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Condamnation de Sonia Dahmani : la rapporteuse spéciale de l’ONU exhorte à l’abandon des poursuites

Par Imen Nouira

La condamnation de l’avocate et chroniqueuse Sonia Dahmani continue de susciter des réactions à l’international. La rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la situation des défenseurs des droits humains, Mary Lawlor, a dénoncé un jugement « injustifiable ». Elle a également exprimé sa préoccupation face à une décision qu’elle juge contraire aux standards internationaux en matière de protection des défenseurs des droits humains.

Dans un message publié sur Facebook, mardi 14 avril 2026, Mme Lawlor a réagi à la condamnation en appel de l’avocate Sonia Dahmani à un et six mois de prison.

« Déçue d’apprendre que la défenseuse des droits humains tunisienne, Sonia Dahmani, a été condamnée à 18 mois de prison en appel. Bien qu’il s’agisse d’une peine réduite, le jugement reste injustifiable. Sonia a été libérée il y a seulement 4 mois après 18 mois passés dans des conditions de détention déplorables. J’exhorte une nouvelle fois les autorités à abandonner toutes les charges retenues contre elle, liées à son travail pacifique de défense des droits humains. »

Dans ce même message, la rapporteuse spéciale interpelle également la Mission permanente de la Tunisie à Genève, appelant les autorités à revoir leur position dans ce dossier.

Cette prise de position s’inscrit dans un contexte de critiques récurrentes d’organisations internationales concernant l’utilisation de dispositions légales liées aux systèmes d’information pour poursuivre des acteurs de la société civile, des journalistes ou des avocats pour leurs prises de parole publiques.

Une condamnation en appel revue à la baisse

Selon les éléments judiciaires disponibles, la chambre correctionnelle près la Cour d’appel de Tunis a condamné Sonia Dahmani à une peine d’un an et six mois de prison, soit 18 mois, en révision d’un jugement rendu en première instance.

Pour rappel, la chambre correctionnelle du Tribunal de première instance de Tunis avait initialement condamné l’avocate à deux ans de prison pour « usage des réseaux et systèmes d’information et de communication en vue de produire, diffuser et préparer de fausses informations ». Cette condamnation s’appuyait sur l’article 24 du décret-loi n°54 relatif à la lutte contre les infractions liées aux systèmes d’information et de communication.

Des déclarations médiatiques à l’origine des poursuites

L’affaire trouve son origine dans des déclarations faites par Sonia Dahmani dans le cadre de ses interventions médiatiques en tant que chroniqueuse. Au cours de ces prises de parole, elle avait évoqué la question de la discrimination raciale en Tunisie, citant des exemples concrets pour illustrer la persistance de pratiques et de discours racistes au sein de la société.

Ces propos ont toutefois été requalifiés par les autorités comme constituant une diffusion de fausses informations, fondement des poursuites engagées contre elle en vertu du décret-loi n°54.

Un parcours judiciaire marqué par plusieurs procédures

Le dossier judiciaire de Sonia Dahmani s’inscrit dans une série de poursuites. Le 12 mai 2024, un mandat de dépôt avait été émis à son encontre par le juge d’instruction, au lendemain de son arrestation intervenue le 11 mai 2024.

Par la suite, plusieurs autres mandats de dépôt ont été prononcés dans le cadre de cinq affaires distinctes, toutes fondées sur le même décret-loi.

Une évolution est intervenue le 27 novembre 2025, date à laquelle une décision de la ministre de la Justice lui a accordé le bénéfice de la libération conditionnelle, entraînant sa remise en liberté.

I.N.

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