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À Paris, la défense d’Abir Moussi dénonce une dérive judiciaire et une privation persistante de droits fondamentaux

Par Nadya Jennene

Réunis en conférence de presse lundi 13 avril 2026 à Paris, les membres du comité de défense d’Abir Moussi, présidente du Parti destourien libre (PDL), sont revenus en détails sur les contours des poursuites judiciaires engagées contre leur cliente et alerter sur ce qu’ils qualifient de « dérive grave de l’appareil judiciaire ».

Les avocats — Karim Kerifa, Nafaâ Laribi et Hatem Cherry — ont exposé les circonstances de l’interpellation de la dirigeante politique, dénonçant une arrestation « totalement infondée ». Ils ont insisté, dans ce sens, sur le fait qu’Abir Moussi agissait, au moment des faits, dans un cadre strictement légal et conforme à ses prérogatives professionnelles et politiques.

Une arrestation jugée « arbitraire » pour un acte administratif banal

Selon la défense, le jour de son arrestation, Abir Moussi s’était rendue au bureau d’ordre de la présidence de la République non pas dans une logique de confrontation, mais dans le cadre d’une démarche administrative ordinaire, en sa qualité d’avocate et de représentante légale de son parti. Il s’agissait d’un acte procédural classique, encadré par la loi, qui ne saurait en aucun cas justifier une privation de liberté, ont-ils martelé, notant une requalification infondées des faits.

La président du PDL a, rappelons-le, été interpellée le 3 octobre 2023 alors qu’elle se trouvait au bureau d’ordre de la présidence de la République pour y déposer des recours visant des décrets présidentiels. 

Les avocats ont souligné qu’aucun élément tangible ne permettait d’établir une quelconque atteinte à l’ordre public précisant que rien dans son comportement, ne pouvait laisser présager une telle issue. Il sont dénoncé une criminalisation d’un acte administratif banal évoquant une lecture « arbitraire et disproportionnée » des faits par les autorités.

Au-delà de cet épisode, la défense a critiqué ce qu’elle décrit comme une « escalade judiciaire préoccupante », marquée par l’accumulation de procédures et de poursuites à l’encontre de leur cliente. 

Les avocats ont rappelé qu’Abir Moussi avait fait l’objet d’une condamnation à 12 ans de prison en première instance, ramenée à 10 ans en appel, tout en pointant l’opacité entourant l’exécution de ces peines. 

Ils ont notamment évoqué des chevauchements entre différentes affaires, ainsi que des incertitudes juridiques liées à des condamnations antérieures et à des procédures toujours pendantes.

Conditions de détention et alerte sur une dérive systémique

S’exprimant également sur les conditions de détention, le collectif d’avocats a fait état de préoccupations majeures concernant le respect des droits fondamentaux de leur cliente. Ils ont notamment dénoncé une restriction persistante de l’accès à son dossier médical, une situation qu’ils jugent « inacceptable au regard des standards internationaux ». Cette entrave remonterait, selon eux, à son transfert à l’hôpital le 3 octobre 2025, depuis lequel Abir Moussi n’aurait pas été en mesure de consulter les documents relatifs à son état de santé.

Dans leur intervention, les avocats ont élargi leur propos au-delà du seul cas de leur cliente, estimant que cette affaire constitue un précédent dangereux pour les garanties du procès équitable en Tunisie. Ils ont pointé une « rupture manifeste de l’égalité devant la justice » et une atteinte aux droits de la défense, appelant à une vigilance accrue de la communauté nationale et internationale.

Dans la continuité de leur intervention, les membres du comité de défense ont réaffirmé leur exigence de libération immédiate d’Abir Moussi. Ils ont notamment rappelé la position du Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire, qui a conclu au caractère illégal de sa détention et appelé expressément à sa libération, estimant que cette décision internationale ne saurait rester sans effet.

Les avocats ont, dans ce sens, exhorté l’État tunisien à se conformer pleinement à ses engagements internationaux et à respecter les décisions des instances onusiennes auxquelles la Tunisie est partie, soulignant que le respect de ces obligations constitue un pilier fondamental de l’État de droit.

La quatrième chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis  a condamné, en décembre 2025, Abir Moussi à une peine de douze ans de prison dans l’affaire dite du « bureau d’ordre de la présidence de la République ». Dans cette même affaire, la dirigeante du parti Mariem Sassi, poursuivie en état de liberté, a écopé d’une peine de deux ans d’emprisonnement.

N.J

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