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Restrictions de la BCT sur les importations : la Conect alerte sur de lourds risques économiques et sociaux

Par Nadya Jennene

La Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (Conect) a exprimé, mercredi 1er avril 2026, de vives inquiétudes suite à la publication de la circulaire de la Banque centrale de Tunisie (BCT) imposant aux importateurs de produits « non prioritaires » de financer intégralement sur leurs fonds propres la valeur de leurs importations, supprimant tout concours bancaire pour ces opérations.

Sont concernés l’alimentation (fruits, noix, fromages, miel, pâtes, boissons alcoolisées et non alcoolisées), l’hygiène et cosmétiques (shampoings, dentifrices, savons, maquillage), l’équipement domestique et ameublement (électroménager, mobilier, literie, climatiseurs), certains matériaux de construction, ainsi que papeterie, loisirs et bateaux de plaisance. Des exceptions existent pour marchés publics, opérations antérieures, industries avec fiche technique et perfectionnement actif. La mesure vise, selon la BCT, à réguler le commerce extérieur et préserver les réserves de change.

Rappelant une expérience similaire menée en 2017 et abandonnée en 2019, la Conect a jugé cette réintroduction particulièrement risquée dans un contexte institutionnel et économique fragile. L’organisation patronale a souligné que cette mesure risquerait de pénaliser les petites et moyennes entreprises, qui représentent plus de 97% du tissu économique national, tout en favorisant les grands groupes disposant de trésoreries suffisantes. Une telle concentration du marché pourrait fragiliser la concurrence et accentuer les positions de rente.

Au-delà de l’impact économique, la Conect a alerté sur les conséquences sociales et sanitaires. La restriction pourrait entraîner des suppressions d’emplois, notamment parmi les jeunes et les travailleurs précaires, et affecter la disponibilité de produits médicaux essentiels, tels que certains produits dermatologiques utilisés pour les patients fragiles ou atteints de cancer.

La confédération a pointé également les risques sur les chaînes d’approvisionnement industrielles. Plusieurs intrants nécessaires à la production nationale — emballages, abrasifs, matériaux de construction, équipements sanitaires — transitent par de petits importateurs qui seront les premiers touchés, menaçant la continuité de la production et les exportations. Par ailleurs, la raréfaction de l’offre légale pourrait favoriser le développement des circuits parallèles et de la contrebande, aggravant les pertes fiscales et douanières.

Face à ces enjeux, la Conect a appelé à un dialogue structuré avec la BCT et les ministères concernés et a formulé sept recommandations. Parmi elles, figurent la révision de la liste des produits concernés, l’exclusion des produits médicaux et paramédicaux à risque pour la santé publique, la simplification des procédures pour les industriels, et l’adoption d’une approche graduée intégrant le soutien à la production locale et aux exportations.

La confédération a insisté sur l’importance de préserver les réserves de change, notant toutefois que toute mesure doit être préparée et adoptée avec concertation pour en assurer l’efficacité et limiter ses effets néfastes sur l’économie, l’emploi et la santé des Tunisiens.

N.J

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