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Gaz : l’Italie accélère son pivot vers l’Algérie après le choc qatari

Par Myriam Ben Zineb

La présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, doit effectuer cette semaine une visite à Alger, alors que Rome s’active pour sécuriser ses approvisionnements énergétiques, fragilisés par les perturbations majeures des exportations de gaz qatari.

Cette initiative intervient dans un contexte de tensions accrues au Moyen-Orient, où les frappes liées au conflit impliquant l’Iran ont fortement affecté les capacités d’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) du Qatar, fournisseur clé pour plusieurs marchés européens et asiatiques, selon Reuters.

Un choc énergétique immédiat pour Rome

Avant cette crise, le Qatar assurait près de 10 % de la consommation gazière italienne. Mais les dégâts subis par les infrastructures ont conduit Doha à suspendre une partie de ses engagements contractuels, notamment pour le mois d’avril, d’après Reuters.

Les autorités italiennes redoutent une interruption prolongée, d’autant que certaines installations nécessiteront des réparations sur plusieurs mois, voire davantage.

L’Algérie, pilier stratégique

Face à cette situation, l’Algérie s’impose comme l’alternative la plus immédiate. Déjà premier fournisseur de gaz de l’Italie, le pays couvre environ 30 % de ses besoins énergétiques, un rôle renforcé depuis la réduction de la dépendance au gaz russe amorcée après 2022, selon plusieurs sources concordantes.

Des discussions sont en cours entre le groupe italien Eni et la compagnie nationale Sonatrach afin d’augmenter les volumes livrés, y compris via des ajustements contractuels ou des achats sur le marché spot, rapporte Bloomberg.

Diversification tous azimuts

Parallèlement, Rome multiplie les pistes pour compenser les pertes liées au Qatar. Des négociations sont engagées avec les États-Unis et l’Azerbaïdjan afin de sécuriser des flux supplémentaires et stabiliser le marché intérieur, toujours selon la même source.

Le gouvernement italien insiste toutefois sur une ligne inchangée : malgré la pression sur l’offre, il n’est pas question de revenir aux importations de gaz russe.

Vers une recomposition durable

Au-delà de l’urgence, cet épisode confirme une recomposition accélérée du paysage énergétique européen. La guerre au Moyen-Orient agit comme un catalyseur, renforçant la centralité de partenaires méditerranéens comme l’Algérie, désormais au cœur des stratégies de sécurité énergétique du sud de l’Europe.

M.B.Z

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