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Slaheddine Selmi nouveau secrétaire général de l’UGTT… profil, parcours et défis

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Par Raouf Ben Hédi

    Le nouveau bureau exécutif de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), issu du congrès tenu à Monastir, s’est réuni samedi 28 mars 2026 pour élire son secrétaire général. Sans surprise, Slaheddine Selmi a été porté à la tête de la centrale syndicale, succédant à Noureddine Taboubi.

    Ancien secrétaire général adjoint de l’organisation, Slaheddine Selmi fait partie des figures bien installées au sein de l’appareil syndical. Son élection intervient dans la continuité du congrès marqué par la victoire nette de la liste « Stabilité et Défi », qu’il conduisait et qui a remporté l’ensemble des sièges du bureau exécutif.

    Un profil issu du sérail syndical

    Slaheddine Selmi est un cadre connu des structures de l’UGTT. Il a occupé plusieurs responsabilités au sein de l’organisation, notamment en tant que secrétaire général adjoint chargé du secteur public, un portefeuille stratégique au cœur des enjeux économiques et sociaux.

    Son parcours s’inscrit dans une logique d’engagement syndical de long terme, marqué par une présence active dans les rouages de la centrale et une implication dans les dossiers sensibles liés au secteur public.

    Un parcours forgé dans l’engagement et les épreuves

    Avant d’accéder à la tête de l’UGTT, Slaheddine Selmi a construit son parcours dans les rangs de l’enseignement et du militantisme syndical. Titulaire d’un baccalauréat en mathématiques techniques, il entame sa carrière comme enseignant, tout en s’engageant très tôt dans l’action syndicale.

    Son itinéraire est marqué par un épisode révélateur des tensions sociales de l’époque. En 1985, sous le régime de Habib Bourguiba, il est emprisonné durant six mois dans le contexte des mouvements sociaux, alors qu’il milite au sein du mouvement syndical. À sa sortie, il est écarté de son travail pendant trois ans, une période qui n’interrompt pas pour autant son engagement.

    Au début des années 1990, il s’implique activement dans les structures de base de l’UGTT, notamment au sein du syndicat des enseignants à Menzel Mhiri, dans le gouvernorat de Kairouan. Il gravit progressivement les échelons. En 1997, il devient secrétaire général de l’union locale du travail à Nasrallah, Bouhajla et Cherarda, tout en participant aux structures régionales du secteur de l’enseignement.

    Son ancrage régional se consolide en 2009 avec son élection à la tête de l’union régionale du travail à Kairouan, un poste clé qui le place au cœur des dynamiques sociales locales. En 2017, il rejoint le bureau exécutif national en tant que secrétaire général adjoint, lors du congrès de Gammarth, confirmant son installation dans les cercles décisionnels de la centrale.

    Slaheddine Selmi incarne ainsi un profil forgé dans la durée, entre engagement syndical, expérience de terrain et ascension progressive au sein de l’appareil de l’UGTT.

    Un acteur central de la contestation interne

    Le nom de Slaheddine Selmi s’est également imposé au cœur des tensions internes qui ont traversé l’UGTT ces dernières années. Il a notamment fait partie de ce qui a été désigné comme le groupe des « cinq », aux côtés d’Anouar Ben Kaddour, Monem Amira, Othman Jelouli et Taher Mezzi.

    Ce groupe s’est illustré par sa volonté de porter la crise interne sur la place publique, en appelant à une réforme de l’organisation et à l’accélération de la tenue du congrès, finalement organisé en mars 2026. Une position en rupture avec celle du groupe dit des « dix », qui plaidait pour un report à février 2027.

    Les membres du groupe des « cinq » ont également mené plusieurs actions de protestation, dont un sit-in ouvert au siège de l’UGTT à la fin de l’année dernière. Ils dénonçaient alors ce qu’ils qualifiaient de dérives dans la gestion de la centrale, appelant à « sauver, réformer et moderniser » l’organisation.

    Une légitimité construite dans les structures

    La victoire de la liste « Stabilité et Défi » ne doit rien au hasard. Elle repose sur un ancrage solide dans les structures régionales et sectorielles de l’UGTT, qui ont largement soutenu ses candidats lors du congrès.

    Ce socle organisationnel a permis à Slaheddine Selmi de s’imposer dans un scrutin marqué par une compétition réelle, face à une liste concurrente portée par Farouk Ayari, mais aussi par une forte mobilisation des congressistes.

    Un homme de dossiers et de négociation

    Au fil de ses prises de position, Slaheddine Selmi s’est illustré par son implication dans les questions liées au dialogue social, aux négociations avec les autorités et à la gestion des entreprises publiques.

    Il a notamment défendu la nécessité de maintenir des canaux de discussion ouverts, tout en mettant en avant les revendications des travailleurs dans un contexte économique tendu.

    Ce positionnement en fait un profil à la fois technique et politique, appelé à évoluer dans un environnement marqué par des équilibres délicats entre exigences sociales et contraintes économiques et politiques.

    Des défis immédiats

    À la tête de l’UGTT, Slaheddine Selmi devra rapidement faire face à plusieurs dossiers majeurs : les négociations sociales, le positionnement de l’organisation, mais aussi les relations avec le pouvoir exécutif.

    Il devra également composer avec les attentes internes de la centrale, dans un contexte où les divergences sur les orientations futures de l’organisation sont prégnantes.

    Avec l’élection de Slaheddine Selmi, l’UGTT ouvre ainsi une nouvelle séquence de son histoire, marquée à la fois par la continuité organisationnelle et par l’ampleur des défis à venir.

    R.B.H

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