Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Mahmoud El May : la facture du pétrole pourrait étrangler la caisse des compensations 

Par Nadya Jennene

Lors d’une intervention sur la radio nationale mardi 14 avril 2026, l’expert dans le secteur pétrolier, Mahmoud El May a analysé les répercussions de la flambée des prix du pétrole, dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Le baril de Brent évolue actuellement autour de 99,10 dollars, accentuant la pression sur les équilibres macroéconomiques des pays importateurs d’énergie, dont la Tunisie.

Sur le plan budgétaire, l’expert a souligné un effet mécanique particulièrement lourd : chaque augmentation d’un dollar du prix du pétrole engendre un surcoût estimé à 180 millions de dinars pour les finances publiques. Cette sensibilité élevée traduit la forte dépendance énergétique du pays et le poids structurel des subventions.

Dans ce contexte, le carburant distribué au cours du mois d’avril devrait coûter environ un dinar supplémentaire par litre à la caisse de compensation, creusant davantage son déséquilibre. 

À cette charge directe s’ajoute un effet fiscal négatif : l’État serait amené à renoncer à une partie des recettes issues des taxes à la consommation et de la TVA appliquées aux carburants, tout en augmentant parallèlement le niveau de subvention pour contenir les prix à la pompe.

Selon Mahmoud El May, le déficit de la caisse de compensation pourrait ainsi atteindre près de 5 milliards de dinars. 

Interrogé sur les réponses envisagées, l’expert a regretté l’absence de communication officielle claire de la part des autorités tunisiennes. Il a toutefois avancé plusieurs pistes, inspirées d’expériences internationales, axées principalement sur la rationalisation de la consommation énergétique.

Parmi les exemples cités, il a évoqué le recours au télétravail en Égypte, visant à réduire les déplacements, ainsi que les systèmes de quotas ou carnets de rationnement du carburant en Grèce et en Syrie pour les produits subventionnés, notamment le carburant. 

Il a averti que, dans un scénario de détérioration du pouvoir d’achat de l’État — pouvant aller jusqu’à une réduction de moitié des importations énergétiques —, la Tunisie pourrait être contrainte d’adopter des mesures similaires de restriction et de gestion de la demande énergétique, afin de limiter l’impact budgétaire et préserver les équilibres économiques. 

N.J

Subscribe to Our Newsletter

Keep in touch with our news & offers

Commentaire

  1. Salah tataouine

    Répondre
    14 avril 2026 | 18h06

    Monsieur l’expert, vous parlez de baril à 99 dollars, de déficit à 5 milliards, de rationnement syrien et de quotas grecs. Ce matin, le WTI est à 92,6 $, le Brent sous les 96. Mais passons.

    La Tunisie n’est pas un pays en faillite. Nous avons dans nos gènes Carthage et Hannibal, Ibn Khaldoun et Saliha (oui, la chanteuse, celle qui disait les choses avec le cœur). Nous avons une dette de 44 milliards de dollars, certes. Mais la Syrie, que j’aime profondément, n’avait aucune dette extérieure et une autosuffisance alimentaire – et on y parle encore la langue du Christ à Maaloula. Ce n’est pas avec des carnets de rationnement à la syrienne qu’on honorera ce passé.

    Alors, avant de nous proposer du télétravail égyptien ou des quotas, rappelez-vous la différence entre le prix spot et le contrat à terme. Le carburant d’avril a été acheté sur des échéances passées, pas à la cotation de votre montre.

    Moi, sans bac, je ne donne pas de leçons. Mais j’observe. Et je vois que les vrais experts confondent souvent le marché physique et la peur médiatique.

    Salam du désert. La Tunisie n’est pas en faillite. Elle a des dettes, mais elle a surtout une âme. Et celle-là, aucun baril ne l’achète……hhhhh…

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *