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Lettre de Mourad Zeghidi : le député Mohamed Ali pointe un système qui broie

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Par Nadya Jennene

    La lettre adressée depuis sa cellule par le journaliste Mourad Zeghidi a suscité de vives réactions sur la scène politique et médiatique. Dans une prise de position développée, le député Mohamed Ali a livré une lecture à la fois sensible et politique de ce témoignage, appelant à une réflexion de fond sur la justice et les libertés en Tunisie.

    Dans un texte publié sur Facebook samedi 11 avril 2026 dans la foulée de la diffusion de la lettre, le député a affirmé avoir été profondément marqué par les propos du journaliste, indiquant que ce message ne saurait être perçu comme de simples mots appelés à être lus puis oubliés.

    Symptôme d’un malaise systémique

    Selon lui, la lettre dépasse largement le cadre d’un récit individuel. Elle met en lumière une continuité de la souffrance, où la prison ne serait plus un cas isolé mais un destin qui semble se transmettre, posant ainsi une question fondamentale sur la répétition de tels parcours. Un tel constat, a-t-il souligné, ne peut être ignoré, dans la mesure où il révèle, à ses yeux, des dysfonctionnements plus profonds qu’un simple dossier judiciaire.

    Mohamed Ali a appelé à ne pas réduire l’affaire à une lecture strictement technique ou procédurale, estimant qu’il serait réducteur de la considérer comme un simple contentieux fiscal, sans s’interroger sur les garanties fondamentales entourant la procédure, notamment la présomption d’innocence et les conditions d’un procès équitable.

    Justice, libertés : le député appelle à briser « un destin qui se répète »

    Le député a attiré en outre l’attention sur les implications soulevées dans la lettre concernant la liberté d’expression, considérant que le déplacement d’un acte relevant du champ médiatique vers un cadre strictement technique pourrait soulever de réels risques pour l’équilibre des libertés, en transformant un droit de critique en objet de poursuite judiciaire.

    Il a ajouté qu’en sa qualité de représentant du peuple, il  avait vu dans le message de Mourad Zeghidi un appel explicite à repenser l’ensemble du système, mettant en garde contre toute dérive qui conduirait à faire du droit un instrument de restriction des libertés plutôt que de leur protection.

    Il a insisté ainsi sur la portée de la responsabilité collective, qu’il qualifie d’« historique », appelant à redonner à la justice son sens plein : une justice qui ne se limite pas à l’application des textes, mais qui veille à l’équilibre, à la dignité humaine et au respect du droit à l’expression et à la différence.

    Mohamed Ali a conclu son message en exprimant sa solidarité avec Mourad Zeghidi et sa famille, tout en réaffirmant son engagement à porter ces questions dans les cadres institutionnels. Il a annoncé, d’ailleurs, son intention d’œuvrer en faveur de réformes destinées à mieux garantir les droits et libertés, afin que de telles situations ne deviennent pas, selon ses termes, « un destin qui se répète ».

    N.J

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    Commentaire

    1. Salah tataouine

      Répondre
      12 avril 2026 | 11h17

      La sagesse du désert parle à la non-sagesse de l’hémicycle

      Je n’ai pas voulu commenter la lettre de Mourad Zeghidi. Par respect. Il a assez mal comme ça – même si, au fond, ma réaction sur sa responsabilité de père reste toujours la même.

      Mais vous, monsieur le député Mohamed Ali, vous avez pris sa souffrance pour en faire un combat politique. Vous parlez de « système qui broie », de « continuité de la souffrance », de réformes nécessaires. Alors je sors mon crayon.

      Moi, je suis un père. J’ai connu l’exil volontaire, le renoncement, la perte. Tout ce que j’ai sacrifié, je l’ai fait pour la scolarité de mes enfants. Et j’ai levé des drapeaux blancs en pagaille.

      Résultat : mon fils rêve de moi et me dit « c’est magnifique ». Mes enfants ne sont pas en prison. Ils n’ont pas arrêté leurs études.

      Monsieur le député, ne faites pas de Zeghidi un symbole. Il souffre assez. Mais ne l’érigez pas en modèle. Un père qui part en bataille sans mesurer la casse n’a pas compris son poste de décideur.

      La sagesse du désert – celle qui sait quand lever le drapeau blanc – n’a pas sa place dans votre hémicycle. Parce que vous théorisez. Moi, j’élève des enfants.

      Respectueusement, « le sans bac du desert » qui commentait jour et nuit sur BN

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