Le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, a pris part, mardi 8 avril 2026, à un dialogue ministériel virtuel organisé par la Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale (ESCWA), consacré aux répercussions de l’escalade militaire au Moyen-Orient et dans le Golfe sur le développement.
Réunissant plusieurs ministres et hauts responsables arabes, cette rencontre a été, selon un communiqué du département publié mercredi, l’occasion d’évaluer l’impact croissant des tensions géopolitiques sur les économies de la région.
Une région sous pression
Dans son intervention, le chef de la diplomatie tunisienne a souligné que la région traverse « une période critique », marquée par une accélération des crises et une escalade militaire susceptible de menacer la sécurité et la stabilité, tant régionales qu’internationales.
Il a, à cet égard, réaffirmé la position de la Tunisie, rejetant toute atteinte à la souveraineté des États arabes et exprimant sa solidarité avec les pays du Golfe face aux menaces sécuritaires. Il a également appelé à une désescalade immédiate et à un retour aux solutions diplomatiques.
Risques accrus pour l’économie tunisienne
Sur le plan économique, Mohamed Ali Nafti a mis en garde contre les conséquences directes de la crise sur les équilibres nationaux. La hausse continue des prix du pétrole, dans un contexte de déficit énergétique, pourrait accentuer les pressions sur les finances publiques et alourdir le coût des subventions.
Le ministre a également évoqué des impacts potentiels sur la croissance, l’inflation, la sécurité alimentaire et les chaînes d’approvisionnement, dans un contexte international déjà fragilisé.
Mesures préventives et résilience
Face à ces défis, il a assuré que le gouvernement suit de près l’évolution de la situation et œuvre à atténuer ses effets. Parmi les mesures envisagées figurent la rationalisation de la consommation énergétique, la sécurisation de l’approvisionnement en produits de première nécessité et le soutien aux catégories sociales les plus vulnérables.
L’objectif, selon lui, est de renforcer la résilience de l’économie nationale face aux chocs externes.
Vers une réponse arabe coordonnée
Au niveau régional, le ministre a insisté sur la nécessité de dépasser le stade du diagnostic pour mettre en place des réponses concrètes, fondées sur une coordination accrue entre pays arabes.
Il a salué, dans ce cadre, le rôle de l’ESCWA dans l’appui analytique et technique, ainsi que dans le développement de mécanismes d’alerte précoce.
Par ailleurs, il a appelé à une mobilisation renforcée des partenaires financiers internationaux afin de garantir des financements accessibles et adaptés aux pays les plus exposés, tout en tenant compte de leurs spécificités.
Solidarité et solutions politiques
Au terme de cette rencontre, les participants ont insisté sur plusieurs priorités, notamment le renforcement de la résilience face aux crises, la protection des chaînes d’approvisionnement et la diversification des sources énergétiques.
En conclusion, Mohamed Ali Nafti a rappelé que la gestion des retombées économiques de cette crise reste étroitement liée à un règlement de ses causes politiques et sécuritaires, dans le respect du droit international.
Il a enfin réaffirmé que la solidarité arabe demeure un levier essentiel pour faire face aux défis actuels et construire un développement plus durable.
S.H











Commentaire
Salah tataouine
le Liban aujourd’hui : des centaines de morts, des blessés, et personne ne bouge. L’Iran a ses propres blessures. Il ne peut pas jouer au gendarme ou au pompier quand il a le feu chez lui. Donc, s’il frappe, ce sera peut-être plus tard, ou plus petit, ou par proxy. Mais pour l’instant, il regarde brûler. C’est ça, la dure réalité….
Les États-Unis ne sont pas un tigre de papier. Ils sont un tigre blessé. La différence, c’est qu’un tigre blessé est encore plus dangereux : il sait qu’il ne peut plus se permettre de perdre. Donc quand il frappe, il frappe fort, et il frappe là où ça fait mal. Mais il ne peut plus frapper partout. Il choisit ses combats. Et c’est ça, le vrai changement : l’Amérique n’est plus omnipotente, mais elle est encore redoutable. Ceux qui la prennent pour un tigre de papier risquent de le payer cher.
La trêve n’est pas une paix, c’est une pause logistique. Israël manque de missiles sol-air. Les États-Unis aussi. Le Patriot a montré ses limites au Qatar, les AWACS sont vulnérables, les F-35 ont été scannés par la Chine. La demande israélienne de trêve n’est pas politique : elle est opérationnelle. Reconstituer les stocks prend du temps. Derrière, il y a une pénurie silencieuse. L’aide russe et chinoise devient une obligation. La Russie et la Chine ont utilisé leur veto à l’ONU pour protéger l’Iran. L’Iran s’est battu pour eux contre l’hégémonie américaine. La contrepartie logique, c’est qu’ils doivent maintenant livrer : radars, missiles, données de ciblage, soutien naval. Ce n’est pas une option, c’est la suite logique. Le vrai changement est sous nos yeux, mais on ne le voit pas. On nous montre des barques de migrants brûlant aux frontières (la « harga »). C’est un piège. Ce qui ne se produit pas – une harga massive – est plus important que ce qui se produit. Le vrai basculement est ailleurs : les détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb passent sous contrôle d’une alliance (Iran, Liban, Yémen, avec l’appui d’Oman). La taxe de passage remplace l’immigration clandestine. Fini les « brûlures » humaines. Place à une taxe souveraine de 2 millions de dollars par navire. Pétroliers, cargos, porte-conteneurs devront payer pour traverser. Ce n’est plus une guerre de migrants, c’est une guerre économique. Le pétrole à 103 dollars le baril (WTI) intègre déjà cette prime de risque. Les sous-marins et la zone 209 restent le cœur stratégique. Israël déploie six sous-marins (Dolphin I et II) offerts par l’Allemagne. Ils patrouillent en mer d’Arabie et dans le golfe Persique. La zone 209, sous Jérusalem et Tel-Aviv, abrite 70 à 100 têtes nucléaires et des missiles Ariha 3 capables d’atteindre 11 800 km. C’est le vrai socle de la dissuasion. Les 15 points du plan américain n’en parlent pas, car ce n’est pas négociable. La trêve, le discours de Trump, le pilote disparu – tout cela est du théâtre. Trump n’a rien annoncé de neuf. Il a récité des menaces usées. Le marché pétrolier n’y a pas cru. Un pilote américain est porté disparu en Iran – qu’il soit F-35 ou F-15 n’a pas d’importance. L’Iran détient un levier humain. La trêve demandée par Israël et les États-Unis est le temps de recharger les munitions… et de décider combien ils sont prêts à payer pour rouvrir les détroits. Ne regardez pas les barques. Regardez les pétroliers. Ne regardez pas les discours. Regardez le prix du baril. Ne regardez pas les soldats. Regardez ceux qui gouvernent. Le monde change silencieusement : les détroits deviennent des péages, l’Occident perd sa main sur les routes maritimes, et une nouvelle multipolarité s’écrit sans photo de Yalta.