L’organisation Reporters sans frontières (RSF) a vivement réagi au refus de libération des journalistes Borhen Bssais et Mourad Zeghidi, dénonçant une détention prolongée qu’elle juge « injustifiée » et « «contraire aux principes de l’État de droit ».
Dans un communiqué publié ce lundi 14 avril 2026, l’organisation de défense de la liberté de la presse s’inquiète de la prolongation de l’incarcération des deux professionnels des médias, alors même que leur affaire a été mise en délibéré par la chambre criminelle de la Cour d’appel de Tunis, dans l’attente d’une décision sur leur demande de mise en liberté.
RSF affirme que les deux journalistes « paient de leur liberté le prix d’un journalisme indépendant », dénonçant un « acharnement » judiciaire à leur encontre. L’organisation souligne notamment qu’après plus de 23 mois d’enquêtes, impliquant plusieurs institutions dont Interpol et des autorités financières, aucune preuve de flux suspect ou d’avoirs dissimulés n’aurait été établie.
Une détention au cœur des critiques sur la liberté de la presse
Pour RSF, le maintien en détention de Mourad Zeghidi et Borhen Bssais s’inscrit dans un contexte plus large de pressions croissantes sur les journalistes en Tunisie. Les deux hommes ont été condamnés en première instance à trois ans et demi de prison pour des accusations à caractère financier, verdict dont ils ont fait appel.
D’autres organisations dont le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) et le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), ont appelé, lundi 13 avril 2026, à la libération immédiate des deux journalistes. Ils dénoncent leur détention liée à leurs prises de position dans le cadre de leur activité médiatique.
RSF appelle ainsi à leur libération « immédiate et sans condition », considérant que leur maintien en détention illustre les dérives d’un système judiciaire utilisé, selon elle, pour faire pression sur les voix critiques.
S.H











