Face à l’érosion du pouvoir d’achat et à la hausse continue des prix, la section du secteur privé de l’Union générale tunisienne du travail a appelé à une revalorisation des salaires et à la relance du dialogue social. Dans un communiqué publié mardi 14 avril 2026, elle expose les priorités du secteur et ses prochaines orientations syndicales. Publié à l’issue d’une réunion tenue le vendredi 10 avril 2026 au siège de la centrale syndicale à Tunis, le document revient également sur la situation du secteur et les principales revendications des travailleurs du privé.
Une pression croissante sur le pouvoir d’achat
Dans ce texte, la section du secteur privé dresse d’abord un constat jugé préoccupant : la dégradation continue du pouvoir d’achat des travailleurs. Celle-ci est attribuée à la hausse soutenue des prix, mais aussi aux limites des mécanismes de contrôle, dont l’efficacité est remise en cause en raison d’un manque de moyens humains et logistiques. Une situation qui, selon elle, accentue la pression sur les salariés et fragilise davantage leurs conditions de vie.
La question salariale au premier plan
Dans ce contexte, la question salariale s’impose comme une priorité. La centrale syndicale revendique ainsi une augmentation des salaires au titre de l’année 2025, qu’elle estime nécessaire pour compenser l’augmentation du coût de la vie. Cette revalorisation, souligne-t-elle, doit tenir compte des efforts consentis par les travailleurs du secteur privé et répondre à leurs attentes face à l’érosion de leurs revenus.
Au-delà de cette revendication immédiate, la section réaffirme son engagement dans les chantiers déjà engagés. Elle insiste notamment sur la poursuite des discussions relatives à la révision de certaines dispositions des conventions collectives sectorielles, ainsi que sur le respect des orientations arrêtées concernant les négociations salariales pour les années 2026, 2027 et 2028.
Mobilisation et négociations sociales
Dans le même esprit, la centrale met l’accent sur la mobilisation syndicale à venir. Elle appelle ses adhérents, dans les différents secteurs et régions, à se mobiliser en vue de la célébration du 1er mai, la Fête du travail. Ce rendez-vous est présenté comme un moment fort pour réaffirmer l’unité syndicale et porter les revendications sociales dans l’espace public.
Parallèlement, la question des négociations sociales occupe une place centrale dans le communiqué. L’UGTT appelle à l’ouverture d’une nouvelle session de négociations avec le gouvernement et l’organisation patronale, plaidant pour la reprise du dialogue social actuellement gelé. Elle insiste notamment sur la nécessité de réactiver les canaux de discussion à travers la reprise des réunions de conciliation au sein des inspections du travail et des commissions compétentes, afin de favoriser le règlement des différends dans un cadre négocié.
Renforcer les structures syndicales
Dans cette dynamique, le renforcement de la base syndicale apparaît également comme un levier stratégique. Les structures du secteur privé s’engagent à intensifier les campagnes d’adhésion et à élargir le nombre d’affiliés, avec pour objectif de consolider la représentativité et le poids du syndicat dans les négociations à venir.
La section du secteur privé profite pour réaffirmer son attachement à l’UGTT, présentée comme une organisation nationale historique, porteuse des luttes des travailleurs et des valeurs de liberté, de dignité et de solidarité. Elle salue également la réussite du 26ᵉ congrès national, tenu du 25 au 27 mars 2026 à Monastir, qu’elle considère comme une étape marquée par la transparence, la démocratie et le sens des responsabilités syndicales.
I.N.










