Le député au Conseil national des régions et des districts, Marouen Zayane, a annoncé, vendredi 3 avril 2026, avoir soumis une proposition de loi visant à instaurer un contrôle renforcé de l’espace numérique en Tunisie, incluant le blocage des sites pornographiques et la fermeture de la plateforme TikTok.
Intervenant sur les ondes de Diwan FM, l’élu a indiqué avoir présenté une feuille de route technique au ministère des Technologies de la communication ainsi qu’à l’Agence tunisienne de l’Internet. Celle-ci prévoit un blocage total des contenus pornographiques, y compris ceux générés par intelligence artificielle, ainsi que la fermeture définitive de TikTok sur le territoire national.
Un « cri d’alarme » face à un espace numérique jugé incontrôlé
Lors d’une séance plénière, Marouen Zayane a affirmé avoir lancé « un cri d’alarme national » face à ce qu’il considère comme une dérive du numérique en Tunisie. Il estime que l’environnement digital est aujourd’hui « largement ouvert et difficilement contrôlable », en particulier pour les mineurs.
Le député avance que 95% des accès aux sites pornographiques s’effectuent via des systèmes chiffrés, rendant les dispositifs de contrôle parental inefficaces.
TikTok dans le viseur
Dans ce contexte, l’élu pointe également TikTok, qu’il qualifie de plateforme favorisant la dégradation des valeurs, évoquant environ six millions d’utilisateurs en Tunisie.
Selon lui, cette application contribue à diffuser « l’illusion d’un enrichissement rapide », notamment auprès des jeunes.
Identification numérique et contrôle parental renforcé
Le projet prévoit par ailleurs la mise en place d’une passerelle nationale d’accès à internet, adossée à une identité numérique mobile. Ce mécanisme imposerait une vérification d’âge pour accéder aux réseaux sociaux, limitant leur usage aux personnes majeures.
Il propose également d’accorder aux parents la possibilité de contrôler à distance l’accès à internet de leurs enfants.
Marouen Zayane a précisé que la plateforme YouTube ne serait pas concernée par ces restrictions.
Enfin, la proposition inclut l’instauration de sanctions financières contre toute tentative de contournement des dispositifs de blocage.
M.B.Z











4 commentaires
HatemC
Une piste qui privilégie l’autonomie plutôt que la contrainte.
Au lieu de construire un « mur » numérique (que les jeunes finiront par sauter), l’idée est de leur donner une « boussole ».
Développer l’éducation au numérique, c’est traiter le citoyen comme un être doué de raison.
Le député craint que TikTok ne vende du rêve aux jeunes. L’éducation peut contrer cela par :
L’éducation aux médias (ÉMI) :
Apprendre aux élèves comment fonctionnent les algorithmes de recommandation.
Pourquoi voient-ils ce contenu ? Comment TikTok monétise leur attention ?
Expliquer la réalité économique derrière les influenceurs (contrats, publicité, risques de l’exposition publique) pour briser le mythe du gain sans effort.
Plutôt que d’interdire l’accès aux sites pornographiques (ce qui les rend parfois plus attractifs car « interdits »), l’éducation permet :
D’aborder les sujets de consentement et de respect de l’autre, afin que les jeunes fassent la différence entre une fiction numérique (souvent dégradante) et la réalité.
Le défi politique
Le problème est que l’éducation prend du temps (une génération), alors qu’une interdiction donne l’illusion d’une action immédiate aux yeux de l’opinion publique.
C’est souvent pour cela que certains élus privilégient la manière forte.
DANs 25 and une génération la unisie aura formé sa jeunesse au numérique et non aux INTERDICTIONS
En Résumé
Dans une société où la religion prend une place prépondérante dans l’espace public, la proposition de Marouen Zayane est une arme redoutable.
Elle transforme une question de liberté individuelle en une question de foi. Critiquer la loi revient, pour beaucoup, à critiquer la religion elle-même.
C’est là que le piège se referme … le citoyen n’est plus seulement traité comme un mineur (infantilisation), mais comme un « égaré » que l’État doit remettre sur le droit chemin.
EN écoutant cette radio on se rend compte vite fait que la Tunisie est loin des normes elle est encore sous dominace religieuse … La Démocratie n’a pas sa place dans ce pays … HC
HatemC
Cela touche au cœur du débat démocratique …. jusqu’où l’État peut-il intervenir pour « protéger » les citoyens sans basculer dans l’infantilisation ou la censure ?
En voulant bloquer massivement des plateformes (TikTok) ou des contenus (sites adultes), l’État se substitue au libre arbitre de l’individu.
Le risque de dérive …
La frontière est mince entre la protection de la jeunesse et une « dictature qui ne dit pas son nom ».
Si l’on commence par TikTok au nom des « valeurs », où s’arrête la liste des contenus jugés indésirables ?
Punir financièrement l’usage de VPN (moyens de chiffrement) revient à criminaliser la protection de la vie privée, ce qui inquiète souvent les défenseurs des droits de l’homme.
Il est rare qu’une interdiction totale fonctionne techniquement (les internautes trouvent toujours des parades). Souvent, ces mesures finissent par pénaliser les utilisateurs les moins technophiles, tout en créant un précédent dangereux pour la liberté d’information.
Ce député devrait s’informer et lire pour s’instruire à mon humble il n’a jamais lu un livre de sa vie … HC
Any Ssa
L’affaire EPSTEIN nous ouvre les yeux sur qui fait quoi, dans quel but et pour quels intérêts.. TOUT ne nous a pas été dévoilé sur les horreurs indescriptibles et inimaginables que » L’ELITE » commettait dans l’illégalité la plus absolue et loin des regards indiscrets…l’abomination, la dépravation et les sacrifices humains pour vénérer Satan étaient leur rituel…OUI ILS FAUT FERMER TOUTES CES FENETRES QUI MENENT VERS CES PEDO-CRIMINELS et QUI LES ENRICHESSES POUR COMMETTRE D’AUTRES HORREURS !..Inutile de donner à notre population ce type de nourriture intellectuelle…Nous sommes capables d’offrir le meilleur et en avons les ressources humaines nécessaires pour mettre sur pied un tel projet !
Rationnel
La Chine, la Russie, l’Iran, et progressivement d’autres nations, ont compris que la souveraineté numérique n’est pas un luxe idéologique, mais une nécessité stratégique. La Tunisie doit s’inscrire dans cette dynamique en développant son propre infrastructure de filtrage national, un Grand Firewall tunisien, avant que la fenêtre d’opportunité ne se referme.
Les plateformes dominantes: X, Pornhub, OnlyFans et leurs écosystèmes satellites, ne sont pas de simples services commerciaux. Elles sont les vecteurs d’une destruction culturelle méthodique, financée et orientée par des intérêts qui ne coïncident ni avec ceux de la Tunisie, ni avec ceux du monde arabo-musulmans et africains. Leurs principaux actionnaires et financiers entretiennent des liens documentés avec des lobbies israeliens puissants , surtout l’AIPAC. Laisser ces plateformes opérer sans contrôle équivaut à choisir le declin.
Un Grand Firewall tunisien n’est pas un projet défensif. C’est un projet offensif à trois niveaux :
Protection culturelle et sociale : filtrage des contenus pornographiques, des mécanismes de dépendance algorithmique, et des campagnes de désinformation ciblant les jeunes populations arabophones et africaines.
Les données des citoyens tunisiens cesseraient d’alimenter gratuitement des modèles d’IA et des bases publicitaires au profit d’entreprises étrangères.
Un Intranet tunisien crée mécaniquement la demande pour des alternatives locales: messageries, réseaux sociaux, plateformes de contenu, moteurs de recherche. C’est l’émergence forcée d’un écosystème numérique souverain. C’est un produit exportable à l’échelle du continent.
Chaque pays africain et asiatique aura besoin de ce même dispositif. Le Nigeria, le Sénégal, le Maroc, l’Indonésie, le Pakistan, tous font face aux mêmes pressions culturelles et aux mêmes déficits de souveraineté numérique. La Tunisie, avec sa masse critique d’ingénieurs compétents, pourrait devenir le premier exportateur d’infrastructure de souveraineté numérique clé-en-main pour le monde en développement.
Une équipe de cent développeurs séniors bien coordonnés suffit à construire un premier prototype opérationnel. Le modèle économique existe : licences gouvernementales, maintenance, formation, intégration locale. C’est un marché de plusieurs milliards de dollars qui attend son premier acteur sérieux issu du Sud.
Le Pakistan travaille deja sur ce projet, Huawei et plusieurs entreprises chinoises travaillent depuis près d’un an avec Islamabad sur un système national de filtrage inspiré du Grand Firewall chinois. Ce système est conçu pour bloquer la majorité des sites étrangers.