L’Instance nationale de la sécurité sanitaire des produits alimentaires (INSSPA) a annoncé, mercredi 15 avril 2026, son intention d’engager des démarches judiciaires après la diffusion sur les réseaux sociaux d’un message se présentant à tort comme un communiqué officiel du ministère de la Santé, alertant sur une prétendue dangerosité massive des fraises commercialisées en Tunisie.
Plusieurs publications sur Facebook ont relayé depuis le début de cette semaine un message présenté à tort comme un communiqué officiel du ministère tunisien de la Santé, affirmant que 80% des fraises actuellement disponibles sur les marchés seraient impropres à la consommation humaine.
Dans une intervention dans la matinale de Jawhara FM, Dr Mohamed Rabhi, directeur général de l’Instance, a affirmé que ces publications constituaient une usurpation de qualité et une manipulation de l’information susceptible de provoquer une panique injustifiée parmi les consommateurs.
Le responsable a dénoncé un texte « soigneusement construit, imitant le langage institutionnel », mais totalement dépourvu de fondement scientifique et administratif, rappelant que l’Instance est, en vertu de la loi, la seule autorité habilitée à évaluer les risques sanitaires liés aux produits alimentaires et à communiquer sur d’éventuelles alertes officielles.
Replaçant cette polémique dans un phénomène récurrent de désinformation alimentaire, qui réapparaît chaque saison agricole, notamment autour de produits sensibles comme les fraises, la pastèque ou d’autres fruits de grande consommation, il a appelé à la vigilance face aux contenus circulant sur les réseaux sociaux.
En effet, contrairement aux affirmations relayées en ligne, aucune alerte sanitaire officielle n’a été émise concernant les fraises actuellement commercialisées.
Dr Rabhi a par ailleurs indiqué que les fraises faisaient partie des produits surveillés dans le cadre de programmes de contrôle réguliers, lesquels incluent des prélèvements sur les lieux de production et de commercialisation, ainsi que des analyses en laboratoire visant à détecter d’éventuels résidus de pesticides.
Il a ajouté que ces analyses étaient réalisées dans des laboratoires accrédités selon des standards internationaux et que les résultats étaient ensuite comparés aux limites maximales de résidus (LMR) fixées par la réglementation nationale et internationale. « Chaque substance active fait l’objet de seuils précis. L’évaluation ne se fait pas de manière subjective mais sur la base de normes scientifiques strictes », a-t-il expliqué notant que selon les données disponibles, aucune anomalie généralisée n’a été détectée sur les lots de fraises contrôlés.
Il a rappelé que la fraise était un produit agricole naturellement sensible, nécessitant parfois des traitements phytosanitaires pour assurer sa qualité et sa conservation. Toutefois, cette caractéristique ne la rend pas intrinsèquement dangereuse. « Il ne s’agit pas d’un produit à risque en soi. Comme pour tout produit agricole, l’enjeu réside dans le respect des bonnes pratiques agricoles et des doses autorisées », a-t-il indiqué.
Cela dit, lorsqu’un dépassement est constaté, des mesures correctives sont immédiatement engagées, allant du retrait du marché au suivi des circuits de distribution et à l’identification de l’origine du problème dans la chaîne de production, selon Dr Rabhi.
Il a conclu en assurant que l’objectif des autorités sanitaires n’est pas d’inquiéter la population mais de garantir la sécurité alimentaire sur l’ensemble du territoire. « Notre mission est de protéger le consommateur, pas de créer la panique », a-t-il affirmé, dénonçant toute tentative de manipulation de l’opinion publique à travers de fausses alertes sanitaires.
N.J











