateur.

      Il écrit : « Ce maître n’a pourtant que deux yeux, deux mains, un corps, et rien de plus que n’a le dernier des habitants du nombre infini de nos villes. Ce qu’il a de plus, ce sont les moyens que vous lui fournissez pour vous détruire. D’où tire-t-il tous ces yeux qui vous épient, si ce n’est de vous? Comment a-t-il tant de mains pour vous frapper, si ce n’est en les empruntant à vous-mêmes ? A-t-il un pouvoir sur vous qui ne vienne pas de vous-mêmes? »

      Je reviens au cas de la Tunisie:
      La solution ne consiste pas à se libérer d’une dictature pour en subir une autre, mais à instaurer un État de droit afin de limiter l’abus de pouvoir de quiconque voudrait conquérir Carthage, d’une façon ou d’une autre.
      –>
      C’est l’absence d’un État de droit qui a provoqué l’échec de la révolution des Jasmins, qui sent la misère plus que le jasmin.
      –>
      Il est temps de combattre le tyran intérieur qui est en nous, c’est-à-dire de comprendre comment nous avons intériorisé la tyrannie et comment nous la servons de notre plein gré. C’est seulement ainsi que l’on pourra mettre fin à la servitude volontaire sous une dictature abusive pour passer à une obéissance volontaire au sein d’un État de droit.
      –>
      Vous voyez la différence entre « servitude volontaire d’une dictature » et obéissance volontaire à un État de droit où notre bonne conscience nous incite à obéir pour le bien commun. (Sur ce point, je diverge de la définition d’« obéissance volontaire » d’Étienne de La Boétie).

      –>
      « A partir du moment que chacun de nous n’obéit qu’à sa conscience [pour un Etat de droit], le dictateur serait totalement désemparé / désorienté car il finit par se rendre compte que le peuple l’ignore et se dépasse de lui par son abstention entre autres aux élections [comme à Bizerte] et par le fait qu’il ne consente plus à sa servitude volontaire. Il ne faudrait rien ôter au dictateur mais ne lui rien donner. » d’après Etienne de La Boétie
      –>
      Je cite: « la liberté ne découle pas de la révolte active, mais plutôt de la cessation de la soumission volontaire. »
      –>
      Ce qui signifie que la voie vers un État de droit exige de faire preuve d’indifférence, voire d’abstention, face à la dictature.
      –>
      L’abstention est un moyen de ne pas se rendre complice de la servitude que la dictature exige du peuple. C’est l’action la plus radicale pour ne pas se rendre complice de la dictature, et en particulier pour ne pas la légitimer.

      Selon La Boétie, la servitude volontaire des tyrans est une dénaturation de l’être humain, car les êtres humains ne se laissent asservir que parce qu’ils oublient, à force de soumission, qu’ils sont avant tout des êtres libres. oui, c’est le mal de 99% des Tunisiens.

      Dr. Jamel Tazarki, Mathématicien

  4. Mhammed Ben Hassine

    Répondre
    7 mars 2026 | 21h01

    Une toute petite question
    Dans quelle rubrique du plan comptable de ARP les charges de ce diner iftar sera comptabilisé.

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