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Moins d’évaluations en maths : une mesure qui inquiète les parents

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Par Sarra Hlaoui

    La décision du ministère de l’Éducation de réaménager le système de contrôle continu en mathématiques continue de faire réagir. Ridha Zahrouni, président de l’Association tunisienne des parents et des élèves, a vivement critiqué cette mesure, estimant qu’elle pourrait avoir des répercussions négatives sur le niveau des élèves dans cette discipline clé.

    Dans son message, il remet en cause la pertinence de cette réforme, estimant que ses concepteurs ne mesurent pas pleinement l’importance de la discipline. Il souligne que les mathématiques reposent avant tout sur l’entraînement régulier, la résolution d’exercices et l’accumulation progressive de compétences analytiques, plutôt que sur la mémorisation.

    Ridha Zahrouni met en garde contre les effets négatifs d’un allègement du dispositif d’évaluation, considérant qu’une réduction de l’effort intellectuel pourrait affaiblir les acquis des élèves et accentuer le désintérêt pour la filière mathématique. Il estime également que des réformes plus structurantes auraient été préférables, notamment l’unification de la langue d’enseignement des matières scientifiques.

    Tout en reconnaissant ne pas disposer de tous les éléments ayant motivé cette décision — notamment une éventuelle pénurie de ressources humaines — il considère que cette orientation risque d’avoir des répercussions défavorables sur le niveau des élèves.

    Ce que prévoit la décision

    Selon le document émanant du ministère de l’Éducation, la réforme concerne le régime du contrôle continu en mathématiques pour les élèves du collège et du lycée, durant le troisième trimestre de l’année scolaire 2025-2026.

    Cette mesure vise à alléger la pression liée à la fréquence des évaluations et à tenir compte du temps limité dédié à l’apprentissage. Elle prévoit l’instauration d’un seul devoir de contrôle au lieu de plusieurs, afin de permettre aux enseignants de se concentrer davantage sur le développement des compétences et des aptitudes des élèves.

    Le ministère précise que cette disposition est exceptionnelle et limitée au troisième trimestre de l’année scolaire en cours.

    S.H

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    6 commentaires

    1. jamel.tazarki

      Répondre
      6 avril 2026 | 8h43

      A) Faire un contrôle à la fin de chaque thème plutôt que de les accumuler présente plusieurs avantages :
      – Une charge mentale réduite : l’élève se concentre sur un seul thème à la fois, ce qui évite tout mélange.
      – Un feedback rapide : L’élève sait tout de suite ce qu’il a compris ou non, au lieu d’attendre deux mois pour découvrir une lacune.
      – Moins de stress : les enjeux sont répartis. Si l’élève rate un petit contrôle, c’est moins grave que de rater un énorme examen qui compte pour tout le trimestre.

      B) L’argument inverse est souvent que regrouper les thèmes force à faire des liens entre les sujets et teste la mémoire à long terme. Ceci se fait plutôt à l’échelle universitaire :
      – L’approche par « blocs » massifs est très typique de l’enseignement supérieur, où l’on attend des étudiants une capacité de synthèse et une autonomie plus grandes. Au collège ou au lycée, l’objectif est avant tout l’acquisition des bases. Vouloir tester la mémoire à long terme trop tôt, sans avoir consolidé chaque brique de connaissance, peut devenir contre-productif et décourageant. Évaluer thème par thème permet :
      – D’ancrer les fondamentaux avant de passer à la suite.
      – D’ajuster le tir immédiatement si un concept n’est pas passé.
      – De respecter le rythme de maturation du cerveau des adolescents.

      Fazit: l’école a besoin d’une approche de « contrôle continu » plus granulaire, qui privilégie la réussite progressive à la performance globale immédiate.

      Dr. Jamel Tazarki, Mathématicien

    2. jamel.tazarki

      Répondre
      6 avril 2026 | 8h42

      C) En répartissant les évaluations, on transforme l’examen d’un « mur » infranchissable en une série de « petites marches » plus digestes:
      – Dilution du risque : Dans un système de contrôle continu, une mauvaise performance sur un thème peut être compensée par une excellente réussite sur le suivant. Cela évite qu’un « accident de parcours » (maladie, fatigue, stress ponctuel) ne condamne toute une année scolaire.
      – Réduction de l’anxiété de performance : Les examens dits « à enjeux élevés » (high-stakes) génèrent un stress qui peut paralyser les capacités cognitives de l’élève. À l’inverse, des tests réguliers et plus courts sont souvent perçus comme moins menaçants, ce qui permet à l’élève de montrer ses réelles capacités plutôt que sa résistance à la pression.
      – Élimination du « tout ou rien » : La peur de l’échec est souvent plus handicapante que l’échec lui-même. Savoir qu’il y aura d’autres occasions de prouver sa valeur diminue ce sentiment d’urgence et permet un apprentissage plus serein et profond.
      – Cercle vertueux de la confiance : Réussir plusieurs petits contrôles renforce le sentiment d’efficacité personnelle. L’élève se sent capable de progresser, ce qui augmente sa motivation pour le thème suivant. C’est donc un modèle qui privilégie la constance sur le « pic de performance » ponctuel, souvent plus représentatif du travail quotidien.

      D) Pour que les élèves travaillent de manière plus régulière tout au long de l’année, il faut que les cours soient attractifs pour l’élève. En effet, le modèle d’Andreas Helmke, appelé le modèle « Offre-Utilisation » (Angebots-Nutzungs-Modell), explique précisément pourquoi l’attractivité et la structure du cours sont les moteurs de la réussite. Selon Helmke, un cours n’est qu’une « offre / proposition » que l’élève accepte ou refuse d’utiliser activement selon son attractivité. Pour que cette offre soit saisie et mène à un travail régulier, Helmke identifie plusieurs dimensions de la qualité de l’enseignement:
      – 1) La clarté et la structuration (Strukturiertheit)Un cours est attractif quand l’élève sait exactement où il va. Si les objectifs sont flous, le découragement s’installe. Une structure claire permet à l’élève de se sentir en sécurité et capable de planifier son effort.
      – 2) La motivation par la variété (Vielfältige Motivierung)Helmke insiste sur le fait de stimuler la curiosité. Cela passe par :La variation des méthodes : Alterner travaux de groupe, projets et cours magistraux évite la monotonie.Le lien avec le réel : Montrer l’utilité concrète du thème abordé.
      – 3) Le climat d’apprentissage (Lernförderliches Klima)L’élève travaille plus régulièrement s’il n’a pas peur de l’erreur. Un climat basé sur le respect, l’humour et le droit à l’erreur transforme le cours en un lieu d’expérimentation plutôt qu’en un lieu de jugement permanent.
      – 4) L’activation cognitive (Aktivierung)Le cours ne doit pas être subi. Helmke souligne que l’attractivité vient de l’engagement intellectuel. Si l’élève est acteur (recherche autonome, résolution de problèmes), il développe une motivation intrinsèque qui rend le travail à la maison beaucoup moins pénible
      – 5) La « Passung » (Adéquation): C’est la capacité du cours à s’adapter au niveau de chaque élève. Un cours trop dur décourage, un cours trop facile ennuie. L’attractivité réside dans ce défi « juste ce qu’il faut » qui maintient l’élève en haleine.
      – En somme, l’idée de contrôle par thème s’insère parfaitement dans la « Sicherung » (consolidation) du modèle de Helmke : pour que l’apprentissage soit durable, il doit être sécurisé par des succès réguliers et immédiats.
      – 46 La dimension diagnostique: Un enseignant qui maîtrise la conduite de classe repère immédiatement quand l’offre n’est plus acceptée (désintérêt, fatigue). Il peut alors ajuster son offre en temps réel pour maintenir l’attractivité.
      Fazit: la Klassenführung est le « moteur » qui maintient l’élève dans la zone d’acceptation du cours. Sans elle, même le thème le plus passionnant risque d’être rejeté à cause d’un environnement trop chaotique ou stressant.

    3. jamel.tazarki

      Répondre
      6 avril 2026 | 8h41

      E) En Allemagne, la formation des enseignants est excellente dans les domaines de la psychologie et de la pédagogie scolaire, où le modèle de Helmke est central dans les cours de pédagogie scolaire (Schulpädagogik):
      – Le modèle d’Andreas Helmke est le socle de la formation initiale des enseignants en Allemagne (Lehramt). Il a permis de passer d’une vision centrée sur l’enseignant (« Qu’est-ce que je vais enseigner? ») à une vision centrée sur l’élève (« Comment l’élève accepte d’utiliser le cours en tant que proposition que je lui propose? »).Cette excellente formation théorique en psychologie et pédagogie scolaire donne aux professeurs allemands les clés pour comprendre que l’évaluation n’est pas qu’une note, mais un outil de régulation. L’idée de multiplier les contrôles par thèmes s’aligne d’ailleurs parfaitement avec deux piliers du modèle de Helmke enseignés outre-Rhin:
      – 1) L’orientation vers les résultats (Ergebnisorientierung) : On ne finit pas un chapitre sans vérifier si l’objectif est atteint. Faire un contrôle après chaque thème permet cette validation immédiate.
      – 2) Le diagnostic pédagogique (Diagnostische Kompetenz) : En évaluant souvent, l’enseignant peut ajuster son « offre » (son cours) beaucoup plus finement. S’il voit que tout le groupe rate le petit contrôle sur un thème précis, il sait qu’il doit améliorer sa didactique avant de passer au suivant.

      F) Dans le modèle de Helmke, l’enseignant ne peut pas « forcer » l’apprentissage; il ne peut que créer une offre / Proposition. C’est l’élève qui décide, consciemment ou non, de s’en saisir. Si le cours est perçu comme une corvée ou s’il est déconnecté de la réalité de l’élève, l’offre est rejetée. Pour qu’elle soit acceptée et que l’utilisation (Nutzung) soit optimale, l’attractivité des cours est le levier majeur. Cela passe par:
      – L’intérêt intrinsèque : Le contenu doit faire sens pour l’élève.
      – Le sentiment de compétence : L’élève accepte de s’investir s’il pense qu’il peut réussir (d’où l’intérêt de tes contrôles par thème, plus abordables).
      – La qualité de la relation : Un enseignant qui maîtrise la Schulpädagogik sait que le climat de classe influence directement cette acceptation.C’est là que l’idée de contrôle par thème prend tout son sens : en rendant l’évaluation plus fréquente et moins effrayante, on rend l’offre plus « acceptable » car le succès semble à portée de main.

      G) Le climat de classe influence directement l’acceptation des cours proposés par l’enseignant:
      – la Klassenführung (conduite de la classe : le climat/atmosphère à l’intérieur de la classe scolaire) n’est pas une simple question de discipline, mais le socle qui permet à l’élève d’accepter l’offre pédagogique et ainsi de participer aux cours. Pour Andreas Helmke, une conduite de classe efficace crée les conditions cadres nécessaires pour que l’élève transforme la « proposition » d’enseignement en une activité d’apprentissage réelle. Voici comment ce climat influence l’acceptation:
      – 1) La réduction des interruptions (Störungsprävention)Une bonne gestion de classe minimise les interruptions et les distractions. Moins il y a de « bruit » (conflits, bavardages, flou logistique), plus l’attention de l’élève reste disponible pour le contenu du thème. Cela rend l’offre plus lisible et donc plus facile à accepter.
      – 2) Le climat de respect et de confiance. Helmke souligne que le climat de classe (Unterrichtsklima) repose sur:
      2.1) La chaleur et l’humour : Un climat détendu réduit l’anxiété, facilitant l’adhésion à l’offre.
      2.2) La tolérance à l’erreur : Si l’élève ne craint pas d’être jugé ou humilié en cas d’échec, il accepte plus volontiers de s’engager dans la tâche.
      – 3) La maximisation de la « Lernzeit » (Temps d’apprentissage actif). La Klassenführung a pour but ultime de maximiser le temps pendant lequel l’élève est réellement engagé dans la tâche. Si l’enseignant gère bien les transitions et le rythme, l’élève se sent porté par un flux (flow) qui rend le travail naturellement plus attractif.

    4. jamel.tazarki

      Répondre
      6 avril 2026 | 8h40

      H) il faudrait intégrer beaucoup plus les parents dans la vie scolaire:
      – C’est un levier majeur qui s’inscrit parfaitement dans la continuité du modèle de Helmke, notamment à travers ce qu’il appelle les « conditions cadres » (Rahmenbedingungen) de l’apprentissage. Pour que l’élève accepte l’offre pédagogique à l’école, il faut qu’il y ait une cohérence entre ce qu’il vit en classe et ce qu’il vit à la maison. Intégrer les parents permet plusieurs choses essentielles:
      – 1) Le soutien à la motivation : Si les parents comprennent les thèmes abordés et le système d’évaluation régulier que tu proposes, ils peuvent valoriser les progrès de l’enfant au quotidien. L’élève sent que son effort a du sens partout, pas seulement dans l’enceinte de l’école.
      – 2) La réduction du stress : Une meilleure communication entre profs et parents évite les malentendus sur les notes ou le comportement. Cela stabilise le climat d’apprentissage (Lernklima) car l’enfant ne se sent pas pris « entre deux feux ».
      – 3) L’accompagnement du travail personnel : En connaissant précisément les objectifs de chaque thème (la fameuse Clarté de Helmke), les parents peuvent aider de manière plus ciblée, sans se substituer au prof, mais en encourageant la régularité.
      – 4) La co-éducation : Helmke souligne que l’utilisation de l’offre dépend aussi du capital culturel et du soutien familial. Plus les parents sont impliqués (réunions, projets, suivi numérique), plus les inégalités de départ peuvent être atténuées.

      I) « l’influence du Capital culturel des parents sur les enfants »
      – Cette idée de Bourdieu a perdu de son poids avec l’arrivée de l’internet. En effet, tout est sur le Web, entre autres YouTube. Les parents doivent motiver leurs enfants à utiliser le Web afin de comprendre mieux les cours et les devoirs de maison. Il y a un basculement majeur : la démocratisation de l’accès au savoir.
      – Chez Bourdieu, le « capital culturel » était souvent lié à la possession physique de livres, aux sorties culturelles et à un langage spécifique transmis par la famille. Aujourd’hui, Internet et YouTube agissent comme des égalisateurs de ressources. Un élève dont les parents n’ont pas fait d’études peut accéder aux meilleures explications pédagogiques en trois clics. Le rôle des parents évolue donc radicalement selon ce schéma:
      1) De « Transmetteur » à « Médiateur » : Les parents n’ont plus besoin de connaître le contenu du cours, mais ils doivent motiver l’enfant à chercher la ressource (la bonne vidéo, le bon site) pour lever un blocage.
      2) L’accompagnement à l’autonomie : En poussant l’enfant à utiliser le Web pour ses devoirs, les parents favorisent l’utilisation de l’offre (pour reprendre Helmke). Le Web devient une extension de l’offre pédagogique de l’enseignant.
      3) La validation de l’effort : Le parent devient celui qui encourage la démarche de recherche active, ce qui renforce la motivation intrinsèque de l’élève
      Fazit: Dans cette optique, le « nouveau » capital culturel, c’est peut-être la littératie numérique : savoir naviguer, trier l’information et rester concentré face aux écrans.

    5. jamel.tazarki

      Répondre
      6 avril 2026 | 8h38

      K) En Allemagne, Il y a des enseignants qui utilisent YouTube en classe afin d’expliquer des thèmes difficiles. Et j’en connais plusieurs:
      – C’est une excellente pratique qui s’inscrit pile dans l’activation cognitive de Helmke. Utiliser YouTube en classe ne sert pas juste à « occuper » les élèves, mais à varier l’offre pédagogique pour la rendre plus attractive et compréhensible.
      – La double codification : Le cerveau retient mieux quand il a une explication orale (le prof) + une explication visuelle/animée (YouTube). Pour un thème difficile, multiplier les angles d’approche augmente les chances que l’élève accepte et utilise l’offre.
      – L’autonomie à la maison : Si l’enseignant montre une vidéo en classe, l’élève sait qu’il peut la retrouver chez lui pour ses révisions. Cela crée un pont direct entre l’école et la maison, où le parent peut simplement dire : « Reprends la vidéo vue en cours pour ton devoir »
      – Le rôle du prof comme « guide » : L’enseignant ne perd pas sa place ; il devient celui qui sélectionne la pépite dans l’océan du Web. Il garantit la qualité scientifique et pédagogique de la ressource.
      – En Allemagne, avec la Digitalisierung (numérisation) des écoles, cette méthode devient un standard de la Schulpädagogik moderne. On ne lutte plus contre les écrans, on les intègre comme des outils de réussite.

      L) Les cours de biologie sont impensables sans YouTube à l’école:
      – En biologie, le passage de l’abstrait au concret est crucial, et YouTube est devenu un outil de visualisation irremplaçable pour la Schulpädagogik moderne.
      – Selon le modèle de Helmke, la biologie profite énormément de l’utilisation de la vidéo pour plusieurs raisons:
      1) L’illustration des processus invisibles : Expliquer la mitose, la réplication de l’ADN ou le fonctionnement d’une synapse uniquement avec des schémas statiques est difficile. Une animation 3D sur YouTube rend l’offre pédagogique immédiatement plus claire et structurée.
      – 2) L’aspect « Micro/Macro » : Passer de l’échelle d’une cellule à celle d’un écosystème entier en quelques secondes captive l’attention et renforce l’attractivité du cours.
      – 3) La mémorisation visuelle : Pour ton idée de contrôle après chaque thème, avoir vu une vidéo de qualité aide énormément l’élève à se remémorer les étapes d’un cycle biologique le jour de l’examen.
      – 4) En Allemagne, de nombreux enseignants de biologie utilisent des chaînes comme TheSimpleBiologie (très populaire chez les élèves) pour compléter leurs cours. Cela permet de parler le même langage que les jeunes et de s’assurer que l’offre est bien acceptée.

      M) Les cours de mathématiques se font par vidéos, avec des simulations et des démonstrations écrites. Les cours de philosophie se font aussi sur YouTube, en audio, avec des illustrations graphiques.
      – En mathématiques : La vidéo permet de décomposer le raisonnement étape par étape. On peut mettre « pause » sur une démonstration complexe, ce qui respecte le rythme d’apprentissage de chacun (la Passung de Helmke). Les simulations dynamiques (comme celles de GeoGebra ou de chaînes comme 3Blue1Brown) permettent de « voir » les fonctions ou la géométrie en mouvement, rendant l’abstrait beaucoup plus concret.
      -En philosophie : Le format audio ou « vidéo-essai » permet de suivre le fil d’une pensée tout en ayant des repères visuels (schémas conceptuels, portraits, citations clés) qui fixent l’attention. Cela aide à structurer des notions parfois très denses.
      – si l’élève a accès à ces ressources attractives et claires pour chaque thème, il arrive au devoir de contrôle bien mieux préparé et avec beaucoup moins d’appréhension. L’évaluation devient alors la simple validation d’un parcours qu’il a réellement pu suivre et comprendre grâce à ces outils numériques.
      – On pourrait presque dire que le rôle de l’enseignant moderne est de devenir un « curateur » de contenus de haute qualité pour garantir que son offre soit la plus efficace possible.

    6. jamel.tazarki

      Répondre
      5 avril 2026 | 21h01

      Introduction: Je cite l’Article ci-dessus: « Cette mesure vise à alléger la pression liée à la fréquence des évaluations et à tenir compte du temps limité dédié à l’apprentissage. Elle prévoit l’instauration d’un seul devoir de contrôle au lieu de plusieurs, afin de permettre aux enseignants de se concentrer davantage sur le développement des compétences et des aptitudes des élèves. »
      –>
      – du n’omporte-quoi! J’ai l’impression qu’on veut sacrifier nos écoliers pour faire face aux syndicalistes qui utilisent les devoirs de mathématiques comme un instrument de chantage….
      – La Tunisie est devenue un laboratoire de recherche pour des politiciens amateurs qui n’ont effectué aucune étude approfondie sur des bases scientifiques. Ils abusent de leur pouvoir sans aucun respect pour notre intelligence !

      A) Je donne d’abord deux définitions :
      1) évaluation formative ne contribue pas à la note finale:
      Une évaluation formative fait référence à une évaluation à faible enjeu, qui ne contribue normalement pas à la note finale d’un élève. Une évaluation formative peut consister à résumer les points principaux d’un cours magistral, ou d’un quiz hebdomadaire, pour tester la compréhension du contenu examiné. Les commentaires des élèves sur ces évaluations sont utilisés pour améliorer leur apprentissage, pendant qu’ils sont encore en train d’apprendre. Ces évaluations sont utilisées pour éclairer l’enseignement en cours et permettre aux instructeurs de personnaliser leur cours pour répondre aux besoins des élèves. -> L’enseignement scolaire tunisien n’encourage pas malheureusement l’évaluation formative, dont les notes ne comptent pas lors des passages de classes.:
      – Faible enjeu : Généralement sans note au bulletin, elle réduit le stress et l’anxiété liés à la performance.
      – Processus continu : Se déroule tout au long de l’apprentissage (pendant un cours, une unité).
      – Rétroaction immédiate (Feedback) : Offre aux élèves des commentaires précis pour comprendre leurs erreurs et s’améliorer.
      – Ajustement pédagogique : Aide l’enseignant à adapter son rythme et ses méthodes en fonction des besoins réels.
      – Exemples : Quiz hebdomadaires, résumés de cours, auto-évaluation, travaux en petit groupe.

      2) Une évaluation sommative contribue à la note finale:
      Une évaluation sommative a lieu à un tout autre moment (à la fin d’un chapitre/thème). Pas pendant le processus d’apprentissage d’un thème, mais après. L’évaluation a lieu après la fin d’un cours ou d’une unité, et contribue à la note finale:
      – Objectif : Certifier, mesurer le niveau de compétence atteint, valider les acquis.
      – Moment : À la fin d’une unité, d’un chapitre, ou d’une période.
      – Fonction : Attester des connaissances, classer, décider de la réussite.
      – Exemples : Examens finaux, examens nationaux, bilans de fin de trimestre, évaluations de compétences.
      Caractéristique : Notée, centrée sur le résultat.

      B) Comparaison de l’évaluation sommative et formative:
      – Contrairement à l’évaluation sommative qui certifie les acquis en fin de parcours, l’évaluation formative se concentre sur l’amélioration de l’apprentissage en cours de route.
      – Ces deux approches ne s’opposent pas : l’évaluation formative prépare à l’évaluation sommative en renforçant la confiance et en consolidant les connaissances. L’utilisation combinée des deux est essentielle pour une pédagogie efficace.

      C) John Hattie, chercheur en sciences de l’éducation célèbre pour son approche « Visible Learning » (Apprentissage Visible), accorde une importance capitale à l’évaluation formative. Ses méta-analyses montrent qu’il s’agit d’un des leviers les plus puissants pour améliorer l’apprentissage des élèves. Voilà pourquoi l’évaluation formative est centrale d’après les travaux de Hattie :
      – Différence entre évaluation et notation : Hattie distingue l’évaluation formative (qui a lieu pendant l’apprentissage pour ajuster les pratiques) de l’évaluation sommative (qui note après l’apprentissage). L’évaluation formative sert à renseigner l’enseignant et l’élève sur la progression.
      – Ajustement de l’enseignement : Elle permet aux enseignants d’identifier rapidement les lacunes des élèves et d’ajuster leur pédagogie en conséquence.
      – Feedback (Rétroaction) : L’évaluation formative est le moteur d’un feedback de qualité, essentiel pour guider l’apprenant vers l’autorégulation.
      – Pour Hattie, l’évaluation formative permet de rendre l’apprentissage visible et de donner aux enseignants des preuves de l’impact de leurs interventions.

      Fazit: L’évaluation formative vise également à orienter la pratique pédagogique de l’enseignant. En effet, si la majorité des élèves éprouve des difficultés de compréhension, c’est souvent dû à un choix didactique ou pédagogique inadapté de la part de l’enseignant. Renoncer aux évaluations formatives serait donc contre-productif pour les élèves comme pour les enseignants.

      Dr. Jamel Tazarki, Mathématicien

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