Du sable projeté jusqu’aux routes, des plages fragilisées par les tempêtes et des interventions engagées pour rétablir l’équilibre du littoral : les séquelles des intempéries de janvier 2026 restent visibles sur plusieurs côtes tunisiennes. Dans ce contexte, à l’approche de la saison estivale, la remise en état des plages s’impose comme un chantier prioritaire. Mercredi 15 avril 2026 au micro de Karima Oueslati dans l’émission Sbeh Ettouenssa sur la Radio nationale, Nabil Mokhtar, responsable du programme national de nettoyage mécanique des plages à l’Agence de protection et d’aménagement du littoral (Apal), a fait le point sur les préparatifs en cours.
Des dégâts importants après les tempêtes de janvier
Contrairement aux années précédentes, la préparation des plages intervient dans un contexte exceptionnel, marqué par les violentes tempêtes et inondations survenues en janvier 2026. Ces épisodes ont fortement perturbé le littoral tunisien, provoquant notamment un déplacement massif du sable, parfois jusqu’aux zones urbaines proches des plages, obstruant routes et espaces publics. Nabil Mokhtar insiste sur la valeur stratégique de cette ressource naturelle, rappelant que le sable constitue une richesse difficilement remplaçable et dont la perte peut engendrer des coûts considérables pour être compensée.



La remise en place du sable au cœur des opérations
Face à cette situation, les interventions engagées ces derniers mois se sont principalement concentrées sur la restitution du sable aux plages affectées. Plusieurs zones ont déjà bénéficié de ces opérations, à l’image de Menzel Temime, Menzel Horr ou encore Tabarka, La Goulette, Hamammet, où les travaux sont désormais achevés. D’autres régions, comme Monastir, restent en cours de traitement, les équipes poursuivant leurs efforts afin de rétablir progressivement l’équilibre naturel du littoral.
Cette campagne repose sur une mobilisation élargie impliquant, aux côtés de l’Apal, les municipalités, des entreprises privées intervenues à titre volontaire, ainsi que des associations et des citoyens. Cette dynamique collective a permis d’accélérer les interventions, notamment dans les zones les plus touchées.
Un calendrier adapté aux contraintes naturelles
Sur le plan technique, Nabil Mokhtar rappelle que, en temps normal, les plages ne font pas l’objet d’interventions durant la saison hivernale, celle-ci étant considérée comme une période de repos naturel pour le littoral. Toutefois, l’ampleur des dégâts enregistrés en janvier a nécessité une adaptation du calendrier. Les opérations sont aujourd’hui engagées dans une phase jugée idéale, caractérisée par une accalmie des conditions météorologiques et une stabilisation progressive du milieu. L’objectif est d’atteindre un équilibre du littoral d’ici les mois de mai et juin, afin d’aborder la saison estivale dans les meilleures conditions.
Un programme en expansion à l’échelle nationale
Parallèlement à ces travaux de réhabilitation, l’Apal prépare le déploiement du programme de nettoyage mécanique des plages pour l’année 2026. Celui-ci connaît une extension notable, passant de 133 plages l’année précédente à 154 cette année, alors qu’il ne concernait qu’une soixantaine de sites à ses débuts. Cette progression s’explique notamment par une demande accrue des municipalités, qui sollicitent de plus en plus l’intervention de l’agence.
Une sélection encadrée par des critères techniques
Le processus de sélection des plages repose sur une concertation entre plusieurs acteurs, en l’occurrence l’Apal le ministère du Tourisme et les municipalités, à travers des commissions régionales. Si les collectivités locales jouent un rôle moteur en formulant des demandes, la décision finale revient néanmoins à l’agence, qui se base sur des critères scientifiques et techniques pour évaluer la faisabilité des interventions. Certaines plages peuvent ainsi être exclues du programme, notamment lorsqu’elles présentent des contraintes d’accès ou lorsqu’il est jugé préférable de préserver leur état naturel.
À l’approche de l’été, les autorités misent ainsi sur une combinaison d’actions visant à restaurer les plages endommagées tout en élargissant le périmètre du nettoyage mécanique. Dans un contexte marqué par des aléas climatiques de plus en plus marqués, la saison 2026 s’annonce comme un test important pour la capacité d’adaptation et de coordination des différents acteurs impliqués dans la gestion du littoral tunisien.
I.N.










