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Burkina Faso : Ibrahim Traoré appelle à oublier la démocratie et assume une transition prolongée

Par Myriam Ben Zineb

Le président de la transition burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré, a tenu un discours sans détour sur la question démocratique, lors d’un entretien accordé le 2 avril 2026 à la radiotélévision du Burkina (RTB).

Face à plusieurs journalistes, le chef de l’État a clairement écarté la perspective d’élections à court terme, estimant que le pays devait d’abord faire face à ses priorités, au premier rang desquelles la sécurité et la refondation de l’État.

Une démocratie inadaptée

Dans des propos particulièrement directs, Ibrahim Traoré a appelé à « oublier la question de la démocratie », considérant que le modèle généralement promu ne correspond pas aux réalités du Burkina Faso.

Le dirigeant a insisté sur le fait que la démocratie « telle qu’elle est présentée » ne constituait pas, selon lui, une solution adaptée, allant jusqu’à l’associer à des situations de déstabilisation dans certains pays.

À travers cette position, il revendique un choix assumé : celui de s’écarter des standards politiques classiques pour privilégier une voie propre, centrée sur les priorités nationales.

Le spectre libyen en toile de fond

Pour appuyer son propos, le chef de la transition a notamment évoqué l’exemple de la Libye, qu’il présente comme une illustration des dérives liées à l’imposition de modèles politiques extérieurs.

Une lecture qui s’inscrit dans un discours plus large, axé sur la souveraineté et le rejet de toute ingérence, régulièrement défendu par les autorités burkinabè.

Élections reléguées au second plan

Dans cette logique, Ibrahim Traoré a insisté sur le fait que la question électorale ne constituait pas une priorité. Le Burkina Faso, a-t-il expliqué, est engagé dans une dynamique qu’il qualifie de « révolution », visant à transformer en profondeur les mentalités et les structures de l’État.

Cette orientation intervient dans un contexte de prolongation de la transition, désormais encadrée par une charte qui redéfinit les équilibres politiques et les échéances institutionnelles.

Une charge contre le système politique

Le président burkinabè a également livré une critique sévère du fonctionnement des partis politiques, qu’il accuse d’avoir favorisé la division et des pratiques de corruption.

La suspension puis la dissolution des partis s’inscrivent, selon lui, dans une volonté de rompre avec ces logiques et de rebâtir un nouveau cadre politique, fondé sur d’autres principes.

Damiba au cœur d’un dossier « lourd »

Au cours de cet entretien, Ibrahim Traoré est aussi revenu sur le sort de son prédécesseur, Paul-Henri Sandaogo Damiba, affirmant que celui-ci avait été extradé et faisait l’objet de poursuites pour des faits liés à des tentatives de déstabilisation.

Le chef de la transition évoque un dossier « très lourd », reposant, selon lui, sur des éléments accablants et impliquant plusieurs acteurs, y compris à l’international. Il affirme avoir initialement choisi de ne pas engager de poursuites, avant que l’évolution de la situation ne l’y contraigne.

M.B.Z

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