Le spectre de 2022 refait surface. Mais cette fois, il pourrait frapper plus fort.
Alors que le baril de Brent dépasse les 107 dollars, jeudi 19 mars 2026, porté par une escalade militaire majeure entre les États-Unis, Israël et l’Iran, les marchés pétroliers s’affolent et les économies importatrices retiennent leur souffle. La Tunisie, elle, observe avec inquiétude une crise qu’elle ne contrôle pas… mais dont elle subira de plein fouet les répercussions.
Une guerre qui s’invite dans les prix
La hausse actuelle des prix du pétrole ne relève plus d’un simple déséquilibre offre-demande. Elle est désormais dictée par la guerre.
Les frappes visant des installations pétrolières et gazières en Iran et dans les pays du Golfe, les menaces sur la sécurité du détroit d’Ormuz — par où transite une part essentielle du pétrole mondial — et le risque d’un embrasement régional généralisé ont propulsé les cours dans une spirale haussière.
Chaque missile tiré fait grimper le baril. Chaque tension en mer fait trembler les marchés.
Un air de déjà-vu… en plus dangereux
L’économiste Aram Belhadj tire la sonnette d’alarme. Dans une récente analyse, il met en garde contre un retour à un scénario déjà vécu : celui de 2022, lorsque la guerre en Ukraine avait déclenché une flambée brutale des hydrocarbures. À l’époque, la facture avait été lourde pour la Tunisie.
Le budget de compensation avait explosé, avec près de 5 milliards de dinars supplémentaires par rapport aux prévisions de la loi de finances. Une dérive massive, absorbée tant bien que mal par des finances publiques déjà sous tension.
Mais aujourd’hui, prévient l’expert, les conditions sont réunies pour un choc encore plus violent.
Une économie fragilisée face à un choc externe
Car la Tunisie n’est plus celle de 2022. L’inflation est déjà installée, érodant le pouvoir d’achat. Les marges budgétaires sont réduites à peau de chagrin. Les équilibres financiers sont plus dégradés que jamais.
Autrement dit, le pays aborde cette nouvelle flambée énergétique en position de faiblesse.
Et chaque dollar supplémentaire sur le baril risque de se transformer en pression immédiate sur les caisses de l’État.
Une bombe à retardement pour les finances publiques
Si les tensions persistent — ou s’aggravent — les conséquences pourraient être rapides et lourdes :
- une nouvelle explosion du budget de compensation
- un creusement du déficit public
- des tensions accrues sur les prix à la pompe
- un impact direct sur le coût de la vie
Le parallèle avec 2022 est évident. Mais cette fois, les amortisseurs semblent beaucoup plus usés.
Entre alerte et impuissance
Sans verser dans l’alarmisme, Aram Belhadj appelle à la vigilance. Mais derrière cette prudence se dessine une réalité plus brutale : la Tunisie reste dépendante de facteurs extérieurs qu’elle ne maîtrise pas.
Et dans un monde où les conflits redessinent les équilibres énergétiques en temps réel, chaque crise internationale devient une menace directe pour sa stabilité économique.

S.H











Commentaire
Judili58
En tant « qu ‘expert » Mr Belga aurait dû être un peu plus didactique et ne pas réduire la flambée des prix du pétrole au seul impact sur le budget de compensation. L’augmentation du prix du pétrole entraîne une augmentation de nos besoins en devises pour financer nos achats en hydrocarbures. Ceci est la première pression et cela n’a rien à voir avec la compensation. Pour cette dernière l’état impute diverses taxes sur les hydrocarbures et le solde pour l’état entre la « compensation » et les recettes fiscales générées par les taxes sur les produits pétroliers es largement positif.En clair ce que l’état donne d’une main il le reprend largement de l’autre main. Nous avons suffisamment de marge pour ne pas répercuter la totalité de la hausse du prix du pétrole. Pour ce qui est de la pression accrue sur la balance commerciale il faudra opter pour des mesures qui limitent son déficit.